Zoroastrisme

Le zoroastrisme est la première religion monothéiste dont Ahura Mazdâ est le dieu, seul responsable de la mise en ordre du chaos d'origine, le créateur du ciel et de la Terre.



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Le zoroastrisme est la première religion monothéiste dont Ahura Mazdâ (pehlevi Ohrmazd) est le dieu, seul responsable de la mise en ordre du chaos d'origine, le créateur du ciel et de la Terre. Le zoroastrisme est une réforme du mazdéisme, réforme prophétisée par Zarathoustra, dont le nom a été transcrit Zoroastre par les Grecs (Ζωροάστρης, Zōroastrēs). Cette réforme, fondée au cours du Ier millénaire av.  J. -C. dans l'actuel Kurdistan iranien (Iran occidental), est devenue la religion officielle des Perses sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu'à ce que l'islam arrive.

Les zoroastriens respectent le feu comme symbole divin. Zoroastre prêchait un dualisme reposant sur la bataille entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres, dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain. Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), fils de Ahura Mazdā, et un esprit mauvais (Angra Mainyu) (pehlevi Ahriman), esprit incréé, opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits cœxistent dans chacun des êtres vivants.

Histoire

Genèse

Le zoroastrisme se présente comme une réforme de la religion pratiquée par des tribus de langue iranienne qui se sont installées dans l'Iran occidental entre le IIe et le Ier millénaire av.  J. -C. . Ces tribus étaient étroitement apparentées aux Indo-Aryens, lesquels ont apporté le sanskrit et toutes ses langues dérivées en Inde du Nord, à partir de l'an 1700 avant l'ère chrétienne. Ces peuples forment une famille dite indo-iranienne.

La comparaison du zoroastrisme avec la religion indienne est par conséquent utile pour comprendre sa genèse. Ces deux religions avaient un dieu nommé Mitra par les Indiens et Mithra par les Iraniens (où th est prononcé comme en anglais), qui est , entre autres, un dieu solaire. Il a évolué de manière particulièrement divergente chez ces deux peuples. Dans la réforme zoroastrienne, Mithra a annexé une partie des fonctions exercées jusque là par des dieux éliminés du panthéon, comme Varuna, ou alors même transformés en "archidémons", comme Indra. Par contre, pour certains dont François Cornillot, le Mitra "originel" se serait scindé en trois dieux, Mitra, Aryaman et Varuna chez les Indiens, tandis qu'il aurait gardé son unité chez les Iraniens. La majorité des spécialistes rejettent cette théorie. Ex dieu souverain, il était devenu le "fils" et le premier des "archanges" d'Ahura Mazdā, qui semble avoir été dérivé de Varuna. Eliminé dans la première religion zoroastrienne, le culte de Mithra a été réintroduit par les réformes ultérieures. La Perse antique, sous la dynastie des Achéménides, n'était plus purement mazdéenne : elle vénérait tout autant Mithra qu'Ahura Mazdā. Les Grecs considéraient ce dernier comme équivalent à Zeus, leur dieu céleste. Selon Hérodote (I, 131), la coutume des Perses «est de monter sur les plus hautes montagnes pour offrir des sacrifices à Zeus, dont ils donnent le nom à toute l'étendue du ciel». Quant à Mithra, il était étroitement apparenté au Soleil.

Il faut remarquer que le terme ahura est étroitement apparenté à l'indien asura. Dans le Rig-Veda, le mot asura représente une catégorie d'êtres, dieux ou démons, dont le premier est Varuna.

Le culte du *sauma était commun aux Indiens ainsi qu'aux Iraniens. Ce terme est devenu soma chez les premiers et haoma chez les seconds. Au sens propre, ce mot désignait une plante, l'éphédra, qu'on utilisait pour préparer une boisson hallucinogène. Pensant qu'elle permettait aux dieux de conserver leur immortalité, on la leur offrait lors de sacrifices. Les participants en buvaient eux-mêmes et accédaient au monde divin, à une «immortalité provisoire». Dans une langue iranienne parlée à l'est de l'Afghanistan, le wakhī, l'éphédra est nommé yimïk, terme provenant de *haumaka-. Selon le Rig-Veda, l'élément de base du soma est un champignon, substitution qui s'explique par le fait qu'en Inde, il n'y a pas d'éphédra.

Dans l'actuel Turkménistan méridional (ancienne Margiane), l'archéologue russe Viktor Sarianidi a fouillé les ruines d'un bâtiment dit de «Togolok-21». Il s'agissait d'un temple où on pratiquait le culte du feu et où on préparait le haoma. Ce bâtiment faisait partie d'une culture, dite bactro-margienne, datée de -2200 à -1700, qui s'étendait à l'est jusqu'à la Bactriane, le long du cours de l'Amou-Daria. Sur tout le territoire de cette culture, on a trouvé des amulettes avec des représentations de lutte entre des serpents et des dragons ayant une attitude nettement agressive, avec des yeux énormes et une gueule grande ouverte. C'était une représentation primitive de la lutte entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort, qui caractérisait la religion indo-iranienne et que le zoroastrisme conserverait. Il semble que la culture bactro-margienne ait plutôt été indo-aryenne. Elle contenait aussi un «substrat» culturel non indo-européen complexe à cerner, comme le prouve le fait même de construire des temples : les vrais Indo-Iraniens ont longtemps préféré les sanctuaires en plein air.

Le zervanisme

Les fondements de cette école sont contenus dans l'enseignement de Zarathushtra lui-même, dans la mesure où il affirme que le Bon et le Mauvais Esprits étaient jumeaux. Les Achéménides se sont posé la question de savoir qui était leur père. Certains pensaient que c'était l'Espace (Thwasha en avestique), d'autres que c'était le Temps (Zrvan). La seconde opinion s'est vu consacrée et les Sassanides l'ont adoptée dès le début de leur dynastie.

Le zervanisme est une doctrine philosophique, mais elle s'est teintée de mythes. On raconte que Zurvān , le dieu primitif, faisait des sacrifices dans l'espoir d'obtenir un fils. Dans la mesure où il n'obtint rien durant un millier d'années, il eut des doutes sur l'utilité de ses sacrifices. Le fils tant espéré arriva enfin. Ce fut Ahura Mazdā, dont le nom était prononcé Ohrmazd à l'époque sassanide. Mais les doutes de Zurvān dotèrent Ohrmazd d'un jumeau qui était Ahriman (Angra Mainyu). Les Iraniens considèrent soit que Zurvān a tout seul donné naissance aux jumeaux, soit que c'est sa femme Khvashīzagh qui les a mis au monde. Ahriman sortit le premier. Son père lui demanda : «Qui es-tu ?». Ahriman lui répondit qu'il était son fils, mais Zurvān répliqua : «Mon fils est d'une odeur suave, et il est lumineux, et toi, tu es ténébreux et puant». Ohrmazd s'étant présenté et ayant une odeur suave, Zurvān le reconnut pour fils. Mais puisqu'Ahriman était sorti le premier, il put dominer le monde et Ohrmazd fut obligé de lutter contre lui. On pensait que sa victoire aurait lieu 9 000 ans plus tard.

Les zervanistes ont de la sorte une conception pessimiste du monde. Au contraire de Zarathushtra, ils attribuent une mauvaise nature aux femmes. Dès leur création par Ohrmazd, elles se rendirent auprès d'Ahriman. Ce dernier leur ayant permis de demander ce qu'elles voudraient, Ohrmazd craignit qu'elle ne voulussent avoir des rapports avec les «justes» et qu'il n'en résultât du mal pour eux. Il eut alors l'idée de créer le dieu Narsāï et le mit tout nu derrière Ahriman afin d'orienter vers lui le désir des femmes. Ce fut effectivement ce qui se produisit.

La théologie zervaniste est connue par des textes comme le Bundahishn et par des témoignages d'Arabes. On sait mais aussi la Lumière a produit un certain nombre de personnes faites de lumière, d'une nature divine, et que Zurvān était la plus grande d'entre elles. Il fait aussi partie d'une tétrade : Ashōqār «celui qui rend viril», Frashōqār «celui qui rend éclatant», Zarōqār «celui qui rend vieux» et Zurvān, qui regroupe ces trois aspects dans la mesure où il comprend la puberté, la maturité et la vieillesse. Quelquefois aussi, on lui donne deux aspects, qui sont le Temps infini (Zurvān akanāragh) et le Temps à la longue domination (Zurvān dērang-khvadhāy) correspondant à une période de 12 000 ans.

Le zoroastrisme à l'époque Achéménide

Article détaillé : Religion de la Perse achéménide.

Cyrus le Grand et la majorité des souverains de la Perse antique, ont voulu éviter d'imposer leur religion lors des conquêtes. Au contraire, ils ont laissé aux peuples le libre choix de leur foi et l'ont respecté. C'est sur la base de cette doctrine que lors de la conquête de Babylone la charte des droits des nouveaux sujets de Cyrus le Grand stipulait : «Je n'ai autorisé personne à malmener le peuple et détruire la ville. J'ai ordonné que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés. J'ai ordonné que quiconque reste libre dans l'adoration de ses dieux. J'ai ordonné que chacun soit libre dans sa pensée, son lieu de résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne doit persécuter autrui».

Alexandre le Grand, après la défaite des Achéménides, ordonna d'incendier les bibliothèques de la Perse, pensant ainsi détruire la pensée zoroastrienne. Mais désirant, cependant, faire profiter les Grecs de la science et de la philosophie des Iraniens, il ordonna de traduire, avant de les faire détruire, un nombre important de traités se trouvant dans les bibliothèques. Ces traités ont constitué une partie des fondements de la science et de la philosophie occidentale.

Le zoroastrisme sous les Sassanides

On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse, en 224, débute la période de gloire du zoroastrisme : il devient particulièrement officiellement religion d'État. Le grand-père d'Ardashēr I, le fondateur de cette dynastie, avait été préposé au temple de la grande déesse iranienne Anāhitā, dans la ville de Stakhr (non loin de Persépolis). À son fils Shapur I, Ardashēr déclare : «Ô mon fils, la religion et l'État sont sœurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'État et l'État est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu. »

Temple du Feu de Yazd.

Les prêtres de rang supérieur étaient alors nommés des mōbadh. La Perse était divisée en districts ecclésiastiques confiés à des mōbadh. Tous étaient positionnés sous l'autorité du mōbadhān mōbadh, qui était l'équivalent exact du shahanshah dans le domaine laïc, c'est-à-dire du «roi des rois», l'empereur des Perses. Cette unification fut en particulier l'œuvre du mōbadh Kartir, dont la carrière commença sous le règne de Shapur I et qui devint mōbadhān mōbadh sous le règne de son successeur. À un rang inférieur, se trouvaient les mōgh, terme qui est devenu magus chez les auteurs gréco-latins, puis mage en français, et qui a servi à désigner l'ensemble des prêtres iraniens. Les mōghān mōgh étaient des préposés des grands temples.

Certains considèrent que le zoroastrisme joua en Perse un rôle toujours plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge [1], tant la religion imprégnait la vie des gens.

Le zoroastrisme et l'arrivée de l'islam

L'arrivée des conquérants arabes qui a eu lieu lors de l'expansion de l'islam, au milieu du VIIe siècle, a génèré la défaite des sassanides. L'islam considère les zoroastriens comme Gens du livre, tout comme les juifs et les chrétiens, cependant pour imposer l'islam, ils ont ordonné, partout où ils pouvaient trouver un traité ou un écrit, de le détruire par le feu ou par l'eau. Par conséquent, il y eut une progressive diminution en importance de la culture perse, cette dernière ne formant plus qu'une des multiples facettes de l'immense empire islamique, qui s'étendait des Pyrénées à l'Indus.

La majorité des Perses se convertirent par conséquent graduellement à l'islam, mais il subsiste toujours actuellement une communauté zoroastrienne en Iran (environ 40 000 fidèles) principalement dans la ville de Yazd. Cette œuvre d'oppression se poursuivit longtemps en Iran, jusqu'à l'époque du Chah Reza Pahlavi, qui mit officiellement fin à l'oppression contre les zoroastriens et les adeptes des minorités religieuses.

Aujourd'hui il n'y a plus, à peu près, que 200 000 zoroastriens dans le monde, principalement en Inde (les Pârsî), en Iran et dans les diasporas aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Le zoroastrisme reste, cependant, un élément important de la civilisation iranienne, et a joué un rôle important dans l'histoire politique et religieuse du Proche-Orient pendant plus d'un millénaire. D'autre part de nombreuses traditions iraniennes mais aussi le calendrier iranien ont des origines zoroastriennes. Des éléments de cette religion survivent dans le parsisme, un développement autonome du zoroastrisme dans le monde, qui se situe actuellement en Inde.

Principes et textes du zoroastrisme

Au début, la doctrine de Zoroastre s'est transmise oralement, comme d'autres. Puis quand un alphabet correct fut développé, l'Avesta, ensemble de textes sacrés, a été écrit. Mais, du texte d'origine, seul le quart est arrivé jusqu'à nous : les manuscrits ont été perdus ou détruits une première fois lors de l'invasion d'Alexandre le Grand qui fit brûler la bibliothèque du palais de Persépolis et une seconde fois lors de l'invasion arabe au VIIe siècle. Malgré tout l'équivalent d'un millier de pages sont parvenus jusqu'à notre époque. Les textes les plus sacrés sont dix-sept Gathas ou «hymnes sacrés» reconnus comme de Zoroastre lui-même, et témoignant de sa personnalité. Ils sont rédigés dans la langue la plus ancienne et la plus complexe à interpréter.

Les principes

Zoroastre n'a jamais prétendu être un prophète, il s'est contenté de donner des directions de recherche spirituelle. Les zoroastriens considèrent que leur dieu n'a pas besoin d'adoration, pas besoin d'intermédiaires, ne les menace pas de l'enfer pour leur promettre le paradis et ne joue pas de l'ignorance des peuples.

Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son «Fravahr», l'équivalent du karma hindouiste. La doctrine se résume en une maxime : Humata, Hukhta, Huvarshta ("Bonnes Pensées, Bons Mots, Bonnes Actions").

Zoroastre a condamné les rites et les sacrifices respectant les traditions offerts aux dieux par les Perses, mais il a gardé la tradition du culte du feu. Il a fondé sa doctrine sur la «bonne pensée», la «bonne parole» et la «bonne action». Il s'était rendu compte que toute l'évolution du monde était basée sur «l'action» et «la réaction», par conséquent la réponse à toute attitude charitable lui parut être la «bonne action». Si en société, les gens s'adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s'ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.

Selon Zoroastre, la «bonté» est quelque chose comme une lumière qui vient du fond de soi, et cette bonté est inhérente à l'homme. Il y a en tout homme deux tendances l'une qui le porte au bien, l'autre qui le porte au mal ; ce que propose Zoroastre, c'est de toujours choisir le côté du bien, et cela se fait par une constante dialectique. Mais c'est l'homme qui choisit ; il n'y a pas d'obligation et celui qui remplit sa responsabilité pleine et entière envers les autres est un Saoshyant.

Zoroastre a appelé son dieu Ahura Mazda, force créatrice du monde et des quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, éléments que les zoroastriens vénèrent et respectent au plus haut point puisque venant du dieu. Il a aussi créé l'homme en lui donnant son libre arbitre afin qu'il puisse toujours choisir ce qu'il a à faire entre le bien et le mal. Tout homme est l'ouvrier du dieu pour transfigurer le monde. Les trois commandements zoroastriens sont : «bonne pensée», «bonne parole», «bonne action», mais dans le monde, il n'y a qu'une voie, c'est la voie de la «droiture».

Les zoroastriens admettent une vie après la mort et un jugement des âmes; chaque être humain étant jugé selon ses mérites. Le fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre : c'est l'esprit de l'homme pré-existant à sa naissance et qui perdurera après sa mort et il ne peut se substituer à ce Dieu. Si les bonnes actions l'emportent sur les mauvaises, l'âme monte au ciel par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas opposé, c'est une descente en Enfer. Mais quand enfin l'enfer lui-même sera purifié, le royaume du Dieu s'installera sur Terre. Il existe par conséquent toujours une possibilité de rédemption réelle des plus «méchants».

Un autre thème important du zoroastrisme est par conséquent sa promesse d'une vie éternelle après la mort, où les âmes seront départagées lors de la traversée du «Pont de Chinvat», et finissent soit au paradis, soit en enfer, soit au purgatoire. La notion de résurrection existe, celle-ci surviendra à la fin des temps avec l'avènement du «Saoshyant» qui rétablira la justice par une régénération du monde.

Le zoroastrisme préfigure ainsi l'avènement du christianisme.

L'Avesta

oiseau VAREGHNA représentant la "Xvarnah", la gloire royale, le culte d'Ahura Mazdâ est aniconique

Les Gāthās

La partie la plus ancienne de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, est constituée d'hymnes, les Gāthās, censés avoir été composés par Zarathushtra lui-même. Il y apparaît nettement comme un prêtre. Ahura Mazdā lui aurait donné la mission de rénover l'ancienne religion, s'affirmant comme l'unique dieu du Bien, incarnation de la lumière, de la vie et de la vérité. Zarathushtra condamne le culte du haoma (étant entre autres, le culte de sacrifice du Taureau qui est l'animal le plus sacré reconnu par Zarathushtra), Ahura Mazdā étant immortel par lui-même, mais aussi la pratique des sacrifices sanglants. Il enlève au Feu sa condition divine pour en faire un symbole concret de la Lumière. Ce n'est désormais plus comme dieu que le Feu est vénéré, mais comme aspect éminent d'Ahura Mazdā.

L'enseignement de Zoroastre se présente sous la forme de 17 "hymnes" nommés Gāthās.

Un combat cosmique entre Aša "La Vérité" (pahlavi : Ahlāyīh) et Druj "Le Mensonge" (pahlavi : Druz) est présenté comme base de toute existence. C'est un paradigme identique au combat entre le "bien" et le "mal", l'"ombre" et la "lumière". Les deux forces en présence sont Ahura Mazdā (Ohrmazd), alias Dieu, et Ahriman : le Bien et le Mal incarnés.

Zoroastre décrit Ahura Mazdā en une série de questions rhétoriques : «Qui établit la course du Soleil et des étoiles ?», «Qui nourrit et abreuve les plantes ?», «Qui créa l'ombre et la lumière ?», «A travers qui existent l'aurore, le crépuscule et la nuit ?» (Yasna 44, 4-6).

D'autres immortels de premier plan sont Geush Urvan, défenseur des animaux et Sraōša (pahlavi : Srōš) «Obéissance».

Les Gāthā parlent des relations entre Ahura Mazdā et six catégories divines nommées les Amesha Spenta, Immortels Bénéfiques. Ce sont :

Ces Immortels ne sont pas dissociables les uns des autres dans les Gâthâs et ne sont pas personnifiés. Il ne s'agit pas de polythéisme.

Très proche de Vohu Manō, se trouve Spenta Mainyu, l'Esprit Bénéfique, lequel est opposé à Angra Mainyu, l'Esprit Mauvais, incarnation des ténèbres et de la mort. Quoiqu'ennemis, ces deux Esprits sont jumeaux. À l'époque des Sassanides, Spenta Mainyu sera identifié à Ahura Mazdā. Angra Mainyu est aidé par des démons, les daēva. Leur nom provient de l'ancienne appellation indo-européenne des dieux, prononcée deva en sanskrit et avestique, qui a acquis un sens négatif dans la totalité du monde iranien (en faisant référence à la force du mal gouvernée par Angra Mainyu, avec une double face qui est le symbole du mensonge, contrairement au monde indien qui a gardé son sens positif), par conséquent à une époque assez reculée. N'ayant plus de mots pour désigner les (bons) dieux, les Iraniens ont dû en inventer un autre, qui a été yazata (Yazata veut dire "digne d'être adoré"). Les six Amesha Spenta sont qualifiés de yazata.

Les Yasht

Les autres parties de l'Avesta sont clairement postérieures aux Gāthās. C'est surtout le cas d'hymnes nommés les Yasht, où on voit resurgir tout un panthéon que Zarathushtra avait voulu éliminer. Ils sont principale source d'information sur la mythologie iranienne. Le dixième Yasht est tout entier dévoué à la glorification de Mithra. Que s'est-il par conséquent passé ? La tentation de Zarathushtra d'imposer une forme d'hénothéisme a-t-elle échoué ? Selon énormément d'experts zoroastriens, ce livre a été influencé par les pensées polythéistes et mithraistes pré-zoroastriennes. Ce que Zoroastre avait fait était de rabaisser toutes ces divinités au rang d'anges et de faire d'Ahura Mazdā leurs chefs et le Dieu unique. Le problème dans les Yasht est juste le terme utilisé pour parler de ces "divinités" (Mithra, Anahita, etc. ). Elles sont nommées "Yazata" ou "dignes d'adoration" tandis que Zoroastre lui-même n'a jamais employé ce mot et ne considérait que le Dieu unique comme "digne d'adoration".

Le pays où Zarathushtra aurait prêché est nommé airyānem vaējō «le domaine des Aryens» par l'Avesta. Ce n'est pas particulièrement riche en renseignements, car Airya possède une vaste signification : c'est l'auto-ethnonyme de l'ensemble des Iraniens. Les spécialistes s'accordent à situer ce pays plus exactement dans le Turkestan occidental. Les Gāthās ont sûrement été composés à une époque pré-Achéménide, par conséquent avant le VIe siècle av. J. -C. . Ils dépeignent une société rurale d'éleveurs et de cultivateurs sédentaires conservant un dispositif de relations claniques et tribales. On y trouve une protestation contre la naissance d'une élite dominante. L'Avesta connaît le bronze, mais pas le fer. Il convient de remarquer la langue des Gāthās est si proche de celle du Rig-Veda que leurs locuteurs pouvaient probablement se comprendre.

D'après une école de spécialistes, il n'y a pas de différence principale entre le Rig-Veda et les Gāthās, le culte d'Ahura Mazdā étant le résultat d'une lente évolution. Cela sert à nier l'existence de Zarathushtra. À ce sujet, Bernard Sergent a démontré que les épisodes de sa vie, tels qu'ils sont racontés dans les textes iraniens, sont mythiques : ce personnage ne serait rien d'autre que le «modèle» du prêtre indo-européen, modèle d'une telle ancienneté qu'on le retrouve chez les Celtes, en la personne de Merlin («Merlin et Zarathushtra», Bruxelles, Ollodagos, Actes de la société belge d'études celtiques, Vol. XIX, 2005, pp. 7-50). Dans ce cas, le terme de «mazdéisme» devrait être préféré à celui de «zoroastrisme».

Rites

Chez les zoroastriens les rites sont assez légers, même s'ils ne sont pas mentionnés dans les Gāthās et ne sont pas obligatoires : prier cinq fois par jour pour se rappeler que la droiture est une bonne chose, que le bien est une bonne chose ; faire une fête une fois par mois, plus cinq jours pour préparer le nouvel an. En se purifiant, prendre le repas avec nappe, nourriture, pains et fleurs.

L'apparition d'un Parsi n'est pas vraiment accompagnée de rites religieux. Durant son premier anniversaire, il peut effectuer sa Présentation au Temple, où le prêtre le marque au front avec de la cendre du Feu sacré et récite des bénédictions. Ce n'est pas une cérémonie obligatoire, tout au contraire du naojote, qui doit être effectué au maximum à l'âge de 15 ans, tant pour les garçons que pour les filles. C'est l'initiation, qui marque l'arrivée du Parsi à l'âge adulte. Chez lui, et non dans un temple, le Parsi reçoit une tunique blanche, le sudreh, nouée à la taille par un cordon de laine, le kūsti. Un Parsi pieux ne devrait jamais rester sans tunique, et quand il faut la changer, il devrait réciter des prières appropriées. Sans cette initiation, son âme resterait dans un état en quelque sorte virtuel et il vivrait comme un paria.

Chez les Parsis, le mariage est obligatoire et la stérilité est conçue comme une malédiction. Certains rites remontent au plus lointain passé indo-européen, comme le bain de la mariée. Les Parsis ne se marient qu'entre eux. Ce n'est pas une coutume nouvelle : dans la Perse sassanide, il était interdit d'épouser un non-zoroastrien. Énormément plus, le contact avec des «infidèles» est source de souillures. Si on a mangé de la nourriture préparée par un non-zoroastrien ou si on a effectué un voyage, il est indispensable d'effectuer des rites de purification.

La vie étant conçue comme un don d'Ahura Mazdā, la mort ne peut être reconnue qu'avec horreur. On pense que la décomposition du corps est l'œuvre d'un démon. Des Parsis formant une sorte de caste, les Nasālāsar sont chargés d'emmener les morts dans des «Tours du Silence», nommées dakhmā par les Parsis. L'âme du mort reste trois jours dans la Tour. Le quatrième jour, elle la quitte, mais elle doit alors franchir un pont. A ce stade, se produit une manière de jugement : l'âme du juste franchit le pont et accède à la Maison des Chants, alors que celle du méchant tombe dans les enfers. Cependant, l'ensemble des âmes jouiront de l'instauration d'un paradis terrestre consécutive à la victoire d'Ahura Mazdā sur l'Esprit du Mal. C'est une résurrection diffèrant de celle des chrétiens. L'enfer des zoroastriens est par conséquent plutôt un purgatoire où on attend sa résurrection.

La pratique du décharnement des corps remonte à un lointain passé et se retrouve dans les hauts villages du Tibet.

Le zoroastrisme et la société

Dans la doctrine de Zoroastre toute personne doit répondre de ses actes par la bonne pensée, or la bonne pensée est directement liée à la culture, les adeptes de cette doctrine ne doivent par conséquent pas mettre en œuvre une parole quelconque de Zoroastre qui ne correspondrait pas à la science moderne. Les préceptes de Zoroastre sur la morale collective et les liens qui attachent les hommes restent toujours actuellement d'actualité, tandis que la majorité des religions ne leur ont pas accordé d'importance. Par exemple :

Dans le calendrier zoroastrien, chaque mois était divisé en deux périodes de 7 jours et deux périodes de 8 jours, par conséquent en 30 jours qui portaient tous des noms de divinités. Ces quatre périodes commençaient respectivement par les jours d'Ohrmazd, d'Ādhur (le Feu), de Mihr (Mithra) et de Dēn, la religion mazdéenne personnifiée (Dēn mazdayasn, aussi nommée Bēdukht «fille de Dieu»). On voit que l'hénothéisme de Zarathushtra n'était pas plus vivant dans la Perse sassanide qu'aux époques antérieures, et cela d'autant plus que les rois des rois continuaient à vénérer Mithra. Cependant, six jours de la première période portaient les noms des Amesha Spenta. Elle s'achevait par le jour Dadhv «le Créateur» (Ohrmazd), qui clôturait aussi les deux périodes suivantes.

Le principe de ce découpage est décrit dans le chapitre III du Bundahishn «la Création Originelle», ouvrage certainement compilé à la fin de la dynastie des Sassanides (au VIIe siècle). C'est un traité qui parle de cosmologie, d'astronomie et d'eschatologie, et qui donne aussi des listes de rivières, de montagnes et de plantes.

Les douze mois portaient aussi des noms de divinités. On y reconnaît les noms des Amesha Spenta :

  1. Fravardīn (les fravarshi)
  2. Urdvahisht (Asha Vahishta)
  3. Khvardādh (Haurvatāt)
  4. Tīr (Tishtrya, le dieu des Pluies)
  5. Amurdādh (Ameretāt)
  6. Shahrēvar (Xshathra Vairya)
  7. Mihr
  8. Ābhān («les eaux», Anāhitā)
  9. Ādhur
  10. Dadhv
  11. Vahman (Vohu Manō)
  12. Spandarmadh (Spenta Armaiti)

Les fravarshi étaient des esprits tutélaires des morts, la partie protectrice de leurs âmes, qui revenaient durant les cinq derniers jours de l'année. C'était alors la fête de Fravardīghān, aussi nommée Hamaspathmaēdaya. Il s'agissait de cinq jours supplémentaires, appelés selon les noms des cinq Gāthās, qui s'ajoutaient aux 12 mois de 30 jours. Cette fête, au caractère carnavalesque, était suivie par le Naurūz, le Nouvel An, le 1er Fravardīn. Malgré la conversion des Perses à l'islam et l'adoption du calendrier musulman, le Naurūz est toujours resté vivant. Il est célébré à l'équinoxe du printemps. Une autre grande fête était celle de Mihr, Mihrgān, au jour de Mihr (le 16e) du mois de Mihr. Elle avait lieu à l'automne et coïncidait avec le début de l'année avant l'époque des Sassanides. On peut aussi mentionner six fêtes de cinq jours réparties sur toute l'année, le Hamaspathmaēdaya étant la dernière. On les appelait les Gāhanbār (phases de création).

Tout temple, quel que soit le dieu (ou les dieux) auxquels il était consacré, comprenait un autel du feu. Il était positionné dans une pièce sombre, pour que le feu sacré ne fût pas touché par les rayons du soleil. Les prêtres l'entretenaient selon un rituel extrêmement strict. Trois temples jouaient un rôle majeur : celui du Feu de Farnbagh, qui se serait trouvé dans la ville de Kāriyān (région du Fars), celui du Feu de Gushnasp, à Gandja dans l'actuel Azerbaïdjan, et celui du Feu de Burzēn-Mihr, au nord-ouest de Nishapur. Ces feux étaient respectivement celui des prêtres, celui des rois et celui des agriculteurs. Ils correspondent aux trois fonctions reconnues par Georges Dumézil chez l'ensemble des peuples indo-européens : la fonction cléricale, la fonction guerrière (à laquelle se rattachaient les rois) et la fonction de production. Ainsi, l'Avesta récent reconnaît trois états, celui des prêtres, celui des guerriers et celui des agriculteurs. Lorsque un empereur montait sur le trône, il effectuait une visite solennelle au Feu de Gushnasp. Il lui demandait aussi son aide pour vaincre ses ennemis.

Les Parsis

Articles détaillés : Parsis et Parsisme.

Les Arabes entreprirent la conquête de la Perse à partir de 636. La dynastie sassanide s'effondra en 651 à la mort de son dernier souverain, Yazdgird III. Les Perses abandonnèrent le culte zoroastrien au profit de l'islam ; seules Yazd et Kerman, au centre du plateau iranien, demeurèrent des fiefs de leur ancienne religion. Les Arabes appelèrent ces zoroastriens des Gaur «Infidèles», terme qui est devenu Guèbres en France. Actuellement, il en resterait à peu près 30 000, dont 6 000 à Yazd. Cependant, de nombreux pratiquants s'installèrent dans le nord de l'Inde actuelle où ils sont connus sous le nom de Pârsî. Ce terme n'est qu'une traduction en perse, du mot Persan. Actuellement, les deux tiers de la communauté se trouvent à Mumbai.

La tour du silence à Bombay.

Influences générées

La profondeur intellectuelle de son dispositif a exercé une grande influence sur les doctrines judéo-chrétiennes (influence mentionnée dans le Manuel de discipline trouvé parmi les «rouleaux de la mer Morte»). On retrouve l'ensemble des thèmes du Zoroastrisme sous une forme identique dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.

L'empereur perse Cyrus le Grand mit fin à l'exil des juifs, en libérant Jérusalem de la domination babylonienne et en autorisant la construction du Second Temple. La majorité des textes judaïques traitant de la vie après la mort appartiennent à la période de domination perse en Palestine, ce qui laisse penser à une influence zoroastrienne. Ils ne sont attestés dans les écrits juifs que postérieurement à la captivité de Babylone (597 à 538 av. J. -C. ), période durant laquelle les élites juives, en exil à Babylone, entrèrent en contact avec la Perse et les religions iraniennes et kurdes.

Plusieurs auteurs et penseurs musulmans, tels Sohrawardi (1155-1191), initiateur du courant des «Ishraqiyoun», ont tenté d'intégrer Zarathoustra à la lignée prophétique abrahamique, mais il s'agit là d'une tentative de récupération. On peut aussi retrouver la source de certaines pratiques musulmanes dans le zoroastrisme. Par exemple dans le chapitre 138 du Livre I de Hérodote : «... c'est le prêt qu'ils détestent, car ils pensent que ceux qui empruntent seront obligés quelquefois de mentir».

Le changement des mœurs que les zoroastriens veulent, ils travaillent à l'obtenir par la droiture, par des actes justes et bons, et par conséquent le Zoroastrisme a eu aussi une grande influence sur le plan philosophique en occident : Platon, Voltaire, Nietzsche, mais également Plutarque, Pythagore, Aristote, Montaigne, Érasme, Gœthe, Hegel, et même Karl Marx.

Annexes

Notes et références

  1. http ://www. paris. fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=23461 Dossier de presse de l'exposition "LES PERSES SASSANIDES, FASTES D'UN EMPIRE OUBLIE" au musée Cernuschi, p. 12

Bibliographie

Pour aller plus loin

Zoroastriens célèbres

Liens externes

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