Yi Jing

Le Yi Jing, prononcé en français i ting, est un manuel chinois dont le titre peut se traduire par «Classique des changements» ou «Traité canonique des mutations».



Catégories :

Art divinatoire - Yi Jing - Culture taoïste - Taoïsme - Courant philosophique

Recherche sur Google Images :


Source image : decitre.fr
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Le concept du yin et l'yang est né dans le livre du Yi Jing, le livre du changement, ... plus de trente-cinq siècles, le Yi Jing est le grand livre du Yin et du Yang.... Sous famille : Religions de la Chine et du Japon; Sous sous famille : Yi king... Poids : 630.00 g; ISBN : 2-226-13158-2; EAN13 : 9782226131584... (source : laprocure)
Le Yi Jing est fréquemment imagé par le Taijitu entouré des trigrammes

Le Yi Jing (sinogrammes ??simpl. /??trad. , pinyin yì jīng, Wade-Giles i4 ching1, aussi orthographié Yi King ou Yi-King), prononcé en français i ting (t comme dans le mot «tiens», ing comme dans le mot «parking»), est un manuel chinois dont le titre peut se traduire par «Classique des changements» ou «Traité canonique des mutations». C'est un dispositif de signes binaires utilisé pour faire des divinations. Le Yi Jing se nomme aussi Zhou Yi (??, pinyin : Zhōu Yì, Wade-Giles : Chou1 I4) c'est-à-dire «changements de Zhou» pour la raison suivante.

Son élaboration date du premier millénaire avant l'ère chrétienne, époque des Zhou (-1027, -256 av JC). Il occupe une place principale dans l'histoire de la pensée chinoise et peut être reconnu comme un traité unique en son genre dont la finalité est de décrire les états du monde et leurs évolutions. Il est le premier des cinq classiques et par conséquent reconnu comme le plus ancien texte chinois.

Le Yi Jing est le fruit d'une recherche spéculative et cosmogonique élaborée, dont les articulations ont informé durablement la pensée chinoise. Sa structure mathématique a impressionné Leibniz qui y aurait vu la première formulation de l'arithmétique binaire. De fait, partant d'une opposition/complémentarité entre les principes Yin et Yang (adret et ubac, soleil et lune, mâle et femelle, actif et passif, etc. ) et subdivisant cette dualité de façon systématique, le Yi Jing arrive à la série des 64 figures qui peuvent interpréter l'ensemble des transformations envisageables.

«Le Yi-King ou Livre des transformations de l'archaïque magie chinoise apporte l'image la plus exemplaire de l'identité du Génésique et du Génétique. La boucle circulaire est un cercle cosmogonique symboliquement tourbillonnaire par le S intérieur qui à la fois sépare et unit le Yin et le Yang. La figure se forme non à partir du centre mais de la périphérie et naît de la rencontre de mouvements de directions opposés. Le Yin et le Yang sont intimement épousés l'un dans l'autre, mais différents, ils sont à la fois complémentaires, concurrents, antagonistes. La figure essentielle du Yi-King est par conséquent une figure d'ordre, d'harmonie, mais portant en elle l'idée tourbillonnaire et le principe d'antagonisme. C'est une figure de complexité.»

— Edgar Morin, La Méthode 1. La Nature de la Nature, p. 228, Seuil, Paris, 1977.

Origine selon la tradition

La tradition chinoise fait remonter le Livre des mutations à l'invention des trigrammes par Fuxi, reconnu comme le saint dont parle une phrase du commentaire Shiyi (Zhouyi Xici ??.??)  : «Du Fleuve [jaune] est sortie une image et de la [rivière] Luo un ouvrage, un saint les a imités.» (sinogrammes : ??? ??? ????, pīnyīn : héchūtú luòchūshū shèngrénzézhī)

Yu le Grand, fondateur de la dynastie Xia, est quelquefois aussi identifié au saint ; c'est à son époque que les 64 hexagrammes au grand complet sont rassemblés dans le Lian Shan (??) (succession de montagnes). Il s'agit du premier des trois livres des mutations mentionnés par le Zhouli (??). Il commençait par l'hexagramme montagne (?, gèn), qui représenterait deux montagnes juxtaposées, d'où son nom.

Fuxi et Yu sont censés avoir reçu leur inspiration d'hexagrammes dessinés sur une tortue ou un cheval (Fuxi, image du Fleuve jaune) et d'un ouvrage porté par une tortue (Yu, livre de la Luo).

L'avènement de la dynastie Shang fut l'occasion d'une nouvelle lecture des hexagrammes concrétisée dans le deuxième livre des mutations, le Gui Cang ?? (retour et engrangement) débutant par l'hexagramme terre (?, kūn), que le nom du livre évoque.

Lors du règne du dernier des Shang, le roi Wen de Zhou tira les hexagrammes et aboutit à un classement qui mettait l'hexagramme ciel (?, qián) en tête : c'était l'annonce d'un changement dynastique. Il rédigea une explication pour chaque hexagramme, les guaci (??). Zhou Gong, frère du roi Wu, acheva l'ouvrage en rédigeant les yaoci (??), explications ligne par ligne des différents hexagrammes. Le Yi Jing est le troisième et l'unique restant des ouvrages des mutations cités par le Zhouli, les deux premiers avaient déjà disparu sous les Han.

On attribue à Confucius de la période des Printemps et des Automnes le commentaire Shiyi (??) (dix ailes), aussi nommé Yizhuan (??) («commentaire du Yi Jing») à partir de Han Wudi. Le Yi Jing et le Shiyi, inséparables en Chine, forment le Zhou Yi (??). Il a fait l'objet de nombreux commentaires secondaires, qu'on peut ranger en deux grandes catégories : philosophiques (ex : Wang Bi, Cheng Yi (??) 1033-1107) et pratiques (ex : Jing Fang (??) des Han occidentaux, Shao Yong (??) 1011-1077).

Le Zhou Yi aurait échappé à l'autodafé ordonné par Qin Shihuang grâce à Li Si qui l'aurait classé par ruse dans les livres de médecine et de divination. Cette explication, qui cherche à atténuer son aspect utilitaire, représente l'opinion des lettrés voulant avant tout y voir un ouvrage philosophique et confucéen. Le Yi Jing a d'ailleurs été inclus dans les cinq classiques constituant la base de l'éducation des lettrés.

Date et auteurs

Aucune réponse définitive n'a toujours été apportée à ces deux questions. Le Yi Jing lui-même est écrit dans un langage elliptique truffé de caractères archaïques qui situe sa rédaction avant la seconde moitié du VIIIe siècle av. J. -C. . De l'aveu des Chinois contemporains, le sens en est devenu presque impénétrable, d'où l'obligation du commentaire, mais le style semble cohérent de bout en bout, suggérant un rédacteur ou au moins un point de vue unique. Le commentaire Shiyi, attribué à Confucius par le Shiji, est assez facile d'accès à un lecteur constitué au chinois classique. Présentant une perspective générale plutôt morale et confucéenne, il offre néanmoins de nettes différences de style et de point de vue de passage à passage, et proviendrait par conséquent de multiples auteurs. Les hypothèses concernant sa date de rédaction vont du début du VIIIe siècle av. J. -C. au début de l'ère chrétienne.

Structure mathématique

On consulte le Yi Jing à travers les trigrammes et hexagrammes qu'on tire trait par trait.

Les hexagrammes sont des figures basées sur la combinaison de six traits dont chacun peut prendre l'une de ces deux formes : le trait plein (Yang) et le trait redoublé (Yin). Ces deux formes elles-mêmes se subdivisent en deux catégories : trait naissant et trait mutant. À chaque hexagramme a été ajouté ultérieurement un commentaire comportant des indications sur la qualité de l'état concerné.

Les huit trigrammes

Article détaillé : Bāguà.

Les huit trigrammes ou «huit (ba) figures de divination (gua)» sont à la base du Yi Jing.

Les soixante-quatre hexagrammes

Article détaillé : hexagramme.

Ils résultent de la combinaison de deux trigrammes. C'est une série de soixante-quatre hexagrammes, chacun symbolisant un état et ses transitions envisageables

Consultation du Yi Jing

Explorer le Yi Jing suppose la compréhension d'un dispositif de signes et de symboles, organisés et interprétés, dont la lecture permet toujours une seconde lecture, par définition, comme il en va de tout texte. Le charme de cette lecture provient d'une interrogation qui subsiste sur le sens, appliqué à une situation aléatoire, et supposé apporter une réponse, adaptée ou adaptable. Nous sommes en présence d'un texte ésotérique et pragmatique, philosophique et moral, présumé comporter une certaine sagesse.

Si on oublie la dimension magique et primitive du texte originel, il reste une recherche poétique et naturaliste, qui ne manque pas d'intérêt. Si on préfère interroger la dimension divinatoire de ce texte, qui fonctionne alors comme un jeu, il reste à découvrir la relation qui se noue autour d'un devinant et d'un deviné, d'un signifiant et d'un signifié, à partir d'une spéculation ludique quant à la nature du monde, des énergies et des formes, qui le forment.

Consulter le Yi Jing est une pratique, antique et singulière, qui a traversé les siècles, et même les millénaires, et cette pérennité suggère la permanence des questions, à travers le temps, sans garantir pour tout autant la validité des réponses. Au contraire, il semble que la variabilité des réponses offre toujours au consultant la possibilité de reformuler sa question, d'en préciser le contour, et partant, d'adapter son point de vue au texte, tel qu'il est traduit.

Lecture et compréhension

Le Yi Jing propose une «carte du monde», qui tente de rendre compte à la fois de la nature, de ses changements, et des humains, de leurs relations, changeantes elles aussi.

La structure du texte est par conséquent à la fois particulièrement simple, huit éléments de base, et assez complexe, soixante-quatre variations, avec six nuances supplémentaires, traits ou variantes, au sein de chaque variation. A cette structure, purement formelle, s'ajoute une difficulté supplémentaire, pour les Occidentaux : la langue et l'écriture chinoise, qui comportent, comme toute langue, et toute écriture, des jeux de mots, des doubles sens, des évocations implicites, des similitudes de formes et de sons, qui font la richesse évocatoire du texte originel, et forment des obstacles à la compréhension.

Le Yi Jing demeure un document précieux, qui appartient au patrimoine de l'humanité, et fait partie des trésors de la pensée chinoise. Il a la particularité de provenir des premières formes orientales d'écriture pictographique, et des premières formalisations arithmétiques.

Quelques indications et indices, toutefois :

Interroger le Yi Jing

Analyse et divination

On retrouve sur cette image la construction des huit trigrammes

Le Yi Jing propose des pistes sur l'état actuel du monde et ses évolutions envisageables, jouant le rôle d'un oracle qu'on consulte avant de prendre une décision sur une question complexe.

La méthode la plus populaire pour interroger le Yi Jing ne nécessite que trois pièces de monnaie. On attribue la valeur «2» à pile et la valeur «3» à face. (Il ne s'agit que d'une convention ; l'inverse est particulièrement envisageable. ) Selon que les trois pièces tombent sur pile ou face, on obtient une somme comprise entre 6 et 9.

6 correspond au Yin mutant (ou vieux Yin)
7 correspond au Yang naissant (ou jeune Yang)
8 correspond au Yin naissant (ou jeune Yin)
9 correspond au Yang mutant (ou vieux Yang)

Les traits se notent dans l'ordre, de bas en haut. Au bout de six jets, on obtient un hexagramme complet.

La méthode originelle, l'achilléomancie, pour interroger l'oracle, est préférée par certains amateurs en ce sens qu'elle est censée conduire à une concentration plus grande de la personne qui interroge, mais aussi du médium (quelquefois le même). Qui plus est , les probabilités de résultat du tirage divergent légèrement selon la technique utilisée. Elle fait appel à un groupe de 50 tiges d'achillée mille-feuilles (Achillea millefolium), dont on retire une tige, puis qu'on sépare successivement, à dix-huit reprises (trois fois pour chacun des six traits de l'hexagramme), en deux groupes d'importance non déterminée, en comptant à chaque fois le nombre de tiges restantes après retrait de groupes de 4 tiges. La totalité des computations formant à chaque fois un trait de l'hexagramme.

Références et Bibliographie

1934
1977
1978
1982
1983
1987
1989
1990
1993
1994
1995
1996
1997
1998
2000
2001
2002
Hiver 2002
2002
2003
2004


2008


Au XXe siècle

Carl Gustav Jung, qui a préfacé diverses traductions du Livre des changements, a rédigé un ouvrage sur le sujet : Commentaire sur le mystère de la fleur d'or. Il y voit surtout l'illustration concrète du phénomène de synchronicité. Voir ci-après.

Traductions

Au sujet de cet ouvrage

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Yi_Jing.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/03/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu