Pragmatisme

Le pragmatisme est une doctrine selon laquelle n'est vrai que ce qui fonctionne réellement.



Catégories :

Courant philosophique - Branche de la sociologie

Recherche sur Google Images :


Source image : lexpansion.com
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • ... D. Lapoujade, Pour une pratique de la pensée. Psychologie, empirisme et pragmatisme chez William James, Université Paris X Nanterre, 1996.... (source : laviedesidees)
  • ... la vérité devient un nom générique résumant les idées de toute... 16Le pragmatisme n'est par conséquent pas uniquement pensée de la pratique : il ... (source : rechercheseducations.revues)
  • ... Pour le philosophe, le pragmatisme c'est la doctrine qui donne la valeur pratique comme critère de la vérité d'une idée.... (source : devoirs)

Le pragmatisme est une doctrine selon laquelle n'est vrai que ce qui fonctionne réellement.

Le terme sert à désigner une école originairement américaine, dont le fondateur est Charles Sanders Peirce qui avançait dès le départ la notion de pragmaticisme. Les deux autres grandes figures du pragmatisme classique (fin XIXe siècle-début XXe siècle) sont William James et John Dewey.

Pour ces auteurs, le pragmatisme représente en premier lieu une méthode de pensée et d'appréhension des idées qui s'oppose aux conceptions cartésiennes et rationalistes sans s'opposer à la logique. Selon la perspective pragmatique, penser une chose revient à identifier la totalité de ses implications pratiques, car pour Peirce et ses disciples, seules ses implications confèrent un sens à la chose pensée. Les idées deviennent ainsi de simples, mais nécessaires, instruments de la pensée. Quant à la vérité, elle n'existe pas a priori, mais elle se révèle progressivement par l'expérience.

Présentation générale

Le pragmatisme est plus une attitude philosophique qu'un ensemble de dogmes. «Pragmatisme», vient du grec pragmata, action, ce qui atteste du souci d'être proche du concret, du spécifique, de l'action et opposé aux idées abstraites et vagues de l'intellectualisme. Il s'agit en fait d'une pensée radicalement empiriste : la notion d'effet pratique est étroitement liée à la question de savoir quels effets d'une théorie sont attendus dans l'expérience.

La maxime pragmatiste consiste à se demander, pour résoudre une controverse philosophique : quelle différence cela ferait en pratique si telle option plutôt que telle autre était vraie ? Si cela ne fait aucune différence en pratique, c'est que la controverse est vaine. En effet, toute théorie, aussi subtile soit-elle, se définit par le fait que son adoption génère des différences en pratique.

Ce courant naît en 1878 avec Charles Sanders Peirce dans l'article "How to make our ideas clear (comment rendre nos idées claires) " paru dans la Revue Philosophique, puis est repris et popularisé par William James dans le recueil Le Pragmatisme.

Chez James, l'application la plus célèbre de la méthode pragmatiste concerne le problème de la vérité. Cela consiste à dire que le vrai totalement objectif n'existe pas car on ne peut séparer une idée de ses conditions humaines de production. La vérité est obligatoirement choisie en fonctions d'intérêts subjectifs. Pour tout autant, on ne peut diminuer le vrai à l'utile, comme l'ont soutenu les détracteurs du pragmatisme car cette théorie de la vérité conserve d'une part une idée d'accord avec le réel ("accord" défini comme vérification et non comme correspondance terme à terme). D'autre part, ce qui bloque le passage des prédilections esthétiques ou morales subjectives au décret de vérité c'est l'idée de cohérence interne avec la totalité des vérités déjà adoptées.

Chez John Dewey, l'attitude pragmatique sera présentée comme l'opposé de la théorie spectatoriale de la connaissance. Connaître n'est pas "voir", comme c'est par exemple le cas dans la tradition cartésienne (Descartes comparait les idées à des sortes de tableaux), mais agir. Cela conduit à relativiser la notion de vérité, ce qui fut du coup le signe principal de reconnaissance de l'appartenance au pragmatisme. À ce titre, le pragmatisme fut fréquemment caricaturé.

Chez John Dewey, le pragmatisme s'apparente de plus en plus à une philosophie sociale, ou alors à une pratique de recherche politique. La philosophie, suggère-t-il par exemple dans Reconstruction en philosophie, doit reproduire dans le domaine socio-politique ce que la science moderne accomplit dans le domaine technologique.

Le pragmatisme de Richard Rorty

Le pragmatisme, qui s'est vu consacré aux États-Unis comme le courant dominant avant la Deuxième Guerre mondiale, a subi une longue éclipse à cause de la domination du style analytique, mais connaît un renouveau, surtout à travers l'œuvre de Richard Rorty (né en 1931).

Rorty, issu du courant analytique, mais extrêmement original et fortement critiqué pour ses vues sur la fin de la philosophie et pour son prétendu relativisme, se considère essentiellement comme un disciple de Dewey, mais trouve aussi son inspiration chez des grands noms de la "philosophie continentale", comme Hegel, Nietzsche, Heidegger, Foucault ou Derrida.

Le pragmatisme en France

Le pragmatisme fut l'objet de débats en France, par exemple chez Émile Durkheim, extrêmement critique à son égard[1], et chez Henri Bergson, dont l'article sur «Le Pragmatisme de William James» (dans la Pensée et le mouvant) y voit un mode de pensée proche de sa propre doctrine de la science comme caractéristique de l'homo faber.

Le constructivisme épistémologique, d'un Jean Piaget ou d'un Jean-Louis Le Moigne, s'inspire clairement du pragmatisme[2].

Un courant de sociologie pragmatique s'est développé en France depuis le milieu des années 1980, avec des auteurs particulièrement différents comme Luc Boltanski, Francis Chateauraynaud, Alain Desrosières, Antoine Hennion, Bruno Latour, Cyril Lemieux, Laurent Thévenot, mais ces auteurs manifestent une distance vis-à-vis du pragmatisme au sens philosophique.

Au total, le pragmatisme apparaît comme une philosophie particulièrement sulfureuse, du fait de sa profonde remise en cause d'habitus beaucoup inconscients qui furent essentiels à la philosophie au cours de très nombreux siècles.

Elle interroge surtout la signification même de l'activité philosophique, autant que son rôle dans la culture généralement.

Liste des principaux philosophes pragmatistes

Précurseurs

XIXe siècle

XXe siècle

Notes et références de l'article

  1. Cf. Bruno Karsenti et Louis Quéré, «La Croyance et l'enquête. Aux sources du pragmatisme», Raisons pratiques, n°15, EHESS, 2005.
  2. Jean-Louis Le Moigne Les épistémologies constructivistes, 1995, PUF, «Que sais-je ?».

Voir aussi

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Pragmatisme.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/03/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu