Physicalisme
Ne pas confondre avec le réductionnisme du positivisme logique, consistant en la réduction de l'ensemble des sciences à la physique.
Catégories :
Courant philosophique - Philosophie de l'esprit - Philosophie analytique
Recherche sur Google Images :
Source image : francoisloth.wordpress.com Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur. |
Page(s) en rapport avec ce sujet :
- ... Ce physicalisme est par conséquent un physicalisme de l'identité des occurrences d'événements (un événement mental est aussi un événement physique)... (source : francoisloth.wordpress)
Ne pas confondre avec le réductionnisme du positivisme logique, consistant en la réduction de l'ensemble des sciences à la physique.
Le Physicalisme est une thèse métaphysique (soutenue, entre autres par Quine) selon laquelle toute entité existante est de nature physique, c'est-à-dire qu'il n'y a rien en dehors des choses dites physiques. En philosophie de l'esprit, le physicalisme admet que le mental est une réalité physique ; il s'agit par conséquent d'une forme de matérialisme et de monisme, qui peut être mis en parallèle avec les premiers philosophes grecs, comme Thalès qui soutint que tout est eau. Dans sa version la plus radicale, on peut exprimer cette thèse ainsi : «Un moniste matérialiste suppose que l'ensemble des phénomènes chimiques, biologiques, psychologiques, linguistiques, culturels et sociologiques sont des phénomènes physiques qui obéissent aux lois principales de la physique.» [1]
La thèse contradictoire, et cependant aussi moniste, est l'idéalisme immatérialiste, illustré par George Berkeley, qui soutint que tout ce qui existe est un phénomène mental. La thèse contradictoire non-moniste est le dualisme.
Présentation
La physicalisme se distingue du problème corps-esprit étant donné que dans ce dernier problème il est supposé que le mental et le corps sont deux choses différentes dont il faut expliquer les relations. Le problème corps-esprit suppose par conséquent, pour être un problème, que l'esprit n'est pas une entité physique, mais doit entrer dans une catégorie métaphysique différente. Cependant, ce problème ne suppose pas obligatoirement le dualisme métaphysique stricto sensu.
Le physicalisme ne nie pas que certaines réalités puissent nous apparaître comme non-physiques, tels que les phénomènes sociaux, moraux et psychiques ; mais il soutient que ces réalités pourront être expliquées un jour d'un point de vue entièrement physique.
- Otto Neurath : «Selon le physicalisme, la langue de la physique est la langue universelle de la science et , donc, toute connaissance peut être ramenée aux énoncés sur les objets physiques».
Interprétation, complétude et condition du physicalisme
Le physicalisme peut être compris comme la totalité des réponses aux questions suivantes[2] :
- Que veut dire dire que tout est physique ? Cette question relève de l'interprétation du physicalisme.
- Est-il vrai de dire que tout est physique ? Cette question relève de la vérité du physicalisme.
Pour Daniel Stoljar, il faut dans un premier temps comprendre ce que veut dire le physicalisme, avant d'évaluer sa valeur de vérité. Il faut par conséquent répondre à la première question avant de pouvoir répondre à la seconde. Or, la première question est , selon lui, double, car elle porte à la fois sur la question du sens de tout, et sur la question du sens de physique. C'est à dire, la première question porte sur le caractère réellement complet du physicalisme (tout est physique), et sur sa condition de réalisabilité (tout est physique). Lorsque on pose la question au premier sens, il s'agit par conséquent de comprendre comment chaque réalité peut satisfaire la condition ; au second sens, il s'agit de savoir ce que veut dire le fait d'être physique pour chaque réalité, i. e. en quoi consiste la condition (être physique) et comment elle est réalisée par chaque réalité.
Conceptions du physicalisme
Le physicalisme s'efforce de diminuer le mental au physique, i. e. que selon cette thèse le mental est physique ; c'est une identité matérialiste. Ce type de thèse peut prendre deux formes principales :
- Conception dite type, selon laquelle toute propriété mentale est semblable à une propriété physique ;
- Conception dite token, selon laquelle il y a, pour tout événement mental singulier, un événement physique spécifique auquel le premier est semblable.
La différence est par conséquent la suivante : dans un cas, on pose que tout événement mental est semblable à un - et un seul - événement physique ; dans l'autre, on pose qu'un même événement mental peut être semblable à plusieurs événements physiques d'où résulte une même propriété mentale. La première thèse n'est d'une façon plus générale soutenue, car elle rend peu compte de l'expérience : en effet, la douleur, qui est bien un événement mental singulier (j'ai mal), peut être causée par divers événements physiques particulièrement différents, et n'est pas semblable à un événement physique.
Daniel Stoljar propose la formulation logique suivante :
- «For every actual particular (object, event or process) x, there is some physical particular y such that x = y.»
- «For every actually instantiated mental property F, there is some physical property G such that F=G.»
Le concept de survenance
Les Postulats du modèle physicaliste
Le modèle physicaliste a plusieurs postulats :
- Le monde est complexe mais cette complexité peut être réduite à des phénomènes élémentaires. Attitude analytique : «le complexe» peut être décomposé en éléments (différents niveaux d'observation et d'analyse). Attitude élémentariste : chaque élément, chaque niveau peut être étudié indépendamment des autres parce que lorsque les lois, chaque élément reste invariant quelle que soit sa combinaison avec d'autres niveaux.
- Le monde est simple. La nature n'utilise pas des choses multiples. la nature adopte dans l'ensemble des domaines des processus de fonctionnement simple. La nature est autonome.
- Il découle du postulat de la simplicité de la nature que la méthodologie scientifique doit reposer sur le principe de parcimonie : une théorie scientifique sera d'autant plus correcte qu'elle sera économe en hypothèses.
- l'objectif des scientifiques est de rechercher au niveau élémentaire, les principes de fonctionnements qui lui sont propre c. à . d. établir les lois générales, universelles.
- Les explications véhiculent un concept de la causalité. La causalité est définie en termes de relation linéaires, relation à un sens unique, bi variée allant d'un objet X (cause) à un objet Y (effet). Les boucles de rétroaction peuvent être incluses dans une conception causale.
Notes et références
- ↑ Pierre Jacob, Esprit et cerveau, http ://jeannicod. ccsd. cnrs. fr/docs/00/05/34/58/HTML/index. html
- ↑ Selon Daniel Stoljar, Physicalism, article de la Stanford Encyclopedia of Philosophy, http ://plato. stanford. edu/entries/physicalism/
Voir aussi
Liens externes
- Article de la Stanford Encyclopedia
- Bibliographie établie par David Chalmers
- Article de Paul Bernier
Bibliographie
- Berkeley, G., 1710, Principles of Human Knowledge.
- Chalmers, D., 1996, The Conscious Mind, New York : Oxford University Press
- Chalmers, D., 1999, ‘Materialism and the Metaphysics of Modality', Philosophy and Phenomenological Research, forthcoming.
- Chomsky, N., 1994, ‘Language and Nature', Mind 104/413, 1995.
- Chomsky, N., 1994b, ‘Noam Chomsky', in S. Guttenplan (ed), A Companion to the Philosophy of Mind, Blackwell.
- Chomsky, N., 2000, New Horizons in the Study of Language and Mind, Cambridge.
- Davidson, D. 1970. ‘Mental Events'. In Davidson, D (1980) Essays on Actions and Events. Oxford.
- Descartes, R., 1641, Méditations Métaphysiques
- Fodor, J. A., 1974, ‘Special Sciences : Or, The Disunity of Science as a Working Hypothesis', reprinted in J. Fodor, Representations, MIT Press, 1981.
- Fodor, J. A., 1992, A Theory of Content and Other Essays, Cambridge, MA : MIT Press
- Hempel, C., 1970, ‘Reduction : Ontological and Linguistic Facets', in S. Morgenbesser, et al. (eds), Essays in Honor of Ernest Nagel, New York : St Martin's Press.
- Kripke, S., 1980, Naming and Necessity, Cambridge, MA : Harvard University Press.
- Kripke, S., 1982, Wittgenstein on Rules and Private Language : An Elementary Exposition, Oxford : Basil Blackwell.
- Nagel, E., 1961, The Structure of Science, New York : Harcourt, Brace and World.
- Nagel, T., 1974, ‘What is it like to be a bat', Philosophical Review, 4 : 435-50.
- Nagel, T., 1983, The View from Nowhere, New York : Oxford.
- Putnam, H., 1975, ‘Philosophy and our mental life', in H. Putnam, Mind, Language and Reality : Philosophical Papers, Vol. 2, Cambridge : Cambridge University Press.
- Russell, B., 1917, ‘On the Notion of Cause', in B. Russell, Mysticism and Logic, Penguin, 1963.
- Russell, B., 1927, The Analysis of Matter, London : Kegan Paul.
- Ryle, G., 1949, The Concept of Mind, London : Routledge.
- Shœmaker, S., 1994, ‘Phenomenal Character', Nous, 28, pp. 21-38
Recherche sur Amazone (livres) : |
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/03/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.

Accueil
Recherche
Début page
Contact
Imprimer
Accessibilité