Personnalisme

Le personnalisme, , est un courant d'idées fondé par Emmanuel Mounier autour de la revue Esprit et recherchant une troisième voie humaniste entre le capitalisme libéral et le marxisme.



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Définitions :

  • Attachement à sa propre personne. (Journal officiel 28 mai 1872, page 3554, 2 colonne) (source : fr.wiktionary)

Le personnalisme, (ou personnalisme communautaire), est un courant d'idées fondé par Emmanuel Mounier autour de la revue Esprit et recherchant une troisième voie humaniste entre le capitalisme libéral et le marxisme. Il a eu une influence importante sur les milieux intellectuels et politiques français des années 1930 aux années 1950.

Il a influencé, entre autres, les milieux de l'éducation populaire et plus tard de l'éducation spécialisée, où on retrouve toujours actuellement sa trace (au sein de l'union française des centres de vacances et de loisirs par exemple).

Le personnalisme est une philosophie éthique dont la valeur principale est le respect de la personne (et non de la vie). Le principe moral essentiel du personnalisme peut se formuler ainsi : Une action est bonne étant donné qu'elle respecte la personne humaine et contribue à son épanouissement; dans le cas opposé, elle est mauvaise. [1]

Naissance du personnalisme des années 1900 à 1930

Le terme personnalisme a été découvert par Charles Renouvier dans une optique kantienne en 1903[2]. Kant pourrait par conséquent passer pour le vrai fondateur du personnalisme. En effet, Kant, en mettant le sujet au centre de l'expérience généralement, et de l'expérience morale surtout, met en pleine lumière la personne humaine capable d'être à elle-même sa propre fin.

A partir des années 30, le personnalisme est devenu un mouvement intellectuel de réaction à la crise économique des années trente, que la jeunesse intellectuelle française percevait comme une crise de civilisation plutôt qu'une crise principalement économique. Cette crise, ces jeunes la caractérisent en opposant l'«individu» et la «personne», opposition empruntée d'ailleurs à Charles Péguy, pour manifester leur refus de l'ordre établi exacerbé par la crise économique mondiale qui sévit. Daniel-Rops écrira à ce propos :

L'individu, c'est ce qui, en bout de piste, apparaît comme le rejeton des tendances aliénantes du monde moderne. C'est celui qui a sacrifié sa dimension spirituelle et son potentiel d'énergies créatrices et de liberté, au profit d'un parfait petit-bourgeois qui ne vise qu'au bien-être. Pour Emmanuel Mounier «l'individu, c'est la dissolution de la personne dans la matière. (... ) Dispersion, avarice, voilà les deux marques de l'individualité.» Aussi, la personne ne peut croître «qu'en se purifiant de l'individu qui est en elle» [4].

Autant la notion d'individu veut exprimer la faillite de notre société occidentale que met en relief la crise économique des années trente, tout autant celle de personne renferme «comme une absence, un besoin, une tâche et une tension continuellement créatrice»[5]. Contre le gigantisme des mécanismes sociaux, politiques et économiques qui président aux destinées des hommes; contre l'idéalisme et le rationalisme abstraits qui ont détaché l'homme de la nature et de ses communautés immédiates, l'ensemble des mouvements de la jeunesse française se rejoignent en une même aspiration : celle de renouer avec ce qu'ils nomment l'homme «concret» pour en faire un être responsable, c'est-à-dire capable «de réponse»[6]. Cette opposition entre individu et personne, assez répandue au début des années trente, est par conséquent à la fois un jugement sur la situation et un projet pour la modifier qui pourrait se formuler de la manière suivante : le bourgeois, cet être incapable d'élévation spirituelle a, par ses visées égoïstes, inversé l'ordre des valeurs mettant ainsi en péril les possibilités d'épanouissement de la personne humaine et de la civilisation occidentale, pour mettre un terme à la crise de notre civilisation, la transformation des structures sociales et économiques doit infailliblement s'accompagner d'une révolution spirituelle. Dès 1927, Jacques Maritain soutenait cette Primauté du spirituel. À sa suite, des revues comme la Jeune Droite, l'Ordre Nouveau et Esprit reprendront cette exigence. Ainsi, en mars 1931, l'un des premiers manifestes de l'Ordre Nouveau lançait ce slogan promit à un succès durable : «Spirituel en premier lieu, économique, ensuite, politique à leur service». Emmanuel Mounier écrira quelques temps plus tard : «Le spirituel commande le politique et l'économique. L'esprit doit garder l'initiative et la maîtrise de ses buts, qui vont à l'homme par-dessus l'homme, et non au bien-être»[7].

Selon ces jeunes intellectuels français, redonner la «primauté à la personne», c'est retrouver la voie de la vraie hiérarchie des valeurs; c'est réunir ce que le monde moderne a eu tendance à séparer. Cette volonté est en particulier le souci de la revue Esprit et , dans une moindre mesure, celui de l'Ordre nouveau, revues qui possèdent quelques collaborateurs communs. Cependant, dans la mesure où il n'est personne pour croire que cette nouvelle civilisation s'édifiera uniquement à coup d'idéal, on a aussi pensé à organiser ce qui relève du matériel sur une base concrète qui puisse permettre d'atteindre la réalisation de cet objectif. Il faut savoir que pour cette génération, Proudhon sera, en ce qui a trait à l'organisation de la dimension matérielle, ce que Charles Péguy représenta pour la dimension spirituelle. Esprit, qui est avant tout Emmanuel Mounier, approfondira en particulier la réalité de la personne humaine tandis que l'Ordre Nouveau s'attachera plutôt, en s'inspirant plus directement de Proudhon, à définir le cadre organisationnel qui va permettre à l'humanité nouvelle d'émerger.

Nébuleuse de groupements

Le personnalisme se forme en France dans les années 1930-1934 avec la naissance d'une nébuleuse de groupes et de revues que l'historiographie du XXe siècle rassemble sous le terme de non-conformistes des années 30, en se référant à l'ouvrage éponyme de Jean-Louis Loubet del Bayle.

Au sein de cette mouvance, animée par de jeunes intellectuels qui avaient la volonté de situer leur «engagement» en marge des mouvements d'idées établis, on pouvait distinguer trois courants :

Les grandes idées du personnalisme

Face à ce qu'ils percevaient comme une «crise de civilisation», ces jeunes intellectuels présentaient, malgré certaines divergences, un «front commun» :

Le personnalisme face au fascisme

Après 1934, face aux événements, les itinéraires de ces intellectuels divergeront. Néenmoins leur influence ultérieure n'a pas été négligeable, même si elle s'est manifestée de manière quelque peu diffuse. Sur la lancée des débats intellectuels de l'avant guerre, les hommes et les idées des années 30 apparaissent dans les années 1940 :


Le personnalisme après 1945

Sources

  1. André MORAZAIN et Salvatore PUCELLA. Éthique et Politique - Des valeurs personnelles à l'engagement social. ERPI, 1988, p. 30.
  2. Charles Renouvier, Le personnalisme, 1903
  3. Daniel-Rops, Éléments de notre destin, Paris, Éd. Spes, 1934, p. 65, note 1.
  4. Cité par Jean-Marie Domenach, Emmanuel Mounier, Paris, Éd. du Seuil, Coll. Écrivains de toujours, 1972, p. 81.
  5. Ibid, p. 76.
  6. Ibid, p. 105
  7. Cité par Jean-Marie Domenach, «Les principes du choix politiques», Esprit, 18, 174 (décembre 1950), p. 820.

Voir aussi

Liens externes

Site internet de La Vie Nouvelle

Bibliographie

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