Parménide

Parménide d'Élée est un philosophe grec présocratique. Un dialogue de Platon porte aussi son nom.



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Philosophe présocratique - Métaphysicien - Personnage des dialogues de Platon

Parménide d'Élée
Philosophe grec
Antiquité
Naissance : fin du VIe siècle avant J. -C.
Décès : milieu du Ve siècle avant J. -C.
École/tradition : Présocratiques
Principaux intérêts : Métaphysique, langage
Idées remarquables : Être et non-être
Œuvres principales : Le Poème
Influencé par : Xénophane de Colophon
A influencé : Zénon d'Élée, Platon, Aristote, Plotin, Hegel, Heidegger, Beaufret, Conche

Parménide d'Élée (en grec Παρμενίδης Parmenídês) est un philosophe grec présocratique. Un dialogue de Platon porte aussi son nom (voir Le Parménide).

Biographie

On ne connaît pas avec exactitude les dates de naissance et de mort de Parménide d'Élée. Sa vie couvre de la fin du VIe siècle au milieu du Ve siècle avant J. -C. Il aurait eu 65 ans lorsqu'il est venu à Athènes où il aurait rencontré le jeune Socrate, peut-être âgé de moins de 20 ans, ce qui situerait sa naissance vers 520-510 si on place le dialogue de Platon vers 450-448 (cf. le Parménide de Platon, où Parménide est un «vieillard honorable», 127 b). Mais selon Synésius, Socrate aurait eu 25 ans à ce moment, ce qui placerait l'apparition de Parménide vers 540. Ces données sont peu sûres ; selon Diogène Laërce (IX, 23), son acmé se situe dans la 69e Olympiade (504-500), mais d'autres sources la placent dans la 79e. Ainsi, Parménide est-il positionné soit avec Héraclite et Empédocle, soit avec Démocrite, Gorgias ou encore Prodicos.

Illustration, détail de L'école d'Athènes de Raphaël

Parménide était le fils de Pyrès ou Pyrrhès (Diogène Laërce, IX, 21). Il est issu d'une famille riche et puissante.

Strabon (27, 1, 1) et Proclos (Commentaire sur le Parmènide) appelle Parménide pythagoricien et sa manière de vivre était reconnue comme pythagoricienne. Il se lia en premier lieu en effet avec les pythagoriciens : c'est Aminias qui le poussa à la vie philosophique (Diogène Laërce, IX, 21). On rapporte qu'il vénéra tant le pythagoricien Diochaitès, qu'il lui éleva une statue après sa mort. Néanmoins, Parménide se rattache plutôt à Xénophane dont il fut peut-être le disciple (voir par exemple Clément, Stromates, I, 364 ; Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, VII). Mais Aristote et Théophraste sont plus réservés sur la question (cf. La Métaphysique, A, 5, 986 b, 22). Il reste que Parménide et Xénophane ont tous deux vécu à Élée, et qu'on peut supposer qu'ils se connaissaient. Ainsi, quant aux influences philosophiques de Parménide, il semble envisageable d'affirmer que, comme Empédocle, il suivit la vie pythagoricienne sans en adopter les idées, et qu'il suivit sur ce point Xénophane. Il aurait fondé une école identique aux écoles pythagoriciennes. Il aurait été aussi disciple d'Anaximène (selon la Suidas), mais ce renseignement semble être dû à une erreur de texte. Il eut pour successeurs Empédocle et Zénon d'Élée.

Il fut peut-être législateur dans sa ville natale (D. L. , IX, 23)  ; les Éléates devaient chaque année jurer de nouveau obéissance aux lois.

Il nous reste des fragments de son poème De la Nature, dont la première partie traite de la vérité et la seconde de l'opinion. Sa pensée influença Anaxagore et Mélissos.

Doctrine

Parménide a rédigé en vers un traité De la nature ; selon la Souda, il aurait aussi écrit des œuvres en prose, mais ce point est controversé.

Parménide divisait la philosophie en deux parties : sur la vérité et sur l'opinion. Cette division est pour lui absolue :

«Χρεὼ δέ σε πάντα πυθέσθαι
ἠμέν Ἀληθείης εὐκυκλέος ἀτρεμὲς ἦτορ
[30] ἠδὲ βροτῶν δόξας, ταῖς οὐκ ἔνι πίστις ἀληθής. »
«Apprends par conséquent toutes choses
Et autant le cœur exempt de tremblement
Propre à la vérité bellement circulaire,
Que les opinions des mortels, dans lesquelles
Il n'est rien qui soit vrai ni digne de crédit.»
(Diogène Laërce, IX, 22)

Parménide oppose ainsi la logique à l'expérience : la raison est selon lui le critère de la vérité. La pensée (il identifie âme et intellect), en suivant les règles de la logique, établit mais aussi l'être est , et qu'il faut lui prédiquer des attributs non-contradictoires : il est intelligible, non-créé et intemporel, il ne contient aucune altérité et est idéalement continu. Si cette conception de l'être est de l'ordre de la pensée, Parménide le représente aussi comme une réalité physique, finie et sphérique. Cette doctrine fait de lui le penseur de l'être par excellence, et tranche par sa froideur rationnelle d'avec les autres penseurs grecs, un Empédocle d'Agrigente par exemple. La doctrine de Parménide ne donne cependant pas d'explications relatives aux origines des êtres.

Physique

À la suite de ces déductions abstraites, il développe toujours une physique nettement pythagoricienne. Selon Diogène Laërce, il fut le premier à affirmer que la Terre est ronde (IX, 21). Il divisait les choses en deux éléments, le feu et la terre.

Parménide et Gorgias

Le sophiste Gorgias a rédigé un traité, Sur le non-étant, qui réfute le traité de Parménide Sur l'étant. Parménide dit que l'Étant est non génèré (fragment 8), Gorgias répond qu'il n'est ni génèré ni non génèré (§ 2), de sorte qu'il n'est ni être ni non-être (ἔστιν οὔτε εἶναι οὔτε μὴ εἶναι, § 2), et par conséquent pas étant ; Parménide écrit que «l'Étant est» (τ΄ ἐὸν ἔμμεναι, fragment 6), Gorgias, lui, «dit qu'il n'est rien» (Οὐκ εἶναί φησιν οὐδέν, § 1).

Fragments

«La première voie de recherche dit que l'Être est et qu'il n'est pas envisageable qu'il ne soit pas. C'est le chemin de la certitude, car elle accompagne la vérité. L'autre c'est que l'Être n'est pas et necessairement le Non-Être est . Cette voie est un sentier étroit où on ne peut rien apprendre

«Tu ne réussiras pas à couper l'Être de sa continuité avec l'Être, de sorte qu'il ne se dissipe au-dehors, ni il ne se rassemble

«L'Etre se parfaisant aux limites dernières / Il est tel que la masse arrondie de la sphère / Où du centre, un rayon, se propage en tout sens / N'admettant, çà ou là, plus ou moins de distance.» (Fragments II, VIII 43 à 47 du Poème de Parménide, traduction Darec Bernir)

" Le cœur fidèle de la vérité qui s'impose "[1]

Voir aussi

Bibliographie

Texte grec et traduction

Études

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"Parménide, vers 25-28a"

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