Monisme

Le monisme est une notion philosophique Métaphysique. Il est la doctrine fondée sur la Thèse selon laquelle tout ce qui existe - l'univers, le cosmos, le monde - est principalement Un, sans second, et par conséquent, surtout, qu'il est constitué d'une seule substance.



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Définitions :

  • Doctrine qui tend à expliquer tout l'univers, choses et êtres, par les transformations d'un élément unique (source : fr.wiktionary)
  • nm, ou Moniste adj. (philosophie)  : Le monisme (du grec monos, "seul", "unique"), postule que la réalité ultime est ... (source : psychobiologie.ouvaton)

Le monisme est une notion philosophique Métaphysique. Il est la doctrine fondée sur la Thèse selon laquelle tout ce qui existe - l'univers, le cosmos, le monde - est principalement Un, sans second, et par conséquent, surtout, qu'il est constitué d'une seule substance (réalité principale qui n'a besoin que d'elle-même pour exister). Le monisme s'oppose à l'ensemble des philosophies dualistes, qui séparent le monde matériel et le monde spirituel (l'au-delà).

Monisme métaphysique - Définition

Le monisme pose une seule réalité, par conséquent une seule substance. On y distingue plusieurs variantes apparentes selon la nature donnée à cette substance unique. Principalement, deux grandes écoles monistes apparaissent, l'une matérialiste, l'autre spiritualiste selon que la substance universelle est la matière ou l'esprit. Mais ces distinguos ne tiennent pas longtemps à l'analyse philosophique car s'il n'y a qu'une substance, peu importe le nom ou les attributs qu'on lui donne puisque, par définition, il n'existe qu'elle et elle possède par conséquent l'ensemble des noms et l'ensemble des attributs existant. Par essence, au plan Métaphysique, le monisme s'oppose en premier lieu radicalement à l'ensemble des Dualismes (comme le platonisme ou les monothéismes) qui, tous, supposent l'existence d'un monde idéel ou parfait face à un monde matériel, ces deux mondes étant de natures différentes et dissociées.

Le monisme s'oppose aussi à l'ensemble des écoles philosophiques construites sur la multiplicité intrinsèque du réel. A titre d'exemple, on pourrait citer l'atomisme d'un Démocrite qui envisage le cosmos comme un assemblage d'une illimitété d'atomes appartenant à un nombre fini de catégories atomiques de natures différentes.

Concernant les fondamentaux métaphysiques du monisme, il est utile de noter que certains penseurs refusent de confondre monisme et non-dualité. Dans leur logique, ils restreignent le concept moniste à l'unique unité de substance tandis que la non-dualité, elle , implique l'unité absolue de tout dans l'ensemble des dimensions. On peut alors parler de monisme restreint quand on limite l'unité à l'unique substance, et de monisme généralisé pour affirmer la non-dualité absolue de tout ce qui existe.

Le grand théoricien de la non-dualité est l'indien Adi Shankara (IXème siècle) qui a construit toute une logique (au sens logicien) qui réfute le principe du tiers-exclu et qui récuse tout usage du OU exclusif.

En Occident, le monisme apparait chez certains présocratiques comme Héraclite qui prétend que tout est Feu, ou comme Thalès qui affirme, lui que tout est Eau, ou encore comme Anaxagore pour lequel tout est Apeiron.

En Occident, toujours, la métaphysique moniste a toujours été farouchement combattue par la théologie chrétienne et par l'Eglise catholique. Deux exemples fameux suffisent à illustrer cela : la condamnation vaticane du dominicain Maître Eckart au XIVème siècle, et celle du jésuite Pierre Teilhard de Chardin au XXème siècle.

En Orient, par contre, le monisme est le fondement de la majorité des traditions spirituelles et religieuses. Les concepts de Tao, de Brahman ou pleine Vacuité traduisent ces monismes orientaux qui, actuellement, inspirent aussi énormément d'occidentaux.

Monismes orientaux

Monisme hindouiste

Histoire

Selon la formule védique sarvam khalv idam brahma : tout ce que nous voyons dans le monde est Brahman. L'Hindouisme tel qu'il est pratiqué en Inde aujourd'hui est une religion issue du Brahmanisme lui-même issu du Védisme. La conception actuelle du monde par l'Hindouisme est fractionnée en une grande variété de sectes (d'où le terme de Brahmanisme sectaire, jadis utilisé pour désigner l'Hindouisme, le terme sectaire n'ayant pas une connotation péjorative[1]). Il est historiquement envisageable que l'émergence du monisme soit une réaction à l'expansion du Bouddhisme en Inde. Les principales écoles de pensée émergèrent entre le IXe et de XXe siècle.

Le monisme dans l'Hindouisme actuel

Adi Shankara
Statue de Adi Shanakaracharya à Mysore

La Trimurti, représentation triple de la dinivité, s'articule entre trois figures elles-mêmes multiples :

Ce deux dernières représentations font l'objet de deux points de vue monistes ou non-dualistes dont le rapport à l'Un peut-être simplifié[2] en :

Une quatrième "non voie" est aussi envisageable. Elle est spontanée et concerne des êtres d'exception qui rejoignent Shiva sans aucun apport ou effort.

La philosophie Indienne, de manière assez générale, ne remplaçant pas une pensée par une autre nouvelle mais l'additionnant à celles existantes, ces notions ne s'affrontent pas idéologiquement.

Monisme Bouddhiste

Le Bouddhisme ne se veut ni moniste, ni dualiste, ni pluraliste. L'unité n'oblitère pas la multiplicité, la différence n'oblitère pas l'Identité ; toute chose (y compris l'Absolu) a pour caractéristique la vacuité (Śūnyatā), mais chaque phénomène est ainsi, tel qu'il est, c'est-à-dire Tathata, «ainsité, telléité». L'école Madhyamaka enseigne que tout est vide, sans que cette vacuité forme un substrat identique au Brahman hindou. Cependant c'est à la Tathata, ou à un de ses équivalents, comme le Dharmakaya, que les enseignements des sutras du Tathagatagarbha accordent ce rôle identique. Pour ces derniers la vacuité de Substance n'est pas une vacuité d'essence. Cela dit étant donné qu'on peut se permettre de telles transpositions de concepts occidentaux. Cette essence (svabhava) transcendante est dite présente dans l'ensemble des phénomènes et former leur ultime réalité. [5]

Dans le Mahaparinirvana Sutra du Mahayana le Bouddha Shakyamuni affirme avoir enseigné la Vacuité comme expédient salvifique (Upaya) pour déraciner notre conception du soi des objets et spécifiquement du soi des personnes, à l'origine de notre égarement (samsara), mais, dit-il :Quand j'ai enseigné le non-soi, les sots ont enseigné qu'il n'y avait pas de soi. Par cette méprise, ils sont incapables de comprendre le véritable soi. Voyant cela le Tathatagata a toujours recours aux moyens habiles (Upaya), et il leur apprend à éteindre le feu rageant des innombrables distorsions (Kleshas), et leur révèle et leur explicite le tathatgata-dhatu[6], l'élément ou dimension (Dhatu) de Bouddhéité. Sous la boue des passions ils déterrent le diamant de leur indélébile Nature de Bouddha.

Ici, la profusion des synonymes de cette essence n'est pas qu'un expédient poétique mais une façon, du moins pour les écoles du Mahayana, de verbaliser l'ineffable'ultime'dont l'intuition serait principale à notre libération. En ce sens, la croyance en une seule vérité "toute-inclusive" est un monisme (seul existe authentiquement l'Absolu). Par contre, le Bouddhisme hīnayāna maintient un dualisme marqué entre Saṃsāra et Nirvāna, alors que l'école Cittamātra affirme un certain monisme (seul le mental est réel) et que l'école Madhyamaka n'est ni dualiste ni moniste.

Les enseignements du Tathagatagarbha et ceux de la Non-dualité sont les deux principaux points de rapprochement de l'Hindouisme et du Bouddhisme modernes dans leur approche de la Réalité (Dharma).

Monisme Taoiste

Le Taoïsme enseigne l'unité de tout le réel au sein du Tao[7].

Littéralement l'expression Taï-yi (aussi écrit T'aï-i) veut dire "Grand Un" ou "Un suprême".

L'origine de cette idée de l'Un Suprême remonte au vieux chamanisme chinois. Elle exprime une attitude principalement moniste et enseigne que tout ce qui existe forme une unité organique où tout est dans tout, où tout interagit avec tout, où tout est cause et effet de tout, où tout est interdépendant de tout.

Cette vision du cosmos comme un organisme vivant et intégré est au cœur de la pensée chinoise et induit des applications importantes surtout en matière de médecine.

Dans le Tao Té King, au chapitre XLII, Lao-Tseu écrit :

"Le Tao génère Un"

Le Tao est par conséquent positionné en amont de l'Un absolu qui est tout ce qui existe. Mais si le Tao est "avant" Un, le Tao est par conséquent … zéro, néant, vide, vacuité ….

En termes modernes, ce que nous dit Lao-Tseu, c'est que le Devenir précède et génère l'Être, l'Existence précède et génère l'Essence, le processus précède et génère la structure. Le Tao précède et génère le Taï-yi.

Puisque le Taï-yi concentre en lui tout le cosmos matériel, et que le Tao le précède, le Tao est purement immatériel, par conséquent spirituel. Le spirituel précède et génère le matériel. Le Noûs précède et génère le Cosmos. L'Esprit précède et génère le Monde.
Ceci nous permet par conséquent de dire du Taoïsme qu'il est un monisme spiritualiste : au début était l'Esprit et de lui émane tout ce qui existe, y compris la matière sous toutes ses formes.
On comprend ainsi l'étroite parenté qui unit le Taoïsme philosophique et le vieux chamanisme chinois : si tout émane de l'Esprit, alors cet Esprit habite et anime tout ce qui existe.

Monismes occidentaux

Monisme de la Kabbale juive

Tree of Life, Medieval.jpg

Au monothéisme rabbinique - toujours dualiste, par essence, puisque Dieu et le monde procède de deux natures radicalement étrangères l'une à l'autre - s'oppose ainsi un monisme kabbalistique - un non-dualisme. Le Tao est Un, mais il se manifeste dans les tensions entre Yin et Yang qui sont deux. Transposons : l'Eyn-Sof (l'Un ineffable et absolu des kabbalistes - est Un, mais il se manifeste dans l'ensemble des bipolarités, en particulier entre le monde qui est advenu (la Matière) et le monde qui veut devenir (l'Esprit), entre accompli et inaccompli, entre instant et éternité.
C'est en ce sens que le Dieu biblique porte des noms différents : YHWH, Elohim, Adonaï, El-Elyon, El-Shaddaï, El-Tzébaot, etc … qui sont tout autant de manifestation du Dieu caché, Eyn-Sof.
Le Judaïsme "officiel" est devenu monothéiste du fait des Pharisiens, après la destruction du Temple de Jérusalem en 70 de l'ère vulgaire. Il ne l'était pas. Et la foi hébraïque originelle, celle de Moïse ou de David et Salomon, celle des Juges et des Prophètes, l'était toujours moins.
Le mot Elohim est le pluriel de Elohé qu'on peut rendre par "divinité" : Elohim, ce sont les divinités, par conséquent.
La traduction exacte du premier verset du livre de la Genèse est sans appel : "Dans un commencement, Il créa des Divinités avec le Ciel et avec la Terre".
Qui est ce "Il" ? Rien ne l'indique, mais une chose est certaine, Il est à l'origine de l'émanation d'une pluralité de dieux, d'au moins deux Divinités (une avec le ciel et une autre avec la terre) rassemblées sous le terme Elohim qui est un indiscutable pluriel.

La Kabbale [8] a toujours associé ces Elohim à des forces émanant du Eyn-Sof qui portent, travaillent, ensemencent, pétrissent l'univers physique.
D'aucuns les ont ainsi assimilés aux fameux dix Séphirot ("Figures") de l'arbre séphirotique. Ces dix Figures s'appellent Couronne (signe de la royauté divine), Sagesse, Intelligence, Bonté, Force, Beauté, Victoire, Gloire, Fondement et Royaume (surplombant la totalité de la création). Ces Figures sont ordonnées et hiérarchisées dans une structure connue comme "Arbre" complexe, étagées sur quatre niveaux (celui de l'Emanation en haut, celui de la Formation dessous, celui de la Création ensuite et celui de l'Action tout en bas) et rangées selon trois colonnes verticales (celle de la Rigueur à gauche (Intelligence, Force, Gloire), celle de la Miséricorde à droite (Sagesse, Bonté, Victoire), et celle de l'Harmonie au centre : Couronne, Beauté, Fondement, Royaume).
D'autres associent aux Elohim, qui sont alors cinq, les divers Noms divins mentionnés dans la Torah : El Shaddaï (le dieu champêtre), El Elyon (le dieu d'en haut), El Tzébaot (le dieu des grande variétés), Adonaï (le seigneur), YHWH (le dieu législateur).

Il ressort de tout ceci que la Torah, comme les traditions ésotériques ultérieures, hébraïques et juives, forment un polythéisme fourmillant où il ne reste nulle place pour ce monothéisme bon teint tel que les contemporains chrétiens ou rabbiniques voudraient y trouver.
Au mieux, la Torah laisse-t-elle pencher pour une monolâtrie à l'égard de YHWH qui est , parmi les Elohim, le Dieu d'Israël, ami de certains dieux comme le El-Elyon de Mèlkhytzédèq, le Roi Juste de (Jéru) Salem, et ennemi implacable d'autres comme le Moloch des Cananéens.
La profession de foi juive, le Sh'ma Israël (Deut.  :6;4-5) dit ceci :
"Ecoute Israël
YHWH notre Elohim
YHWH est Un".

L'ambiance hébraïque est clairement polythéiste. Mais derrière ce polythéisme plus ou moins monolâtre, se profile un "Il" qui est celui qui créa les Elohim : "Dans un commencement, Il créa des dieux avec le Ciel et avec la Terre".
Ce "Il" est singulier, inaccessible, inconnu, caché, non manifesté, mais il est l'origine et la fin de toutes choses, de l'ensemble des hommes, de l'ensemble des mondes et de l'ensemble des dieux. "Il" est ce Un qui est le Brahman des Indes et le Tao de la Chine. "Il" est le Eyn-Sof des Kabbalistes.
YHWH, alors, devient l'expression purement et particulièrement hébraïque - et par suite, juive - de ce Un suprême et ultime. Dieu est unique, mais il porte plus d'un nom.
Les Hébreux pensent le Un ultime au travers d'un des Elohim : YHWH, porteur de sa révélation propre, de sa Loi propre et de sa Promesse propre, bref de son Alliance propre avec Lui.

Monisme des Mystiques chrétiens

Maître Eckart

Le portail de maître Eckhart au prieuré d'Erfurt.

Benoît Beyer de Ryke écrit : "Chef de file de la mystique dite “rhénane” ou “allemande”, Maître Eckhart (vers 1260–1328) est probablement l'un des plus grands auteurs spirituels du Moyen Age. Dominicain, Maître en théologie de l'Université de Paris, Eckhart est l'auteur d'une œuvre latine inachevée. Comme directeur spirituel, il développa une intense activité de prédication en allemand auprès de religieuses et de béguines déjà suspectées par l'autorité ecclésiale de véhiculer des thèses hétérodoxes, ce qui lui valut les foudres de l'Inquisition et du pape Jean XXII qui, en 1329, fulmina contre lui la bulle In agro dominico.
Ses deux principaux disciples, Johannes Tauler et Heinrich Suso, répandirent cependant sa pensée. Par eux, la mystique rhénane exerça une influence à l'échelle européenne. Il fallut attendre le XIXe siècle pour que soit redécouverte l'œuvre de Maître Eckhart lui-même, prélude à une série d'interprétations quelquefois extravagantes de sa doctrine. Mais Eckhart est en particulier un personnage fascinant, théologien et mystique du XIVe siècle, qui actuellement suscite un réel attrait chez nos contemporains. "

Ce Prince des mystiques, Maître Eckart, refonde l'apophatisme à sa manière et pourfend, d'une seule phrase, tout prétention théologique :

"Pourquoi discourez-vous au sujet de Dieu ?
Ne savez-vous pas que tout ce que vous dites de lui est faux ?"

Il paiera cher son audace.
Maître Eckart (1260-1327), de son vrai nom Eckart von Hochheim, fut un moine dominicain qui enseigna à Paris à la Sorbonne, et qui prêcha à Cologne ainsi qu'à Strasbourg avant d'administrer la Province dominicaine de Teutonie. Sur dénonciation de deux de ses "frères" dominicains, il fut trainé devant l'Inquisition et finit par être condamné en Avignon dans une bulle du Pape Jean XXII. Il en mourut sur le chemin du retour.
Le fait que Maître Eckart prêchait en public en langue vernaculaire plutôt que d'écrire en latin dans des traités réservés aux doctes, fut certainement pour énormément dans sa condamnation pour hérésie. La papauté et son bras inquisitorial ne prisent guère de tels courts-circuits de la cléricature.

Maître Eckart fut condamné sur base d'une suspicion de panthéisme. Il n'était pas panthéiste mais prônait un panenthéisme moniste. Tout n'est pas Dieu, mais tout est en Dieu, et Dieu est ce Un sans second qui contient tout. L'adage "Tout ce qui est en Dieu est Dieu " lui va à ravir et lui sert à développer sa théorie de la divinisation de l'homme : l'homme peut devenir Dieu (imaginez l'odeur d'hérésie que ceci souleva dans les cénacles de l'Inquisition). L'homme peut entrer vivant en Dieu parce qu'il est déjà Dieu, parce qu'il est une vague humaine sur l'océan divin. Il suffit de se détacher de l'illusion égotique de la vague pour commencer à plonger dans le Divin. Détachement, par conséquent.

Maître Eckart a d'ailleurs écrit un texte sublime : "Traité du détachement". Un texte petit par son volume, mais immense par sa portée[9]. On croirait lire une upanishad.
Eckart écrit, dans ce traité :
"J'ai lu énormément d'écrits tant de maîtres païens que de prophètes, de l'Ancien et du Nouveau Testament, et j'ai cherché avec sérieux et tout mon zèle quelle est la plus haute et la meilleure vertu par quoi l'homme peut le mieux et le plus étroitement s'unir à Dieu et devenir par grâce ce que Dieu est par nature, et pour que l'homme soit le plus comparable à son image quand il était en Dieu, dans laquelle il n'y avait pas de différence entre lui et Dieu, avant que Dieu formât les créatures. Et quand je pénètre tous ces écrits tout autant que le peut ma raison et qu'elle est capable de le reconnaître, je ne trouve rien que ceci : le pur détachement est au-dessus de toute chose, car l'ensemble des vertus ont quelque peu en vue la créature, tandis que le détachement est affranchi de l'ensemble des créatures. "
Il n'y a rien à y ajouter. Tout est dit. Le détachement est la voie vers le Divin qui est déjà là, en nous, mais que nous ne voyons pas, que nous ne vivons pas, par aveuglement, aveuglés que nous sommes par nos attachements.

Il y a de nombreuses connexions entre la pensée de Maître Eckart et le mouvement mystique des Béguines et des Bégards. L'ouvrage "Le miroir des simples âmes anéanties" de Marguerite Porète, brûlée vive à Paris en juin 1310, est clairement eckartien. L'inquisiteur qui instrumenta ce "procès" infâme, résidait, d'ailleurs, dans le même couvent que Maître Eckart. Vengeance ?
Ce mouvement des Béguines et Bégards est typiquement flamand. On trouve toujours, dans certaines villes flamandes, des béguinages, sorte de cités qui abritaient ces communautés mystiques laïques. Le mouvement se développe, à partir du XIIème siècle, comme une réseau de communautés de femmes (fréquemment veuves) et d'hommes qui, sans prononcer aucun vœu monastique, ni accepter quelque allégeance que ce soit, vouent leur vie communautaire à la contemplation divine ainsi qu'à la prière. Au XIIIe siècle, le mouvement, touché par les idées du Libre-Esprit et l'hérésie de Gérard Segarelli, suscite la réprobation de l'Église. En 1311, le concile de Vienne condamne pêle-mêle, sous l'appellation de Bégards, les partisans du Libre-Esprit, les Apostoliques, les Fraticelles et les Béguines catholiques, qui se voient contraintes, pour échapper à la répression, de se soumettre à la règle de l'ordre franciscain. Ceci sonna le glas de leur déclin.

Maître Eckart eut des disciples et des continuateurs. Les plus célèbres sont Tauler et Susa, ses disciples allemands, et le flamand, ermite de Grœnendæl (le "Val vert") près de Bruxelles, Jan van Ruysbrœck.

Teilhard de Chardin

Pierre Teilhard de Chardin

Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) fut, à la fois, un jésuite enflammé de Mystique et un scientifique spécialisé en paléontologie.
Dès 1925, ses difficultés avec le Vatican débutent. Elles dureront trente ans et , malgré tout, Teilhard restera fidèle à sa foi ainsi qu'à ses vœux, surtout d'obéissance.
L'Eglise lui interdira d'enseigner et de publier malgré qu'il soit vite reconnu comme un des grands paléontologues de son époque. Pierre fut renié par son Eglise. Persécuté, même, moralement.
A quelque particulièrement rares exceptions près, toutes ses œuvres ont été publiées par sa fidèle amie Jeanne Mortier, à titre posthume. Son ouvrage le plus fameux "Le phénomène humain" sera édité l'année de sa mort. Il fut suivi par "L'Apparition de l'Homme" (1956), "La Vision du Passé" (1957), "Le Milieu Divin" (1957), "L'Avenir de l'Homme" (1959), "L'Énergie Humaine" (1962), "L'Activation de l'Énergie" (1963), "La Place de l'Homme dans la Nature" (1965), "Science et Christ" 1965, "Comment je crois" (1969), "Les Directions de l'Avenir" (1973), "Écrits du Temps de la Guerre" (1975) et "Le Cœur de la Matière" (1976). "La Vie cosmique" avait été publié en 1916, et "Puissance spirituelle de la Matière" en 1919.
Sion texte certainement le plus mystique "Messe sur le Monde", écrit dans le désert des Ordos en Chine, date de vers 1925.

Que reprochaient les autorités vaticanes à Teilhard ? Toute son œuvre est habitée par deux moteurs sulfureux : l'holisme et l'évolutionnisme. Voyons cela.

Le holisme

Le Holisme est une doctrine qui voit le réel comme un tout indissociable : Tout est Un et l'homme en est une infime manifestation locale et éphémère. Le mot "holisme" vient de l'adjectif grec ôlos qui veut dire "entier, complet" qui a aussi donné holistique ou hologramme ou holographie.
Avec une telle position holistique, Teilhard se rapproche fort des traditions vedantine et taoïste (ce qui n'est guère trop étonnant de la part d'un chercheur qui a passé plus de la moitié de sa vie en Chine). Mais le holisme, parce qu'il affirme l'unité du Tout, nie nécessairement le fondement parfaitiste, par conséquent dualiste, de la doctrine chrétienne. Pour le Teilhard holistique, Dieu EST le tout du Tout, Il EST ce Un qui unit et unifie le Tout. De là à le suspecter au mieux de panenthéisme, au pis de panthéisme, il n'y aurait qu'un pas que maints prélats ont allègrement franchi sans vraiment le dire. Comme on le verra plus loin, Teilhard de Chardin est bien proche, par maints aspects de sa pensée, d'un Spinoza. Pourtant, Teilhard reste aussi fidèle à la pensée d'Augustin d'Hippone dont l'idée de "plan divin", telle que décrite dans "La Cité de Dieu", corroborait assez l'idée d'évolution du Tout vers un plérôme à venir.

L'évolutionnisme

L'évolutionnisme est la seconde mamelle qui nourrira Teilhard de Chardin.
Le concept d'évolution est une profonde révolution (ô ironie des mots …) dans l'histoire de la pensée occidentale. Celle-ci, à quelques exceptions près comme Héraclite ou Nietzsche, a toujours été à la recherche des briques élémentaires immuables dont les assemblages et combinaisons pouvaient rendre compte du monde. Cette quête d'immuabilité est le cœur et le centre de la civilisation helléno-chrétienne qui ne voit dans le changement – par conséquent dans l'évolution – qu'un "accident" (au sens scolastique). La pensée occidentale est définitivement allergique à l'éphémère, à l'impermanent, au turbulent.

C'est néenmoins le grand défi actuel que de virer cette cuti-là : depuis près de deux siècles, tout démontre, pas à pas, que la quête d'immuabilité est vouée à l'échec et que le Réel est en premier lieu mouvement, métamorphose, création, impermanence, turbulence : rien n'est permanent, rien n'est écrit, rien n'est préétabli car tout s'invente et se crée perpétuellement. Le mythe ancestral de l'ordonné et du géométrique s'effondre : les astrophysiciens savent à présent que l'ordre céleste newtonien et l'harmonie des sphères coperniciennes ne sont que particulièrement apparents et que la réalité du ciel rejoint celle de la terre en ceci qu'elle est illimitément complexe, chaotique, turbulente et instable à l'ensemble des échelles.

La révolution évolutionniste, par conséquent …
Il y eut un "avant l'homme" … on peut par conséquent parier qu'il y aura un "après l'homme".
Voilà le nœud de la révolution évolutionniste.
La révolution copernicienne avait déjà sorti l'homme du centre de l'univers pour le reléguer sur une misérable planète d'une petite étoile à la périphérie d'une banale galaxie. L'homme devint alors spatialement marginal. Mais il croyait rester le centre du temps : centre, sommet et but de l'histoire cosmique. L'homme apogée et finalité du Tout. Même ce rêve-là, la révolution évolutionniste l'a brisé irrétermement. L'homme n'est qu'une pierre du chemin, il n'en est pas la destination.

Cette marginalisation de l'homme (proclamée depuis 3000 ans par Héraclite et Lao-Tseu), l'Occident a bien du mal à la digérer. L'orgueilleuse pensée occidentale avait fait de l'homme "la mesure de toute chose" et le centre de l'univers. Dieu lui-même n'était plus que son faire-valoir. Mais ce Dieu de l'Occident chrétien, créé à l'image de l'homme pour la gloire de l'homme par l'orgueil de l'homme, n'a pu résister à l'évolutionnisme : l'homme n'est ni centre, ni sommet, ni but de rien, et aucun Dieu n'est crédible s'Il affirme le contraire !
L'homme est un des chemins de Dieu, mais pas son chef-d'œuvre …

Le problème est profond : c'est tout le procès de l'idéalisme platonicien qu'il faut instruire.
De deux choses l'une : ou bien le mouvement est un accident dans les mondes inférieurs et épiphénoménaux et l'absolu est bien immuable (un Dieu extérieur au monde, figé dans son illimitée perfection éternelle), ou bien le mouvement est l'essence même du Réel et rien, pas même Dieu, n'est immuable, achevé, accompli et fixe.
Ou Platon, ou Héraclite !
Ou l'Être, ou le Devenir !
Ou l'totalement absolu, ou l'assez relatif !
L'Occident chrétien s'est bâti tout entier sur le mythe platonicien de la caverne : l'homme errerait en aveugle dans une caverne où il ne percevrait du Réel que des ombres projetées sur les parois de sa finitude par le soleil immuable de l'Idée de Bien.
Le nœud du mythe réside bien dans la croyance forte en l'existence de ce soleil fixe et immuable, dans cette Idée préétablie, idéale, éternelle et définitive du Quoique les chrétiens ont identifiée à leur Dieu préexistant à tout, parfait, éternel et complètement étranger à l'ensemble des vicissitudes des mondes sublunaires.
Face à ce mythe délabré par les observations récentes, la pensée contemporaine prend le large, se libère, se désemprisonne et s'évade : il n'y a rien de préétabli, il n'y a rien d'immuable, il n'y a rien d'absolu puisque tout se transforme, puisque tout se crée tout le temps, puisque rien n'est permanent.
Le monde réel n'est pas la projection floue et tremblante d'un monde parfait prédéfini, niché quelque part auprès d'un Dieu extérieur, étranger et inaccessible. Non ! Le monde réel est l'unique monde, il est en création continue et en métamorphose perpétuelle : il est la chair et la manifestation d'un Dieu inaccompli qui se crée et se construit dans l'espace et dans le temps !

Mystique teilhardienne

Il est paradoxal que ce soit exactement un prêtre jésuite chrétien qui ait formulé si radicalement le changement de paradigme induit par la conscience évolutionniste. La vie d'un homme fidèle et droit, saccagée jusqu'à la souffrance insoutenable, par l'aveuglement des institutions religieuses de son temps.

C'est bien de mystique qu'il faut parler. L'évolutionnisme est plus qu'un courant scientifique : c'est une philosophie du temps, c'est une métaphysique du devenir, c'est une mystique de l'accomplissement.
Derrière l'apparence posée et sereine du mot, se cache une force inouïe de destruction massive des certitudes et repères classiques : si tout évolue, c'est que rien n'est fixe ! Si rien n'est fixe, si tout est mouvant, impermanent, fluant, alors rien n'est certain, rien n'est assuré, rien n'est acquis : tout est vivant, tout est à créer, à inventer, à construire, partout, tout le temps.

Derrière tout cela, il y a de l'existentialisme, évidemment. Un manière d'apologie de la liberté et de la créativité.. et par conséquent de la responsabilité. Car, si tout est à créer ainsi qu'à inventer ainsi qu'à construire, celui qui ne bâtit rien (c'est le cas majoritaire) est aussi coupable que celui qui bâtit mal. Coupable ? Mais coupable comparé à quelle Loi, comparé à quel Dieu, comparé à quel Jugement ou Juge ? Ni lois, ni dieux, ni juges. Coupable comparé à son propre accomplissement, uniquement, et c'est déjà énorme …

Dès lors qu'on quitte les roches artificielles de l'idéalisme, la pensée affronte les sables mouvants. Tel est le grand défi de l'Occident à l'âge noétique : rompre les artificielles et illusoires amarres avec le fixe imaginaire d'un quai irréel et prendre le large.
Assumer l'impermanence et l'incertitude. Se nourrir de mystère et d'inconnu. Vouloir le Réel en toute inconnaissance. Renoncer aux artificielles sécurités de la survie carcérale et plonger dans les risques de l'aventure de Vie vraie.
Créer ! Créer tout, partout, tout le temps … Créer les mondes à venir. Créer tout ce qui reste à créer, à inventer, à construire. Créer la Vie et l'Esprit qui peupleront la Terre demain matin.
Se créer, en définitive, et , se créant, créer le monde alentour et le rendre plus beau.

Pour Pierre Teilhard de Chardin, l'évolution a un début : le point Alpha (la première lettre de l'alphabet grec), et une fin : le point Oméga (la dernière lettre de ce même alphabet). Ceci est fidèle à la parole christique : "Je suis l'alpha et l'oméga".
Et exactement, Teilhard identifie le point Oméga à la parousie : le fin de l'univers est le plein accomplissement du Christ cosmique. Tout est Dieu et Dieu s'accomplit par le monde qui se complexifie, qui se spiritualise jusqu'à pleinement réaliser le Christ qui est Dieu accompli. Teilhard voit cette évolution passer de la lithosphère minérale à la biosphère vivante pour, ensuite, créer une noosphère idéelle, psychique, mentale, spirituelle qui reliera entre eux, l'ensemble des esprits, l'ensemble des âmes en l'Esprit et l'Âme du Christ qui vient.

Pierre Teilhard de Chardin fut le premier à faire la synthèse des sciences évolutives (en biologie avec Lamarck, en premier lieu, et Darwin, ensuite ; en géologie avec Vernadski ; en cosmologie avec Friedman, Lemaître et Gamow) et des vues théologiques sur le plérôme et la parousie.

Monisme de Spinoza

Baruch Spinoza (1632-1677), dit aussi Benedictus d'Espinosa, est un juif sépharade issu d'une famille expulsée d'Espagne en 1492 et ayant émigré vers Amsterdam, en Hollande.
Baruch fait de bonnes études tant philosophiques que juives. Il connait mais n'adhère guère. Il se rebelle. Il critique. Il subira le'hérèm qui est l'excommunication de la communauté "portugaise" d'Amsterdam. Il ne pourra plus fréquenter les Juifs et les Juifs ne pourront plus le fréquenter.
Il enseigne, taille et polit des verres, déménage, circule, correspond. Se cache aussi, quelquefois. Un fanatique tentera même un jour de l'assassiner à coup de poignard.

Spinoza
Baruch Spinoza

La grande illumination de Spinoza tient en trois petits mots latins : Deus sive Natura ce qui veut dire "Dieu c'est-à-dire la Nature". Panthéisme ? On le lui en a fait le reproche et le procès. Mais Spinoza n'accepte pas cette étiquette car, pour lui, la Nature est énormément plus que la collection des phénomènes visibles. Une autre étiquette, au risque d'anachronisme, serait plus séante : immanentisme.
L'immanence sert à désigner un type de rapport. C'est un terme qui sert à désigner la relation de l'attribut "pensée" et de l'attribut "étendue" dans l'Éthique de Spinoza. L'immanentisme de Spinoza s'oppose au dualisme de Descartes. D'une façon plus générale, le terme "immanentisme" sert à désigner la relation entre deux attributs, par exemple le corps et l'esprit, et d'une façon plus générale le matériel et le spirituel.
Descartes affirme en effet que la matière et l'esprit sont deux substances différentes (cfr. "Méditations métaphysiques"). Il affirme cependant dans le "Traité des passions" que l'esprit a un pouvoir sur le corps. Descartes ne parvient pas à expliquer clairement les rapports de ces deux substances.
Par contre, Spinoza affirme clairement au livre III de "l'Éthique" que "l'esprit est l'idée du corps". Spinoza ne pose pas deux substances, mais une seule ce qui est bien le sens métaphysique du Deus sive Natura. Cette substance possède cependant une illimitété d'attributs.
Gilles Deleuze, dans "Qu'est-ce que la philosophie ?", écrit un chapitre sur le plan d'immanence, qu'il définit ainsi : "Le plan d'immanence n'est pas un concept, ni le concept de l'ensemble des concepts. [... ] Les concepts sont comme les vagues multiples qui montent et qui s'abaissent, mais le plan d'immanence est la vague unique qui les enroule et les déroule". Gilles Deleuze pense l'immanence comme un plan : ce plan est à l'opposé du transcendantalisme kantien.
L'immanentisme inspire et nourrit une part importante de la science moderne, et il entre fréquemment en conflit avec la religion - au moins catholique.
Ce dispositif a été condamné dans l'encyclique Pascendi en 1907, condamnation réitérée par Jean-Paul II en 1998 dans l'encyclique "Fides et ratio", et par Benoît XVI à Ratisbonne en 2006. L'immanentisme n'est par conséquent pas particulièrement en odeur de sainteté.
Pourtant, l'immanentisme procède de la plus haute spiritualité. Pour lui, Dieu n'est pas en dehors de l'univers, ni au-dessus, ni à côté. Dieu est à la source ainsi qu'à la base de l'univers. Il en est la chair et l'âme. Il en est la substance et le moteur. Tout est Dieu, Tout participe de Dieu, Tout est en Dieu, Tout est par Dieu.
Les vagues et l'océan, toujours. Dieu est l'océan et l'ensemble des étants en sont les vagues superficielles. Le monde est le vêtement, la peau de Dieu. Cela va énormément plus loin que ce panthéisme dont on a cru pouvoir accuser Baruch Spinoza.

On doit à Baruch Spinoza une deuxième illumination fulgurante et puissante : celle du Conatus.
Baruch sent bien, au fond de lui, que tout ce qui existe est habité d'un désir de devenir, d'un désir de réaliser l'ensemble des envisageables et l'ensemble des potentiels. Après lui, Schopenhauer appellera cela le vouloir-devenir, Nietzsche l'appellera la volonté de puissance et Bergson l'appellera l'élan vital. Avant lui, déjà, Aristote avait parlé d'entéléchie.
De quoi s'agit-il ? de comprendre que rien n'est vraiment compréhensible sans cette hypothèse majeure et géniale que tout ce qui existe est mû par une profonde intention de s'accomplir en plénitude.
Accomplissement, par conséquent. Aller au bout de soi. Aller au bout de tous ses talents. "Deviens ce que tu es", emprunte Nietzsche à Augustin d'Hippone. Toute l'éthique de Spinoza est fondée sur le conatus qui, somme toute, est le désir au sens le plus noble et le plus fécond de ce terme.
Le désir : curieux retournement que le retour de cette notion néenmoins beaucoup critiquée, vilipendée, huée par tant de philosophes et de religieux. Mais peut-être faut-il accuser une confusion entre ce Désir d'accomplissement - qui est un désir spirituel, de l'âme - et ces envies de consommation ou ces besoins d'accaparement qui aliènent nos existences ? Comme il faut aussi accuser la confusion parallèle entre la Joie au sens noble et les plaisir aux sens vulgaires, n'en déplaise à Michel Onfray.

En réunissant l'Esprit et la Chair, et en réhabilitant le Désir, Baruch Spinoza est certainement le plus antichrétien des philosophes, mais également, le plus avant-gardiste des mystiques : le XXIème siècle sera spinoziste, ou ne sera pas.

Monisme dit Neutre

Doctrine qui enseigne que l'esprit et la matière sont dérivés d'un principe commun. Elle est défendue, entre autres, par Whitehead et Bertrand Russell. Ce dernier pense que ce principe est inconnaissable dans l'état actuel de la science (voir Science et religion)

Monisme panenthéiste ou théomoniste

Expression employée par Henry Corbin pour distinguer la doctrine d'Ibn Arabi du panthéisme qui naturaliserait Dieu au lieu de diviniser l'univers. Cette doctrine enseigne «l'unicité de l'être» selon quoi, il n'y a que Dieu à être et en dehors de Dieu que le néant.

Notes

  1. L. de Milloué [Conservateur du Musée Guimet], Le brâhmanisme. Paris : Dujarric et Cie, Éditeurs, 1905, 239 pp. Collection : Les religions des peuples civilisés.
  2. A. Astier, Comprendre l'Hindouisme, 2006
  3. http ://non-dualite. fr/advaita_vedanta/ellam_onru. html
  4. Wittgnestein, Tractatus logico-philosophicus
  5. Wiki anglophone :et
  6. Nirvana Sutra : : Appreciation of the "Mahayana Mahaparinirvana Sutra"<!-- Titre généré automatiquement -->
  7. Marc Halevy, "Le taoïsme", Editions d'Organisation, Eyrolles pratiques, 2009
  8. Marc Halevy, Aux sources de la Kabbale et de la Mystique juive, 2007
  9. Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart, Une mystique du détachement, http ://www. scribd. com/doc/2935315/Maitre-Eckhart-une-mystique-du-detachement

Voir aussi

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