Lü Dongbin

Lü Dongbin ou Lu Tong-pin est un alchimiste taoïste semi-légendaire et divinisé de la dynastie Tang, personnage important du courant Jindan et de l'alchimie interne.



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Huit immortels - Culture taoïste - Taoïsme - Courant philosophique - Alchimiste chinois

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  • Lü Dongbin est représenté avec une épée. Ce dieu chinois est un immortel protecteur.... Zhongli Quan (Han Zhongli) est un dieu chinois assez rondouillard, ... (source : lachineuse)
  • ... Lu Dongbin fait partie des huit Immortels, les Ba Xian, du taoïsme.... Lu Dongbin rencontra dans une auberge un homme nommé Han Zhongli.... (source : french.beijingreview.com)
  • invariablement joue par les immortels Zhongli Quan, l6, . Lu. Dongbin et Liu Haichan..... de Zhongli Quan et Lu Dongbin, est florissante sous les Song et ... (source : jstor)

Lü Dongbin (c. t.  : ??? ; c. s.  : ???) ou Lu Tong-pin est un alchimiste taoïste semi-légendaire et divinisé de la dynastie Tang, personnage important du courant Jindan[1] et de l'alchimie interne (courant Zhonglü ?????). Il est reconnu par l'école Quanzhen comme l'un de ses Cinq ancêtres du Nord (???). C'est aussi le plus connu des huit immortels, chef du groupe en alternance avec Zhongli Quan dont il serait un disciple[2]. Le folklore populaire fait parfois de He Xiangu sa disciple et imagine une intrigue romantique entre les deux personnages.

Jeune et célibataire, il aurait abandonné un poste de fonctionnaire pour une vie d'ermite. Devenu disciple de Zhongli Quan, il se sépara de son maître une fois son apprentissage terminé et resta sur la terre au lieu profiter avec lui des plaisirs des cieux. Sa riche légende le présente comme compatissant, particulièrement sage et particulièrement puissant, mais également quelquefois comme excentrique, épris du vin et des femmes.

Il existe en Chine plusieurs temples dont il est la divinité principale et il est connu sous différents noms divins ; son anniversaire est fêté le 14 du 4e mois lunaire ou le 4 du 1er mois. Suivant le succès des courants Neidan puis Quanzhen auprès des empereurs Song, Jin et Yuan, il reçut des titres divins de Huizong[3] et Kubilai Khan[4].

Il est représenté vêtu en fonctionnaire, portant une épée qui peut écarter le mal et détruire les passions mauvaises, et quelquefois un chasse-mouche, insigne des religieux.

Éléments biographiques

Représentation de Lü Dongbin

La plupart des sources lui donnent comme prénom Yan (?, ? ou ?), et comme nom religieux Chunyangzi (???), «Maître du yang pur». Il serait né en 796 sous l'empereur Dezong (??) des Tang à Yongle (???), actuel xian de Ruicheng au Shanxi, ou vers la fin de la dynastie (IXe siècle) dans le district de la capitale (Jingzhao ??), Chang'an au Shaanxi ; l'Histoire des Song (??) en fait une connaissance de Chen Tuan (??) (872-989), créateur du premier taijitu, ce qui serait compatible avec la seconde hypothèse. Selon la première version, plus courante, il aurait réussi le concours mandarinal en 825, mais aurait décidé rapidement d'abandonner son poste pour se retirer dans les monts Zhongnan (???) près de Changan – comme le fera plus tard Wang Chongyang. C'est lors d'une excursion à la capitale qu'il aurait rencontré Zhongli Quan qui lui aurait remis ses secrets alchimiques après lui avoir imposé dix épreuves. Certaines sources le font aussi rencontrer l'immortel du Dragon de feu (????), un autre taoïste légendaire de l'époque.

Légende

Lü Dongbin est depuis les Song du Nord [5] au centre d'un riche folklore propagé par les courants taoïstes et la littérature populaire écrite et orale.

Temple Chi-nan (???) de Mu-cha, Taïwan, consacré à Lü Dongbin

La plupart des légendes insistent sur sa compassion et son sens social tout autant que sur son savoir-faire alchimique et ses dons d'immortel, témoignant de l'esprit du taoïsme post-Tang qui revendique ouvertement, au nom de la communauté principale des Trois enseignements[6], certains idéaux issus du bouddhisme ou du confucianisme. Ainsi, il renonce à suivre Zhongli Quan dans les terres d'immortalité pour se consacrer à sauver l'ensemble des êtres en ce bas-monde, ce qui est un décalque du vœu de bodhisattva. Dans la même veine, il renonce à une technique servant à transformer pour 500 ans un vil métal en or, par crainte de léser celui qui serait son propriétaire au moment de l'échéance fatidique. L'expression «Le chien qui mord Lü Dongbin» évoque une personne incapable de reconnaître une bonne intention[7].

Statue de Lü Dongbin dans le temple de Pak Tai, Wan Chai

Un autre courant du folklore populaire aime par contre en faire un héros anti-conformiste, excentrique, astucieux, buveur et coureur[8], ce qui ne diminue d'ailleurs en rien son prestige aux yeux des fidèles. Une tradition de certaines régions comme Taïwan veut que les couples évitent de se présenter ensemble devant lui car il essaierait de les séparer ; certains prétendent qu'il agit par dépit à cause de son échec auprès de He Xiangu. Le clergé taoïste, pour sa part, dément le bien-fondé de cette croyance[9].

Il est devenu dans le théâtre de Ma Zhiyuan des Yuan le héros du Rêve du millet jaune (??? Huangliangmeng). Il s'y endort dans une auberge près de la capitale tandis qu'on met à cuire du millet, et voit en rêve dix-huit ans d'existence : il devient fonctionnaire, obtient les honneurs et une famille heureuse, pour finalement tout perdre. Quand il se réveille, le millet est juste cuit et il comprend que son rêve est une illusion suscitée par Zhongli Quan. Il décide de le suivre et de devenir ermite[10].

La littérature populaire des Ming et des Qing[11] voit quelquefois en lui une incarnation de l'immortel Donghua (????)  ; L'encyclopédie des immortels (??????) en fait une incarnation de Huangtan (???), personnage mythique de l'antiquité.

Textes

De nombreux poèmes de l'Intégrale de la poésie Tang (??? Quantangshi) portent son nom, mais aussi des textes taoïstes rassemblés avec les anecdotes le concernant dans la Monographie du patriarche Lü (??? Lüzuzhi) du canon taoïste. L'Histoire des Song lui attribue l'ouvrage alchimique Juizhen yushu (????) et Richard Wilhelm voit en lui le fondateur du courant jindan et la source principale de La Fleur d'or de la grande Unité (?????? Taiyi jinhua zongzhi).

Statue de Lü Dongbin dans le temple de Handan

Notes et références

  1. Son fondateur selon Richard Wilhelm, qui lui attribue le contenu de base de La Fleur d'or de la Grande Unité (Taiyi jinhua zongzhi ??????)
  2. Les Huit Immortels obtiennent le Dao (?????) renverse les rôles.
  3. Miaotong zhenren (????) en 1119
  4. Chunyang yanzhengjinghua zhenjun ('????????) en 1269
  5. Dans le Yijianzhi (???) par exemple.
  6. Sanjiao (??)  : taoïsme, confucianisme et bouddhisme
  7. Gŏu yăo Lǚ Dòngbīn bù shì haǒ rén xīn (?????, ?????) serait en fait dérivé par similitude phonétique de Gou Miao et Lü Dongbin (?????)  ; l'histoire relate comment les deux personnages agissent l'un vis à vis de l'autre d'une façon qui peut être mal interprétée, mais ils s'accordent le bénéfice du doute et deviennent amis Ressources pédagodique du collège Longjin, Taïwan
  8. Lü Dongbin trois fois îvre au pavillon Yueyang (????????), Lü Dongbin vend des tangyuan (??????) et autres histoires rassemblées dans Les exploits merveilleux du Seigneur du yang pur (?????????) de Miao Shanshi (???) des Yuan, ou encore Lü Dongbin va trouver Pivoine blanche (???????). Pivoine blanche est une prostituée célèbre de la dynastie Song et le véritable héros du texte serait un certain Yan Dongbin (???) (voir réf. suivante).
  9. Lü Dongbin innocent, par un membre du conseil d'administration du temple Chi-nan, Taïwan
  10. Une version antérieure écrite sous les Song par Li Fang (??), contenue dans l'Encyclopédie impériale (????), mentionne un "vieux Lü" (?? lü wēng) à la place de Zhongli Quan et un "jeune Lu" (?? Lu Sheng) à la place de Lü Dongbin.
  11. Les Huit Immortels obtiennent le Dao (?????), Le Voyage en Orient (???)

Voir aussi

Huit immortels | Zhongli Quan | Quanzhen | Jindan

Bibliographie

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