Leucippe

Leucippe est un philosophe présocratique grec, inventeur de l'atomisme philosophique. Actif vers 440 av. J. -C., maître de Démocrite.



Catégories :

Philosophe présocratique - Décès en -370

Recherche sur Google Images :


Source image : fr.wikipedia.org
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Pour parler juste, il faudrait par conséquent appeler le commencement des choses une... Démocrite (460 à 370 à peu près avant J. -C. ), disciple de Leucippe, est né à Abdère.... il développe ainsi la première physique matérialiste qui exclut... (source : mapage.noos)
  • Né vers 460, Leucippe est fréquemment reconnu comme le premier philosophe... d'un trouble physique que le médecin et non le prêtre doit chercher à guérir.... Quand Protagoras écrit que "l'homme est la mesure de toutes choses ", ... (source : culture.revolution.free)
Portrait parfait de Leucippe

Leucippe (en grec ancien Λεύκιππος / Leúkippos) est un philosophe présocratique grec (v. 460 – 370 av. J. -C. ), inventeur de l'atomisme philosophique. Actif vers 440 av. J. -C., maître de Démocrite (actif vers 433 av. J. -C. ).

Biographie

Peu de choses de sa vie sont connues. Selon la tradition, Leucippe est né à Milet vers 460 av. J. -C. (comme Démocrite aussi peut-être). Selon d'autres sources (Diogène Laërce, IX, 30), à Élée ; enfin, on le fait quelquefois citoyen d'Abdère. Il aurait été le contemporain d'Empédocle et Anaxagore, et l'élève de Zénon d'Élée ou même de Parménide. Pour certains (dont Erich Frank, 1923), Leucippe était sous influence pythagoricienne.

Comme nous ne possédons que peu de fragments se rapportant au philosophe, Leucippe pourrait être reconnu autant comme un homme qu'une femme, mais aussi le propose Jean-Paul Dumont.

Doctrine

Physique : atomes et vide

Leucippe est certainement le fondateur de l'atomisme, quoique le nom de Mochos, un Phénicien dont on ignore tout et qu'on connaît par l'unique allusion de Sextus Empiricus qui lui prête l'invention de l'atome, une position physique à laquelle on peut probablement associer, en vertu du principe transcrit chez les suivants, de Leucippe à Lucrèce en passant par Épicure, une éthique hédoniste. Nous ne possédons aucune de ses œuvres à proprement parler : elles sont comprises dans celles de Démocrite, et il est quasiment impossible de distinguer leurs idées respectives. L'existence même de Leucippe est sujette à caution : selon Diogène Laërce, Épicure doutait de son existence. Aristote et Théophraste le citent explicitement comme étant à l'origine de la théorie atomiste. On lui attribue un traité Sur l'intellect quoique selon certains historiens [1] ce traité ne soit qu'un extrait d'un ouvrage plus vaste dit La grande cosmologie.

Selon cette théorie, les principes premiers de la réalité sont le plein, le vide et le mouvement :

«Il estimait que l'ensemble des choses sont infinies et se transforment mutuellement les unes dans les autres, et que l'univers est à la fois vide et rempli de corps.» (Diogène Laërce, IX, 30)

Cette pensée radicale retire aux dieux leurs potentialités spirituelles, fait de l'âme une chose matérielle et rend les arrières-mondes impossibles. Les dieux, l'âme et les autres mondes deviennent par conséquent réalité perceptibles, concrètes. Selon Michel Onfray, «Leucippe arrime les hommes à l'unique dimension du réel». Remarquons que cette pensée est émise au moment où les mythes, fables et religions commencent à être mis en doute.

Les différences entre les choses sont analysables en fin de compte par une combinaison de qualités des atomes qui les forment. Leur poids, leur forme, leur vitesse, leur direction, leurs positions respectives donnent à chaque chose sa configuration caractéristique. L'atomisme de Leucippe a été repris et popularisé par son élève Démocrite. Aux théories physiques et cosmologiques originales, ce dernier ajoutera en propre les conséquences éthiques qu'il convient de tirer de la physique de Leucippe. Il est cependant envisageable que Leucippe ait aussi une éthique, découlant logiquement de sa physique matérialiste.

Dans son ouvrage De ira Dei, (De la colère de Dieu), écrit vers 320 après Jésus-Christ, Lactance qui combat les idées de Leucippe écrit : «Les anciens philosophes expliquaient que tout est constitué par quatre éléments.» Lui, (Leucippe) n'a pas voulu de cette explication par peur de paraître marcher sur les traces d'autrui ; mais il a prétendu que ces éléments eux-mêmes avaient pour origine d'autres éléments qu'on ne pouvait ni voir, ni toucher, ni percevoir par aucune partie du corps ; ils sont si ténus dit-il, qu'il n'y a pas de lame de fer assez fine pour pouvoir les couper et les diviser ; ensuite, il leur a donné le nom d'atome. (Lactance 10, 1, 5)

Physique : les simulacres

L'agencement des atomes, chez Leucippe, forme toute chose de l'univers et produit des simulacres. Ces derniers sont en fait de petites particules en suspension dans le vide qui vont pénétrer dans l'être humain pour y apporter des informations. Les simulacres stimulent ainsi les cinq sens humains. La vérité se trouve par conséquent seulement dans les phénomènes. [2]

D'après la tradition cette idée philosophique des simulacres serait liée à la contemplation du philosophe d'un rai de lumière faisant apparaitre la poussière en suspension.

Éthique

Cette physique matérialiste amène logiquement une éthique, comme le faisaient à cette époque de nombreux philosophes. Ainsi, les dieux ne peuvent plus exister que sous une forme immatérielle, ils ne peuvent plus s'occuper des humains, les juger et leur envoyer toutes sortes de souffrances et de catastrophes. Cela met l'homme face à lui-même, sous son propre jugement et non sous celui d'une divinité. Comme l'explique Michel Onfray : "Les dieux s'effacent doucement et laissent la place aux hommes : le matérialisme de Leucippe prépare l'éviction du divin et rend envisageable le sacre de l'humain". On pourrait avancer que cette physique débouche sur une éthique hédoniste, en l'occurrence sur une morale de la joie :

«Et, à vrai dire, le péripatéticien Lykos disait, comme Leucime, que la joie authentique est l'objectif de l'âme : c'est la joie que procurent les choses belles.» (Clément d'Alexandrie, Stromates, II, 129)

Leucime pourrait bien être Leucippe. Pour Jean-Paul Dumont, qui a classé le fragment avec les autres fragments rapportés au philosophe, il s'agit bien de Leucippe. Complexe de tirer quelque chose de ce maigre fragment. On peut tout de même dire que le terme joie équivaut au plaisir. Bailly nous apprend que les mots grec charis et hédoné se superposent la majorité du temps et ont la même signification par exemple chez Sophocle (le Gorgias), chez Platon (le Sophiste) mais aussi chez Plutarque. Homère (l'Illiade), Xénophon et Platon confirment cette thése dans l'acceptation sensuelle et sexuelle. Il est ainsi complexe de savoir s'il s'agit d'une philosophie hédoniste ou eudémonique. D'autre part, la beauté envisagée dans cet article renvoie sûrement à l'excellence, à la vertu, à la noblesse ainsi qu'à tout ce qu'il y a d'idéal à cette époque tel le fameux kalos kagathos - bon et beau assemblé. Leucippe nous dit que la joie est authentique, mais en quoi une joie pourrait-elle être inauthentique ? Qu'est-ce qu'une théorie de la beauté avant Platon et sa théorie des Idées ? Complexe de le découvrir en l'absence d'autres éléments et de contexte historique.

Sources

Références

  1. Kirk-Raven, The Presocratic Philosophers, Cambridge, 1957
  2. Michel Onfray, Sagesses antiques


Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Leucippe.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/03/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu