Légisme

On regroupe sous l'appellation de légistes un ensemble de penseurs chinois ayant vécu de la fin du VIIIe siècle av. J. -C.



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  • Le légisme est une philosophie politique pragmatique qui ne se penche pas sur les questions.... Le légisme se définit par un pragmatisme basé sur la loi, ... Guidé par la pensée légiste, l'empereur Qin a diminué le pouvoir des ... (source : chine-informations)
  • Ce qui caractérise en fait l'ensemble des légistes, c'est le désir de revaloriser la loi et de faire de la loi le centre névralgique de l'ordre social.... (source : books.google)
  • Han Feizi est de l'école des légistes, je déteste cette école.... les dix commandements étaient légèrement le premier code de Loi de l'occident, les légistes firent les première.... y compris "païen" (le signifiant est source de pouvoir sur le signifié).... D'ailleurs, le légisme est -il à ce point scindé du taoïsme ?... (source : kwoon)

On regroupe sous l'appellation de légistes un ensemble de penseurs chinois ayant vécu de la fin du VIIIe siècle av. J. -C. jusqu'à la fin des Royaumes combattants (IVe-IIIe siècle av. J. -C. ). Ils prônaient l'absolutisme au moment où, en Chine, la féodalité était remise en question. Leur "réalisme politique" a mené à une mise en œuvre tyrannique du pouvoir finalement rejetée et dont on se réclamera rarement ensuite.

Les fondements de la doctrine légiste

Contrairement au confucianisme, taoïsme ou mohisme, le légisme ne s'est pas constitué comme une véritable école car, au contraire de ces premiers, il n'y a pas de maître à l'origine de ce courant. Le terme même de légistes ne sera introduit pour la première fois que sous les Han, soit deux ou trois siècles plus tard.

La pensée des légistes part de l'homme et de la société tels qu'ils sont et non pas comme ils devraient être. Ils font table rase du passé, de la tradition (s'inscrivant par là dans la même démarche que Mozi) et réfléchissent comparé au monde dans lequel ils vivent, un monde troublé et politiquement instable.

Les textes légistes mettent en valeur trois concepts.

La loi

La loi (Fa, ?) est le concept central dans le dispositif de pensée des légistes. Ce ne sont plus les idées confucéennes du sens de l'humain et la conformité aux rites qui sont chargés d'assurer la cohésion sociale mais la loi. Celle-ci n'a pas besoin d'autres fondements qu'elle-même, elle est l'expression du Tao taoïste qui s'incarne dans la société des hommes.

La position de force

Pour les légistes, c'est de la position de force que procède le pouvoir et non de la «puissance morale» défendue par les confucéens et les autres écoles. Cette dernière présuppose que le souverain soit bon et les légistes constatent que les bons souverains sont assez rares. Le pouvoir ne doit par conséquent pas être lié à la valeur personnelle du souverain mais à l'efficacité de la loi et des institutions chargées de la faire respecter. La position de force est par conséquent éthiquement neutre et ne requiert aucune qualité morale spécifique pour être manipulée par le souverain.

Les techniques de contrôle

Les légistes comptent énormément sur le corps des fonctionnaires pour relayer les décisions de la tête de l'autorité vers le peuple. Il s'agit de contrôler, surveiller et sanctionner pour assurer la cohésion du dispositif. Les institutions étatiques sont chargées de faire en sorte que la loi soit intériorisée par les individus à un point tel que le châtiment lui-même deviendrait inutile tant la terreur qu'elle inspire serait grande.

Shen Buhai, ministre chinois du duc Zhao dans l'État du Han, promouvait ainsi les «techniques administratives» Shu (?) comme méthode principale de gouvernement. Les fonctionnaires devaient être choisis strictement selon leurs compétences (talent, résultats et expérience), traités tous de la même façon et évalués régulièrement. Ce dispositif, adopté par d'autres légistes comme Han Fei Zi, est aussi nommé xingming (??).

Ces trois idées font jaillir une conception autoritaire du pouvoir dont le grand mérite fut de mettre à nu les leviers du pouvoir et de révéler les mécanismes du contrôle social dans lesquels la personnalité du souverain joue un rôle prépondérant. Le prince tel que le conçoivent les légistes n'est pas si éloigné que cela de la figure du Saint taoïste. Comme source du pouvoir absolu il ne l'exerce pas, il l'incarne, il pratique le non agir et laisse la loi cosmique se diffuser et s'imprégner dans le corps social.

Si les théories des légistes connaîtront un grand succès, surtout auprès du premier Empereur de Chine, Qin Shi Huang, qui les appliquera à la lettre, elles finiront par être mises à l'index et après les Han, personne n'osera plus se réclamer ouvertement du légisme. Cette pensée perdurera cependant tout au long de l'histoire de la Chine qui connaîtra quelques personnages importants qui manifesteront certaines affinités avec le légisme.

Voir aussi

Bibliographie

Quelques penseurs légistes

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