Immortalité

On appelle immortalité le fait d'échapper à la mort et d'exister pour une période de temps indéfinie, ou alors éternelle.



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Immortalité - Transhumanisme - Courant philosophique

On appelle immortalité le fait d'échapper à la mort et d'exister pour une période de temps indéfinie, ou alors éternelle.

Chronologie inverse

Selon les sources, l'immortalité concerne l'âme, le corps ou bien les deux. Elle est posthume ou terrestre. L'origine de ce concept n'est pas certaine. Il existe cependant quelques points de repères.

J'ai, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle.

Dans la même sphère culturelle, l'Épopée de Gilgamesh décrit la quête d'un héros recherchant l'immortalité suite à la mort de son ami Enkidu. Il ne l'obtiendra pas, seuls les dieux étant immortels, et sera condamné à mourir lui aussi, ainsi qu'à se coucher dans le sommeil de la mort.

Vision moderne

Les êtres vivants potentiellement immortels

Il existe des êtres vivants dont la structure biologique particulièrement simple et le mode de reproduction spécifique, permettent de les considérer comme immortels. Du plus simple au plus complexe on peut citer :

(Cas spécifiques : l'être pluricellulaire animalier le plus résistant à toute forme de destruction extérieure terrestre ou non est pour le moment reconnu comme étant le tardigrade, embranchement d'espèce à part entière. Les arbres les plus vieux du monde peuvent espérer vivre quant à eux durant cinq millénaires individuellement. L'animal le plus âgé dépasse les 400 années, certains reptiles les 190. L'être humain a officiellement dépassé les 120 ans d'espérance de vie en 1995, grâce à un seul -et unique- représentant d'espèce, français. Enfin, certains animaux atteints de néoténie (ou syndrome de Peter Pan) meurent sans avoir physiologiquement vieilli, tel l'axolotl, le phénomène inverse se traduisant par une progéria)

Carrel : Le cœur de poulet «éternel»

Le prix Nobel de médecine 1912 Alexis Carrel réussit à maintenir vivant in vitro un cœur de poulet pendant une durée dont les estimations fluctuent, selon les sources, de 28 ans à 37 ans[2]. Or la durée de vie typique d'une poule est de 5 ans. Cette expérience a amené à se demander si la longévité d'un organisme n'était vraiment limitée que par celle de ses composants ou s'il fallait rechercher une autre cause, interne, au processus de mortalité.

Rostand : La fleur ou la chaise

Le biologiste Jean Rostand (1894-1977) déclare dans une interview que «nous ne savons pas si l'homme est une fleur ou une chaise» et s'explique de ce propos provocateur : la chaise est potentiellement éternelle par conséquent qu'elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction. Dans les deux cas, les hommes peuvent espérer découvrir un jour l'immortalité physique : un entretien, c'est généralement affaire de technique et de discipline ; un programme, ça peut probablement s'altérer au niveau du gène. Mais, pour Rostand, «le plus urgent est d'y voir plus clair pour savoir dans laquelle des deux directions travailler».

Au soir de sa vie, Rostand se dira persuadé que «si on avait consacré aux recherches en biologie l'ensemble des sommes consacrées aux budgets militaires de l'ensemble des pays, la question de l'immortalité ou au moins de la jouvence éternelle serait déjà réglée».

Limite de Hayflick. Les télomères

En 1961, le biologiste Leonard Hayflick découvre que certaines cellules spécialisées ne semblent pouvoir se diviser qu'environ 50 fois successivement. Mieux : si on les laisse se diviser 30 fois, puis qu'on les met ensuite au repos pendant un temps élevé, une reprise des reproductions les limitera à 20 divisions successives : ces cellules semblent par conséquent posséder une sorte de compte à rebours interne. Ses pairs lui donnent le nom de limite de Hayflick. On découvrira ensuite que cette limite est due à une reproduction incomplète des extrémités du brin d'ADN (télomères). Or cette reproduction est complète en ce qui concerne les cellules sexuelles. On finit par découvrir des agents inhibant ces télomérases. Cependant, en rendant des cellules immortelles, il faut prendre garde à ne pas en faire des cellules cancéreuses (voir Henrietta Lacks et sa Lignée cellulaire HeLa de «cellules immortelles»). D'autre part se pose le problème de traiter la totalité des cellules d'un organisme vivant.

Ettinger : la salle d'attente cryologique

En 1964, Robert Ettinger publie son ouvrage L'homme est-il immortel ?.

Ce livre contient quatorze expériences de pensée sur le thème de l'identité. Sa préoccupation est de cerner quelles sont les transformations d'un individu qui nous paraissent acceptables (cryogénisation comprise) pour considérer qu'il est toujours lui-même. La question se pose avec une acuité plus grande toujours si on crée (expérience de pensée) une copie à distance d'un individu : peut-on alors sans problème de conscience détruire l'original et considérer que l'individu a simplement été téléporté ?

Les idées d'Ettinger ont donné naissance à des sociétés assurant la conservation d'organismes - quelquefois de simples cerveaux - humains par la cryogénie. Un article de 1986 des professeurs Goldanskii et Vitalii[3], laisse craindre cependant que même à la température de l'azote liquide des réactions chimiques par effet tunnel continuent à se produire au fil des mois, endommageant de plus en plus les organismes concernés.

Gamow et Hofstadter : qu'est-ce que le «moi» ?

Dans M. Tompkins s'explore lui-même (ouvrage non réédité) le physicien George Gamow s'interroge sur la question de savoir où est le moi dans un individu. Il imagine par la pensée une population de clones à l'esprit conservé vierge (peu importe comment) et dans lesquels on pourrait transférer par un procédé donné l'ensemble des connaissances et habitudes d'un individu mais aussi ses goûts. Une fois l'esprit transféré dans le nouvel individu, peut-on considérer que la personne a changé de corps et simplement se débarrasser de l'ancien ? Il est complexe de répondre à cette question, voisine de la précédente.

Douglas Hofstadter et Daniel Dennett, passionnés par cette question de la cognition et de l'identité, décident pour établir une sorte d'état de l'art de créer une compilation des plus intéressants articles, selon eux, écrits sur le sujet. Ce sera The mind's I, traduit en français sous le nom Vues de l'esprit. On y trouve énormément d'expériences de pensée, dont une qui sert à penser que le moi peut fort bien être délocalisé en plusieurs lieux si les communications suivent («Where am I?»). Voir aussi l'article noosphère.

Gordon Bell et le projet Mylifebits

Dans l'immédiat, Gordon Bell estime qu'on doit pouvoir stocker une très grande partie du vécu d'une personne sur un ou plusieurs téraoctets, et y avoir accès de façon directe par le procédé d'hyperliens imaginé par Vannevar Bush. Il s'agit en particulier ici d'une mémoire auxiliaire et habituellement idéale, mais si la mémoire forme le fondement de l'identité, alors peut-être y aurait-il dans cette sorte de backup de quoi reconstituer de façon au moins virtuelle un individu. Ce projet de recherche est financé par la société Microsoft[4].

La thèse de Bruno Marchal (CPC)

Cette thèse, habituellement d'informatique, développe une quantité d'expériences de pensée s'inspirant de la réalité virtuelle, de la mécanique quantique et de réflexions sur l'identité pour en arriver à la démonstration, alléguée dans son chapitre 4 que «le mécanisme est incompatible avec le matérialisme». La question de l'immortalité individuelle est abordée, quoique ne constituant pas le sujet principal de la thèse qui est plutôt celui de l'identité[5].

Kurzweil et le rêve d'immortalité par l'intelligence artificielle

Kurzweil[6] reprend l'exemple de substitution progressive aussi exposé par Bruno Marchal :

Sur le plan pratique, le problème se présente en trois phases :

  1. Il faut tout d'abord radiographier le cerveau non pas avec une résolution du dixième de millimètre comme le permettent les procédés d'imagerie médicale par résonance magnétique nucléaire, mais bel et bien aller chercher l'information sur chaque cellule à l'endroit où elle se trouve. Kurzweil rappelle qu'il y a quelque chose «qui passe partout» dans le cerveau : le flux sanguin. Son pari raisonné est que quelques millions de micromachines pourraient partir à la découverte du terrain, transmettre immédiatement l'information (qu'elles ne pourraient stocker), et celle-ci être collationnée par ordinateur
  2. Le processus ne saurait être instantané, et on ne pourrait probablement pas même espérer qu'il soit total. Nous ne savons pas quelle durée aurait un scan (certainement entre quelques dizaines d'heures et quelques années), et dans l'intervalle nos opinions sur une quantité de sujets auraient changé, mais aussi notre «moi». Kurzweil ne s'inquiète pas outre mesure de la question : au cours d'une nuit de sommeil, notre «moi» change aussi un peu, sans que nous nous en inquiétions outre mesure (excepté les particulièrement jeunes enfants, alors en pleine phase d'apprentissage) ; d'autre part il nous arrive au cours de notre vie d'oublier quelques connaissances anciennes ou récentes sans grand dommage pour notre intégrité mentale
  3. Plus complexe sera la reconstitution de l'état mental scanné (avec de très fortes redondances puisqu'un lieu sera analysé au cours du temps par des quantités de microcapteurs), la représentation de chaque neurone et cellule gliale, et enfin la gravure du tout dans le silicium ou sa reconstitution sur des machines de traitement de l'information d'un type ou d'un autre. Cependant cette troisième phase peut se faire attendre si besoin plusieurs décennies, les deux premières seules ayant à être réalisées du vivant de l'intéressé.

Il est important de se rappeler que tout cela reste pour l'instant spéculatif, en d'autres termes théoriquement envisageable, mais pour l'instant nullement certain.

La société Imagination engines (start-up créée par des anciens du Massachusetts Institute of Technology - MIT) affirme travailler sur un projet de ce genre appelé InItsImage qui est détaillé sur son site.

Aubrey de Grey et les 7 causes biologiques du vieillissement (SENS)

Le projet SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence (2002) ) [7] a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine (et de la jeunesse) au moyen de procédures médicales créées pour contrer les dysfonctionnements de l'organisme.

Par exemple le sous-projet ambitieux et novateur WILT prévoit de bloquer la réparation des télomères dans l'organisme en interdisant la synthèse de télomérase (pour rendre le cancer impossible) tout en repeuplant périodiquement l'organisme avec cellules souches saines (les télomères de ces cellules souches étant intacts, la limite de Hayflick n'est plus un problème).

La stratégie de financement repose sur le Methuselah Mouse Prize (prix de la Souris Mathusalem). William Haseltine, le pionnier du séquençage du génome humain, a déclaré à ce sujet : «Il n'y a aucun effort comparable à ce dernier, et il a déjà significativement contribué à la prise de conscience que la médecine régénérative est une réalité particulièrement proche, pas une hypothèse».

Le pour et le contre

Point de vue en faveur de la mortalité

L'immortalité comme source d'inspiration

Personnalités historiques

Bibliographie

L'immortalité dans la littérature

L'immortalité a énormément inspiré les auteurs de science-fiction

L'immortalité au cinéma ainsi qu'à la télévision

Arrêt du vieillissement

Rajeunissement

L'immortalité dans la bande dessinée

Personnages de fiction particulièrement âgés

L'immortalité dans le jeu vidéo

Notes

  1. Extrait du Rig Veda
  2. À partir de 1912 selon cette source, qui précise que l'expérience aurait été arrêtée en 1946, c'est-à-dire deux ans après la mort de Carrell lui-même [1]
  3. Quantum Chemical Reactions in the Deep Cold, Scientific American, 254 :46, février 1986.
  4. Projet Mylifebits
  5. . Thèse de Bruno Marchal (texte intégral)
  6. Page Kurzweil AI
  7. site officiel
  8. http ://fr. wikipedia. org/wiki/La_Possibilit%C3%A9_d%27une_%C3%Æle

Voir aussi

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"De l'immortalité des animaux"

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