École de Manchester

École de Manchester ou libéralisme manchestérien ou philosophie de Manchester est une expression utilisée au début du vingtième siècle par Elie Halévy et A.



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École de pensée économique - Courant d'inspiration libérale - Courant philosophique

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  • William D. Grampp, The Manchester School of Economics, Stanford, Stanford University Press, Londres, Oxford University Press, 1960, in-8°, vin-155 p.... (source : persee)
  • Ecole de Manchester ?, et apr?s lui on a admis en g?n?ral... 1960, in-8?, viii- 155... Grampp est sur ce point convaincante, mais on regrettera... (source : jstor)
  • author : William Dyer Grampp · The Manchester School of Economics, 1960. author : William Stanley Jevons, foreword : Harriet A. Jevons · Methods of Social... (source : oll.libertyfund)

École de Manchester ou libéralisme manchestérien ou philosophie de Manchester est une expression utilisée au début du vingtième siècle par Elie Halévy et A. V. Dicey suite à Ferdinand Lassalle[1] pour désigner un libéralisme de laissez-faire (ce point de vue a été contesté par Grampp dans un ouvrage paru en 1960 intitulé Manchester School of Economics). L'École de Manchester sert à désigner aussi un groupe d'hommes à qui l'ont doit l'abolition des Corn laws et l'adoption du libre-échange par la Grande-Bretagne après 1846.

Manchester (ou Cottonopolis) comme quelquefois certains l'appelaient au début du XIXe siècle.

Elie Halévy et le «libéralisme manchestérien»

Elie Halévy [2] oppose la «philosophie de Westminter»'qu'il nomme aussi «radicalisme philosophique» de certains des disciples de Bentham favorables à des réformes politiques, administratives et sociales tel qu'Edwin Chadwick, George Grote, Southwood Smith, Francis Place etc... à la philosophie de Manchester qui se développe vingt ans après la mort de Bentham sur une base utilitariste simplifiée. Cette école hostile à toute espèce de règlement et de loi repose sur ce qu'il nomme l'identification spontanée des intérêts. Parmi les tenants de l'école de manchester ou de la philosophie de Manchester, il cite Richard Cobden et Herbert Spencer même si, dans son cas, il n'y a aucun lien avec le Benthamisme. En fait Halévy semble vouloir ici distinguer le radicalisme philosophique du courant de pensée particulièrement marqué par le laissez faire qui va dominer le libéralisme à la fin du XIXe siècle. Cependant on peut se demander avec Grampp jusqu'à quel point il est fondé à assimiler l'École de Manchester et le laissez-faire.

L'école de Manchester vue par William Grampp

D'après William Grampp, il n'y a jamais eu à proprement parler d'«École de Manchester». Le terme même vient d'un de leur adversaire, Benjamin Disræli, et n'a été utilisé qu'après l'abrogation des Corns Laws. Par contre, Richard Cobden et John Bright (1811-1889) avaient crées la National Anticorn Law League (1838 -1846) pour faire abroger les lois sur le blé et plaider en faveur du libre-échange. Le mouvement lui-même était particulièrement divers sans réel corps de doctrine et n'était pas en faveur du laissez-faire.

Les enjeux de la suppression des Corn Laws

Article détaillé : Corn laws.

Les lois sur le blé avaient été instaurées pour assurer un bon approvisionnement en blé et stabiliser son prix. De 1660 à 1765, la production de blé en Grande-Bretagne avait été excédentaire, ce qui ne fut plus le cas ensuite. Depuis, les lois avaient pour objectif de garantir un prix du blé assez élevé en Grande-Bretagne grâce à une restriction des importations.

Dans ses Principes de l'économie politique et de l'impôt, David Ricardo avait avancé en 1817 que le niveau élevé des prix du blé avait pour effet de diminuer les profits des entrepreneurs, étant donné que les salaires de l'industrie étaient indexés sur le prix des subsistances. La protection douanière n'avait par conséquent comme effet que de modifier le partage de la richesse nationale en défaveur des entrepreneurs et au profit de la rente foncière. [3]

Les propriétaires terriens craignaient pour leur rente en cas de suppression de la loi. Les industriels se fondant sur la doctrine des salaires de David Ricardo pensaient quant à eux que l'abrogation permettrait de baisser les salaires et de renforcer leur compétitivité. D'autres voyaient dans le libre-échange un moyen de faire face à la montée en puissance de l'Allemagne [4].

Enfin, certains pensaient que cela conduirait à la fois une redistribution des revenus et des pouvoirs politiques qui impliqueraient une réorganisation du parlement et une extension du nombre de votants (le vote était alors censitaire). C'est effectivement ce qui se produisit, en partie grâce à Bright[5].

Les différents groupes constitutifs de l'école de Manchester

Grampp distingue cinq grands groupes

Cobden et Bright après 1846

Articles détaillés : Richard Cobden et John Bright (homme politique) .

En 1852, R. Cobden et J. Bright firent campagne contre une tentative de restauration des lois sur le blé. En 1854, le Navigation Act la dernière grande restriction au libre-échange fut abrogée. Mais le pacifisme de Cobden le place assez rapidement en opposition avec l'opinion majoritaire, surtout lors de la guerre de Crimée. Malgré tout, il joue un rôle important en négociant avec le français Michel Chevalier en 1860 le Traité Cobden-Chevalier qui libéralisait le commerce entre la France et le Royaume-Uni.

John Bright quant à lui voulait accroître le pouvoir politique des classes moyennes et des ouvriers[10]et était particulièrement sévère envers la classe dirigeante anglaise. Son opposition à la monarchie lui valut l'ire de la reine Victoria qui s'opposa en 1859 à ce qu'il participe au gouvernement de Lord Palmerston.

Pour W. Grampp [11], le libre-échange de laissez faire ne vient pas d'eux mais de Spencer. Il rappelle que Cunning qui a obtenu en 1880 le Prix Cobden, écrivait : «la vérité du libre échange est obscurcie par la tromperie du laissez-faire[12]»

Notes

  1. Raico, Ralph (2004) Authentic German Liberalism of the 19th Century Ecole Polytechnique, Centre de Recherce en Epistemologie Appliquee, Unité associée au CNRS
  2. E. Halévy, 1904, pp. 248-251
  3. David Ricardo, Des Principes de l'économie politique et de l'impôt, chapitre VII : Du commerce extérieur, 1817
  4. Grampp, 1960, p. 43
  5. Grampp, 1960, p. 45
  6. Grampp, 1960, pp. 7-8
  7. Grampp, 1960, p. 8
  8. Grampp, 1960, p. 11
  9. "Without them, the principle of free trade might have remained the intellectual property of the economists, and certainly never would have become something men talked about in the streets"
  10. Grampp, 1960, p. 128
  11. Grampp, 1960, p. 132
  12. "the truth of Free Trade is clouded over by the laissez-faire fallacy"

Bibliographie

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