École de Chartres

L'École de Chartres regroupe plusieurs philosophes et intellectuels aux XIe et XIIe siècles : Fulbert de Chartres, Thierry de Chartres, Bernard de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury, Bernard Silvestre.



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Philosophie médiévale - Courant philosophique - Chartres

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L'École de Chartres regroupe plusieurs philosophes et intellectuels aux XIe et XIIe siècles : Fulbert de Chartres (fondateur), Thierry de Chartres, Bernard de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury, Bernard Silvestre.

L'école de Chartres, ou académie chartraine[1], connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à Fulbert[2]. Elle connaîtra son apogée au XIIe siècle, sous l'impulsion d'études philosophiques savantes basées sur Platon[3] menées essentiellement par Yves de Chartres, Bernard de Chartres, Gilbert de la Porrée, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre.

Les sources utilisées à l'époque pour commenter Platon n'étaient qu'indirectes (Augustin, Macrobe, Chalcidius, Boèce et Martianus Capella) [4]. Cependant elles suffirent à établir des correspondances entre la philosophie grecque et le christianisme [5]. Mais ce qui retint le plus l'école chartraine fut les thèses pythagoriciennes de Platon [6] :

Les Chartrains vont ainsi s'emparer des arts libéraux, puisque les sciences du Quadrivium sont déjà connues des pythagoriciens[12] : «Nous avons marié ensemble Trivium Quadrivium pour l'accroissement de la noble race des philosophes» [13]. Comme l'a fait remarquer M. M. Davy, la grande nouveauté du siècle est le rapprochement de l'École de chartres avec la science égyptienne : «Il importe de retenir l'intérêt qui se développe au XIIe siècle à l'égard de l'Égypte reconnue comme la mère des arts libéraux. L'originalité de Bernard Sylvestre est d'avoir favorisé l'attention sur la pensée philo-égyptienne … Grâce à l'herméneutisme égyptien Bernard pourra construire sa cosmogonie …» [14].

C'est sur ce fond que les sculpteurs graveront sur le portail royal les arts libéraux [15] lors de la construction (ou plutôt de la reconstruction) [16] de la cathédrale de Chartres au début du XIIIe siècle.

Cette approche des arts libéraux finira par éclater, l'heptateuchon de Thierry de Chartres finit par être abandonné, laissant le pas à la scolastique ainsi qu'à ses maîtres, par la redécouverte d'Aristote, par le rapprochement des arts mécaniques aux arts libéraux, et surtout par l'introduction de la Physique [17]. Jean de Salisbury est actuellement reconnu comme un prédécesseur d'Albert le Grand [18] de par son œuvre'Entheticus de dogmate philosophorum', où, hormis l'entrée d'Aristote, il y étudie le stoïcisme, l'épicurisme et le péripatétisme (avec entre autres le thème de la quinte essence et de l'éternité du Monde) [19]. Il aura contribué à faire valoir le platonisme de Chartres en un «platonisme vu par Chartres»[20].

Voir aussi

Sur la philosophie chrétienne

Notes

  1. Expression d'Adelman de Liège au XIe siècle, voir M. M. Davy, Initiation médiévale, p. 148
  2. E. Jeauneau, La philosophie médiévale, p. 47.
  3. Ibid., p. 47-56.
  4. M. M. Davy, op. cit., p. 148
  5. M. M. Davy, Ibid. p. 148. Jeauneau dit à propos de ces sources secondaires «Reconnaissons qu'il sut en tirer un assez bon parti» (op. cit., p. 50).
  6. E. Jeauneau, op. cit. , p. 50.
  7. E. Jeauneau, «Macrobe, source du platonisme chartrain» dans Studi medievali 3° série, 1, 1960, p. 3-24, cité par M. M. Davy, op. cit., p. 157. Le maître de Macrobe fut Porphyre, un néoplatonicien (Ibid. , p. 149).
  8. E. Jeauneau, op. cit., p. 50.
  9. Ibid., p. 55.
  10. Ibid., p. 56.
  11. Ibid., p. 56.
  12. M. M. Davy, op. cit., p. 35.
  13. Texte de Thierry de Chartres, cité par Jeauneau, ibid., p. 52.
  14. M. M. Davy, op. cit., p. 38.
  15. E. Jeauneau, op. cit., p. 52.
  16. «Ce triple portail donne accès à l'unique nef principale. Construit à partir de 1145, le portail royal appartient à la précédente cathédrale, ruinée par un incendie le 10 juin 1194 … Nul n'ignore la valeur de ce portail, jalon presque unique dans l'histoire de la technique et de la pensée. Sous l'influence des maîtres de l'école de Chartres, c'est une œuvre savante … La grandeur sacrée du tympan central… côtoie les thèmes familiers du calendrier et les figures qui évoquent les arts libéraux» Chartres, Duc de Lévis Mirepoix de l'académie française, Hachette, 1959, p. 104.
  17. Jacques Le Goff, La civilisation de l'occident médiéval, Arthaud, 1990, p. 428 et 472.
  18. Alain de Libéra, «Albert Le Grand, ou l'antiplatonisme sans Platon», dans Contre Platon, tome 1 : Le platonisme dévoilé, textes réunis par Monique Dixsaut, université de Paris XII, publié avec le concours du CNRS, Vrin, 1993, p. 249.
  19. Ibid., p. 250.
  20. Ibid., p. 251.

Bibliographie

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