Diogène de Sinope
Diogène de Sinope, en grec ancien Διογένης / Diogénês, aussi nommé Diogène le cynique, est un philosophe grec de l'Antiquité et le plus célèbre représentant de l'école cynique.
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Philosophe de la Grèce antique
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- Homme de l'ensemble des scandales jusque dans ses origines, Diogène de Sinope est le fils d'un capitaliste douteux mais précoce qui lui aurait enseigné l'art de ... (source : desencyclopedie.wikia)
- ... À mon sujet : Diogène de Sinope, en grec ancien Διογένης / Diogénês (Sinope v.... la liberté sexuelle totale, l'indifférence à la sépulture, l'égalité entre hommes et femmes, ... Le réseau de Diogène de Sinope est privé.... (source : fr.answers.yahoo)
- ... En cela Diogène de Sinope est le plus subversif des philosophes car depuis un... Fascination qui touche le plus puissant des hommes, Alexandre, ... de Pierre Hadot (Gallimard) et "Les cyniques grecs, fragments et ... (source : bragardprimitif.blogspot)
Diogène de Sinope, en grec ancien Διογένης / Diogénês (Sinope v. 413 – Corinthe, v. 327 av. J. -C. ), aussi nommé Diogène le cynique, est un philosophe grec de l'Antiquité et le plus célèbre représentant de l'école cynique.
Parmi l'ensemble des auteurs cyniques, c'est sur Diogène que la légende a accumulé le plus d'anecdotes et de bons mots, cette foison rendant leur authenticité beaucoup douteuse. Les portraits de Diogène qui nous ont été transmis divergent quelquefois, le présentant tantôt comme un philosophe "clochard", débauché, hédoniste et irréligieux, et tantôt comme un ascète sévère, volontaire ou alors héroïque[1].
La masse d'anecdotes légendaires sur Diogène montre en tout cas que le personnage a profondément marqué les Athéniens. Il vivait dehors, dans le dénuement, vêtu d'un simple manteau, pourvu d'un bâton, d'une besace et d'une écuelle. Dénonçant l'artifice des conventions sociales, il préconisait en effet une vie simple, plus proche de la nature, et se contentait d'une grande amphore (pithos, en grec) pour dormir.
Diogène avait un art de l'invective et de la parole tranchante. Il semble qu'il ne se privait pas de critiquer ouvertement les grands hommes et les philosophes de son temps (parmi lesquels Platon). Les apostrophes les plus connues qui lui sont attribuées sont : «Je cherche un homme» (phrase qu'il répétait en parcourant la ville avec sa lanterne), et «Ôte-toi de mon soleil» (en réponse à l'empereur Alexandre qui lui demandait s'il voulait quelque chose).
Vie et légende
Diogène serait le fils d'un banquier de Sinope[2]. Suite à une accusation de fabrication de fausse monnaie, son père aurait été jeté en prison et Diogène aurait été contraint de fuir à Athènes — selon d'autres traditions, ils auraient fui l'ensemble des deux.
Il devient le plus célèbre disciple d'Antisthène, le fondateur de l'école cynique. Selon Sénèque, confirmé par Juvénal (admiratif) et par Lucien de Samosate (moqueur), il vit vêtu d'un manteau grossier (le tribôn), allant pieds nus, dormant dans un píthos (πίθος : une amphore géante pour céréales), ne possédant rien d'autre et ne subsistant que grâce aux contributions de ses auditeurs ou mécènes. Conformément à l'enseignement de son maître, il désirait vivre ainsi comme un chien (kunos, génitif de kuôn : «le chien», en grec), d'où son autre surnom : Diogène le chien.
Plusieurs anecdotes témoignent de son mépris des richesses et des conventions sociales. Selon Diogène Laërce, il n'hésitait pas à mendier auprès des statues pour «s'habituer au refus». Il abandonna même son écuelle après avoir vu un enfant buvant à la fontaine dans ses mains. Quand on l'interrogea sur la manière d'éviter la tentation de la chair, Diogène aurait répondu : en se masturbant, et aurait ajouté : «Ah, si on pouvait ainsi faire disparaître la faim rien qu'en se frottant le ventre !».
On l'aurait aussi vu parcourir les rues d'Athènes en plein jour, une lanterne à la main, déclarant à ceux qui lui demandaient ce qu'il faisait : «Je cherche un homme». Cet «homme» désignerait celui théorisé par Platon, l'idéal de l'humain, et Diogène aurait voulu par là réfuter son existence, ne voyant exister que des hommes concrets. Une autre anecdote rapporte que, Platon ayant défini l'homme comme un «bipède sans cornes et sans plumes», le jour suivant, Diogène se promena dans la ville en tenant à la main un coq plumé aux ergots coupés, et déclarant : «Voici l'homme de Platon !».
À la fin de sa vie, il se dirigeait vers Égine en bateau, lorsque ce dernier fut pris par des pirates. Mis en vente comme esclave à Corinthe, il déclare au marchand qui lui demande ce qu'il sait faire qu'il sait «gouverner les hommes», et qu'il faut par conséquent le vendre à quelqu'un qui cherche un maître. Il est acquis par un riche Corinthien qui admire son indépendance d'esprit, et lui rend la liberté.
C'est à Corinthe que se situe sa fameuse rencontre avec Alexandre le Grand, à qui on présentait le célèbre clochard-philosophe, et qui lui dit : «Demande-moi ce que tu veux, je te le donnerai». Diogène lui aurait répondu du tac-au-tac : «Ôte-toi de mon soleil». Comme l'empereur macédonien lui disait toujours : «N'as-tu pas peur de moi ?», Diogène aurait répliqué : «Qu'es-tu donc ? Un bien ou un mal ?», et Alexandre répondant : «Un bien», Diogène en conclut : «Qui par conséquent, pourrait craindre le bien ?». Le même Alexandre aurait avoué un jour : «Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène»[3].
La mythologie a eu raison de la vérité concernant la mort de Diogène de Sinope, et il subsiste aujourd'hui plusieurs versions différentes de la cause de son trépas : il serait mort à cause d'une infection causée par la morsure d'un chien auquel il essayait de dérober son os, pour se nourrir. D'autres sources affirment qu'il serait décédé des suites de l'ingestion d'un poulpe cru, ou même qu'il aurait volontairement arrêté de respirer. Toutes ces versions contribuent à renforcer la légende selon laquelle Diogène serait mort comme il a vécu, d'une manière peu banale, et même subversive. Il meurt en tout cas à Corinthe.
Il avait demandé qu'on jetât son corps à la voirie, mais ses amis lui firent des funérailles magnifiques. On plaça sur son tombeau une colonne surmontée d'un chien en marbre de Paros sur laquelle on pouvait lire les vers suivants :
Œuvre et pensée
C'est en partie à cause de leurs traits scandaleux que les écrits de Diogène tombèrent dans l'oubli quasi total. En effet la Politeia (la République) écrite par Diogène, reprise et appuyée plus tard par la Politeia de Zénon (un stoïcien), s'attaquait à de nombreuses valeurs du monde grec, en admettant entre autres l'anthropophagie, la liberté sexuelle totale, l'indifférence à la sépulture, l'égalité entre hommes et femmes, la négation du sacré, la remise en cause de la cité et de ses lois, la suppression des armes et de la monnaie. D'autre part Diogène considérait l'amour comme étant absurde : on ne devait s'attacher à personne.
On lui prête aussi le raisonnement suivant : «Tout appartient aux dieux, or les sages sont les amis des dieux et entre amis tout est commun, par conséquent tout appartient aux sages».
Certains stoïciens, néenmoins proches du courant cynique de Diogène, semblent avoir préféré dissimuler et oublier cet héritage jugé «embarrassant» [4].
Postérité
Tradition philosophique
Le stoïcien Épictète voit en lui le modèle du sage, qui cherche à s'affranchir des conventions des hommes pour revenir à la nature.
Toutes les anecdotes, et une foule d'autres, qu'on raconte de Diogène, sont loin d'être authentiques. On a sous son nom des Lettres qui sont bien entendu supposées. Elles ont été imprimées dans Epistoles cyntex et traduites en français en 1545 par L. Dupuis.
Cercidas s'exprime ainsi en parlant de lui après sa mort dans ses Méliambes :
«Non il n'est plus le Sinopéen de Jadis,
le fameux porteur de bâton,
au manteau plié en deux, qui mangeait en plein air
il est monté au ciel,
après avoir serré ses lèvres contre ses dents
et mordu en même temps qu'elles sa respiration.
Oui, fils de Zeus tu l'étais vraiment,
Tout autant que chien celeste.»
Tradition picturale
Diogène est habituellement représenté associé à des objets symboliques : l'écuelle, le bâton, la lampe, le pithos ou le tonneau[5].
Parmi les plus célèbres, on peut citer la représentations de Diogène par Raphaël, dans sa grande fresque du Vatican nommée L'école d'Athènes (1509-1512), mais également les tableaux de Jean-Léon Gérôme (1860) et de John William Waterhouse (1882).
Références
Bibliographie
- Les Cyniques grecs, lettres de Diogène et Cratès, traduit du grec ancien par Georges Rombi et Didier Deleule, Lecture de Didier Deleule aux éditions Babel, Paris 1998
- Le Cynisme ancien et ses prolongements, de M. -O. Goulet-Cazé, R. Goulet éditeurs, PUF, Paris, 1993
- L'Ascèse cynique. Un commentaire de Diogène Laërce VI, 70-71, Vrin, Paris, 1986
- Michel Onfray, Cynismes : portrait du philosophe en chien, Grasset, Paris, 1990; Version poche : Grasset - Le Livre de poche, Collection "Biblio essais", 1997.
- Michel Onfray, Les Sagesses antiques, contre-histoire de la philosophie, tome I, Grasset (2006), ISBN 2-246-64791-6, p. 133-143.
- Leonce Paquet les cyniques grecs fragments & témoignage le livre de poche 1992
Christophe Verselle "Ni Dieu ni maître"
Liens externes
- Diogène de Sinope, selon Diogène Laërce
- Diogène, Gorgias, Freud et Lacan, par Guy Massat.
Notes
- ↑ Emile Bréhier, Histoire de la philosophie, tome I, livre Second, chap. 1.
- ↑ Selon une tradition qui remonte à Dioclès (cf. Diogène Laërce).
- ↑ http ://www. apophtegme. com/PHILOSOPHIE/diogene. htm
- ↑ Marie-Odile Goulet-Cazé in France Culture - Une vie, une œuvre : Diogène (avec Léonce Paquet et Michel Onfray)
- ↑ C'est dans un pithos, c'est-à-dire une grande amphore, qu'il dormait, et non dans un tonneau, ce dernier ayant été introduit par les Gaulois dans la civilisation romaine, et étant par conséquent inconnu des Grecs. Ce détail échappa à plusieurs peintres.
- ↑ Emile Bréhier, Histoire de la philosophie, tome I, livre Second, chap. 1.
- ↑ Selon une tradition qui remonte à Dioclès (cf. Diogène Laërce).
- ↑ http ://www. apophtegme. com/PHILOSOPHIE/diogene. htm
- ↑ Marie-Odile Goulet-Cazé in France Culture - Une vie, une œuvre : Diogène (avec Léonce Paquet et Michel Onfray)
- ↑ C'est dans un pithos, c'est-à-dire une grande amphore, qu'il dormait, et non dans un tonneau, ce dernier ayant été introduit par les Gaulois dans la civilisation romaine, et étant par conséquent inconnu des Grecs. Ce détail échappa à plusieurs peintres.
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