Conscience

La conscience est la faculté mentale d'appréhender de façon subjective les phénomènes extérieurs ou intérieurs et d'une façon plus générale sa propre existence.



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  • "Pour définir brièvement la conscience de soi, on pourrait dire que c'est la... un sentiment de soi, et non une conscience de soi au sens de conscience réfléchie.... Cela veut dire que la conscience est intentionnelle ; nous sommes... (source : pagesperso-orange)
  • En un sens, en effet, la conscience ne m'est pas extérieure : "ma" conscience... Dans les deux cas cependant, la conscience est un fait psychologique.... psychique : la conscience de soi, en effet, n'est pas la connaissance de soi.... (source : philia.online)

La conscience est la faculté mentale d'appréhender de façon subjective les phénomènes extérieurs (par exemple, sous la forme de sensations) ou intérieurs (tels que ses états émotionnels) et d'une façon plus générale sa propre existence. Si je suis triste ou heureux et que je me rends compte que je suis triste ou heureux, par exemple, je prends alors conscience de mes états affectifs. L'un des grands défis des neurosciences cognitives contemporaines est l'étude de ce qu'on nomme les corrélats neuronaux de la conscience, c'est-à-dire les mécanismes qui permettent au cerveau de réaliser cette faculté[1].

Il ne faut pas confondre la conscience ainsi définie avec la conscience morale qui sera traitée plus bas dans cet article.

Cet article présente les études psychologiques et philosophiques du phénomène nommé “conscience”. Pour l'étude neuroscientifique, consulter l'article Science et conscience.

Introduction

Il est important de distinguer :

Le terme conscience est par conséquent susceptible de prendre plusieurs significations, selon le contexte.

Conscience comme représentation du monde et des réactions à ce dernier

Ce premier sens indique une représentation, même particulièrement simplifiée, du monde et des réactions comparé à ce dernier. On parle alors de conscience du monde.

C'est celle qui est évoquée dans des expressions comme perdre conscience, ou à l'inverse prendre conscience. Cette conscience-là est reconnue comme présente chez les mammifères.

Chez l'homme, les recherches récentes sur plusieurs périodes de l'histoire montrent l'importance du concept de représentation : Voir par exemple Georges Duby (sur le bas Moyen Age), Jean Delumeau (sur la Renaissance), et sur un plan plus épistémologique, les recherches de Michel Foucault relatives à l'épistémè. On évoquera aussi le philosophe allemand Arthur Schopenhauer qui a consacré une grande partie de sa philosophie à l'étude de cette faculté représentative des animaux et surtout de l'homme dans son œuvre principale et magistrale, Le monde comme volonté et comme représentation.

Représentation de sa propre existence

La conscience est un fait au sens où Descartes affirme dans les Méditations Métaphysiques que "l'âme est un rapport à soi". L'introspection de la conscience considère ainsi le doute méthodique comme l'objet premier du rapport à soi.

Dans un sens plus individuel, la conscience peut aussi correspondre à une représentation, même particulièrement simplifiée, de sa propre existence. On parle alors de conscience de soi, ou conscience réflexive, en anglais consciousness.

On l'attribue pour l'instant principalement à l'homme ainsi qu'aux grands singes anthropoïdes comme le chimpanzé et l'orang-outan. Il semble aussi raisonnable de l'étendre aux dauphins et éléphants qui disposent de capacités cognitives et affectives avancées.

La conscience dans ce second sens implique celle du premier, puisque «se connaître» veut dire obligatoirement «se connaître dans ses rapports au monde» (y compris d'autres êtres potentiellement doués de conscience). L'inverse n'est par contre pas vrai. Pour prendre un exemple limite, une boucle de commande comprenant un thermostat forme une forme élémentaire de conscience du monde à laquelle rien n'incite à attribuer une conscience de soi.

Relation entre la conscience de soi et la conscience du monde

La conscience de soi est bien illustrée en médecine, en particulier au niveau individuel. C'est en effet une des fonctions vitales qui sert à réagir aux situations, de bouger et parler spontanément. D'une façon plus générale, l'état de conscience (de la conscience pleine au coma profond) est déterminé par l'état neurologique du patient.

Forme minimale de conscience du monde

Au niveau de la conscience du monde, les choses peuvent se montrer plus complexes, en impliquant un ensemble de phénomènes liés au contexte sociologique, politique, économique. Le degré minimal de conscience du monde semble celui où on a tout simplement quelque chose à dire sur le monde (la philosophie ne sait dire quoi que ce soit pour l'instant (2006) sur une conscience non observable par ses manifestations : Ce dont on ne peut parler, il faut le taire explique Wittgenstein, et néenmoins, il y a bien là un point important, essentiel de la philosophie, resté obscur depuis toujours). Un simple capteur de présence possède un début de représentation du monde (présence, absence). Toujours faut-il pour s'intégrer dans un schéma de conscience que cette information soit utilisée en aval par quelque chose (déclencheur d'alarme, etc).

Forme minimale de conscience de soi

La conscience de soi, comme la conscience du monde (René Dubos dirait «agir local / penser global») n'est jamais complète. Une question qui s'en déduit - puisque toutes sont incomplètes - est «quel est le degré minimal de conscience de soi imaginable ?». Descartes y répond par son célèbre «Je pense, par conséquent je suis». Les sciences cognitives s'intéressent à détailler le sens opérationnel de cette phrase (voir Antonio Damasio, Daniel Dennett... ).

On connaît la formule de Socrate, tirée de l'oracle de Delphes : «connais-toi toi même», qui montre qu'une mauvaise connaissance de soi a un impact sur la connaissance du monde et réciproquement - puisque nous faisons partie du monde. En réalité, la conscience de soi sert à désigner la conscience de phénomènes spécifiques reliés au concept de soi.

La notion de culture

On pourrait aussi rapprocher la notion de conscience du monde de celle de culture, comme dispositif de représentation. Le mot culture est fréquemment perçu en langue française dans une acception individuelle avec une connotation «intellectuelle» (ce terme n'étant pas forcément perçu positivement), toujours qu'il existe des sens collectifs : culture d'entreprise, culture française, culture de masse, ...

En allemand, les deux sens sont donnés par des mots différents : Bildung et Kultur.

Les aspects de la conscience

Pluralité de manifestations

Outre les deux sens principaux déjà vus, le concept de conscience a de nombreux sens ou manifestations qu'on peut s'efforcer de distinguer, quoique occasionnellementces différences soient en particulier des différences de degrés :

Dans la totalité de ces distinctions, on peut noter une conception de la conscience comme savoir de soi et vision immédiate de la pensée, et une autre comme sentiment de soi impliquant un sous-bassement obscur et un devenir conscient qui sont généralement exclus de la première conception. La conscience morale, quant à elle , sert à désigner le jugement moral de nos actions. De cette conscience-là, on résume aux enfants qu'elle nous sert à distinguer le bien du mal. Voir plus bas.

Questions principales liées à la conscience

Il existe de nombreuses théories qui s'efforcent de rendre compte de ce phénomène. À partir de ces théories, on peut mettre en avant quelques groupes de questions principales :

En résumé, il s'agit de décrire la conscience, de découvrir sa cause et de déterminer son rôle et sa valeur.

Ce sujet fait l'objet des travaux de Daniel Dennett, Antonio Damasio et Jean-Pierre Changeux, mais aussi des sciences cognitives.

Le modèle du spectateur cartésien est remis en cause car, comme le fait remarquer Daniel Dennett, on ne peut expliquer la conscience par la conscience : expliquer exige que l'explication ne fasse pas appel elle-même à une compréhension de ce qu'on souhaite précisément expliquer («To explain means to explain away»). En d'autres termes, on n'aura expliqué la conscience que quand cela aura été fait en termes ne faisant pas intervenir le mot ni le concept de «conscience». Sinon, on tombe dans un argument circulaire (voir l'article : sophismes). On remarquera que Daniel Dennett, remet en cause le modèle du spectateur cartésien avec une explication de type "circulaire"

Il semble que ces questions soient à mettre en rapport avec le cogito de Descartes, remis dans son contexte, et avec la notion de représentation du monde. Descartes conçut sa philosophie en réaction au modèle géocentrique, incarné par les "aristotéliciens" et la scolastique décadente de son époque, et selon le modèle héliocentrique qui émergeait avec les observations faites par Galilée (voir Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo, 1633).

Disciplines concernées

Dans le langage familier, le concept de conscience peut être opposé à l'inconscience, à l'inattention, à la distraction, au divertissement, etc.

Quand il s'agit de l'étudier, c'est avant tout la philosophie qui a été et est concernée.

Il existe un regard épistémologique sur la conscience, défendu entre autres par la sophrologie caycédienne, à savoir que la conscience est une force intégratrice de tout : l'inconscient, le subconscient et le conscient.

La psychanalyse parle d'inconscient qui peut être vu individuellement (conception de Freud [2]), ou collectivement (conception de Carl Gustav Jung : inconscient collectif).

Outre la psychanalyse et la médecine, l'étude de la conscience concerne plusieurs disciplines, comme la psychologie, la psychiatrie, la philosophie de l'esprit et la philosophie de l'action. Elle est aussi liée au langage (verbal ou non), par conséquent à la philosophie du langage.

Depuis des millénaires, les pratiquants de la méditation transmettent de maître à disciple une pratique qui donne accès à un prise de conscience (de la conscience). Cette approche est particulièrement différente de celle des scientifiques occidentaux.

Histoire


La philosophie bouddhique étudie la conscience, vijñāna et en analyse les différentes formes et fonctions. Il s'agit alors de l'un des constituants de la personne, skandhas, différent de la perception, samjñā ; cependant, si vijñāna est traduit par conscience, et que le terme sert à désigner bien une connaissance, le concept ne recouvre pas la conscience dans la pensée occidentale.

Il n'existe aucun concept strictement comparable à celui de conscience dans la philosophie de la Grèce antique : l'être de Parménide (voir ontologie) pourrait s'en rapprocher.

Chez certains auteurs romains, le mot latin prend une dimension morale dérivée du droit, exprimant le fait de se prendre soi-même pour témoin.

Ce n'est qu'au XVIIe siècle que le terme devient un fondement de la réflexion sur l'esprit.

Le concept de conscience n'a été isolé de sa signification morale qu'à partir de John Locke, dans son Essai sur l'entendement humain. Avant lui le mot conscience n'a jamais le sens moderne. ) Surtout, Descartes ne l'emploie presque jamais (?) en ce sens, quoiqu'il définisse la pensée comme une conscience des opérations qui se produisent en nous (cf. les Principes de la philosophie, 1644).

C'est le traducteur de Locke, Pierre Coste, qui a introduit l'usage moderne du mot conscience (donc en français, mais le sens du mot consciousness était évidemment tout aussi nouveau), associé à l'idée d'un soi-même dont la conscience exprime l'identité.

Caractéristiques de la conscience

La conscience présente certains traits caractéristiques :

Conscience de soi

La conscience s'accompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et de savoir que nous rapportons à une réalité intérieure que nous nommons moi. Cette conscience est nommée conscience de soi, et est structurée par la mémoire et l'entendement. Elle est en ce sens une unité synthétique sous-jacente à tous nos comportements volontaires. Les éléments qu'elle contient, souvenirs, sentiments, jugements, dépendent d'un contexte culturel, ce qui fait de la conscience de soi une réalité empirique changeante et multiple. L'unité et la permanence du moi ne sont par conséquent pas garanties par l'unité de la conscience.

Le cogito cartésien ("je pense par conséquent je suis") tend à exprimer l'état de conscience de celui qui s'exprime. C'est à dire le sujet, disant "Je" exprime une conscience de lui-même (Ego), en termes de savoir (raisonnement - entendement). Le "Je pense" est interactif. Il implique et nécessite, pour être exprimé, la conscience de soi. La conclusion d'être pourrait par conséquent paraître redondante. Cependant, elle vient exprimer l'état et la relation sensitive. "Je pense par conséquent je suis" peut par conséquent se décliner en "Je sais que je ressens par conséquent j'existe".

Le rapport en première personne

L'introspection est la méthode d'investigation de la conscience qui vient le plus souvent la première à l'esprit. C'est un fait que nous pensons avoir un accès privilégié à notre esprit, accès dont la conscience serait l'expression. Mais l'investigation de notre vie mentale n'est sans doute pas suffisante pour élaborer une théorie de la conscience étendue : «on ne peut pas, disait Auguste Comte, se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue». Le sujet ne peut en effet s'observer objectivement dans la mesure où il est à la fois l'objet observé et le sujet qui observe, d'autant que la conscience se modifie elle-même en s'observant. Toute psychologie impliquerait par conséquent d'examiner la conscience à la troisième personne, même s'il faut alors se demander comment il est envisageable d'observer ainsi la conscience de l'extérieur.

Le stade du miroir (se reconnaître dans un miroir) est fréquemment reconnu comme un attribut essentiel de la conscience de soi, réservé à l'humain. Mais si ce stade est atteint vers l'âge d'un an et demi-deux ans chez l'homme, certains chimpanzés expérimentés, certains autres grands singes, éléphants, dauphins, perroquets et pies, sont capables de se reconnaître dans un miroir, comme l'a montré le test du miroir en éthologie [3].

Courant de conscience

L'idée de conscience de soi pose le problème de l'unité d'un sujet, d'un moi ou d'une conscience. On peut particulièrement le plus souvent distinguer deux types d'hypothèses :

Conscience du monde extérieur

Selon Husserl, qui reprend un concept médiéval, toute conscience est conscience de quelque chose. Cela suppose que la conscience soit un effort d'attention qui se concentre autour d'un objet. Cette concentration est structurée par l'expérience ou par des catégories a priori de l'entendement, structures qu'on considère quelquefois comme les fondements de toute connaissance du monde extérieur. Dans l'idéalisme moderne la conscience est ainsi la source et l'origine de la science et de la philosophie.

Structure phénoménale de la conscience

À la question de savoir quelles relations la conscience entretient avec la réalité généralement, une description phénoménologique répond que celle-ci a une structure spatiale et temporelle, structure qui est une organisation des concepts qui concernent notre expérience du monde et nous-mêmes comme acteurs de ce monde.

Conscience morale

C'est le sens premier du mot «conscience», qu'on trouve chez Cicéron et Quintilien, et qui dans la langue française reste sans concurrence jusqu'au XVIIe siècle (voir plus haut − section histoire).

La conscience psychologique est fréquemment évoquée comme une lumière, la conscience morale comme une voix : si la première nous «éclaire», la seconde nous «parle». La conscience morale sert à désigner en effet le sentiment intérieur d'une norme du bien et du mal qui nous dit comment apprécier la valeur des conduites humaines, qu'il s'agisse des notres ou de celles d'autrui. C'est le démon qui fit condamner Socrate.

Cette «voix» de la conscience, qui se fait entendre dans l'individu est néenmoins, selon Rousseau, la même en tout homme. Malgré la diversité et la variabilité des mœurs et des connaissances, elle est universelle : elle est en nous la voix de la nature, car «quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au-dedans de nous, et c'est par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir» (Émile, Livre IV). Tel un instinct, mais néenmoins signe de notre liberté, elle ne nous trompe jamais, pour peu qu'on l'écoute vraiment : «Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme comparable à Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer d'erreurs en erreurs avec un entendement sans règle et d'une raison sans principe» (ibid. ).

Entendue ainsi, dit Alain, la conscience est «le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger. Ce mouvement intérieur est dans toute pensée ; car celui qui ne se dit pas finalement : «que dois-je penser ?» ne peut pas être dit penseur. La conscience est toujours implicitement morale ; et l'immoralité consiste toujours à ne point vouloir penser qu'on pense, ainsi qu'à ajourner le jugement intérieur. On appelle bien inconscients ceux qui ne se posent aucune question d'eux-mêmes à eux-mêmes» (Définitions, dans Les Arts et les Dieux).

Pour Alain, il n'y a par conséquent pas de morale sans délibération, ni de délibération sans conscience. Fréquemment la morale condamne, mais quand elle approuve, c'est toujours au terme d'un examen de conscience, d'un retour sur soi de la conscience, de sorte que «toute la morale consiste à se savoir esprit», c'est-à-dire «obligé totalement» : c'est la conscience et elle seule qui nous dit notre devoir.

La question demeure cependant de savoir quelle origine attribuer à la conscience morale. Car si pour Rousseau «les actes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments» (ibid. ), il n'en sera plus ainsi pour Kant, qui considérera au contraire la conscience morale comme l'expression de la raison pratique − et toujours moins pour Bergson, qui verra en elle le produit d'un conditionnement social, ou pour Freud, qui la situera comme l'héritière directe du surmoi (Le Malaise dans la culture, VIII), instance néenmoins en majeure partie inconsciente.

En d'autres termes, nous pouvons dire que la conscience morale sert à désigner le jugement moral de nos actions (définition donnée par les professeurs de lycée généraux en classe de terminale).

représentations allégoriques de la conscience

On trouve dans la mythologie, la littérature et le cinéma plusieurs représentations allégoriques de la conscience.

Socrate. Salut à toi, Minos. Ceux qui ont été injustement condamnés par les vivants se présentent avec confiance devant ton tribunal, juge des morts.

Minos. Je ne suis pas ton juge, Socrate, ni celui des autres hommes. La conscience humaine se juge elle-même selon ses actes.

La conscience comme forme de justice

Crime et Châtiment de Dostoïevski évoque une forme d'auto justice. La punition qu'inflige la conscience de Raskolnikov à lui même est pire que la prison ou le camp de travail.

Le vrai châtiment de Raskolnikov n'est pas le camp de travail auquel il est condamné, mais le tourment qu'il endure tout au long du roman.

C'est le même thème qu'aborde Victor Hugo dans son poème "la conscience" cité plus haut.

Fonctions de la conscience

Les théories de la conscience

Les questions de savoir ce qui caractérise la conscience, quelles sont ses fonctions et quels rapports elle entretient avec elle-même ne préjugent pas obligatoirement du statut ontologique qu'il est envisageable de lui donner. On peut par exemple considérer que la conscience est une partie de la réalité qui se manifeste dans des états de conscience tout en étant plus qu'une simple abstraction produite à partir de l'adjectif «conscient». Cette thèse réaliste (au sens de la philosophie médiévale, voir Réalisme et nominalisme) n'a plus énormément de défenseurs aujourd'hui. L'une des raisons est que l'investigation descriptive ne rend pas indispensable ce genre d'hypothèses réalistes.

et même des approches complètement physiques, comme celle de Jean-Pierre Changeux, selon lequel les percepts et les concepts forment des entités physiques se traduisant par des connexions physiques et logiques de neurones, qu'il entend mettre en évidence; c'est déjà le cas pour les percepts.

Article détaillé : Science et conscience.

Le concept de conscience n'est plus exclusivement utilisé par la philosophie ou la psychologie, des chercheurs d'autres disciplines comme la sociologie ou l'anthropologie s'intéressent à ce concept en lui donnant d'autres sens, à partir fréquemment de résultats d'enquêtes ou d'observations directes et participantes. A titre d'exemple, des chercheurs sous la direction d'Alfredo Pena-Vega et de Nicole Lapierre ont étudié l'émergence d'une conscience européenne chez des jeunes vivant en Poitou-Charente. Comment la construction européenne est-elle perçue ? La conscience européenne passe-t-elle par une conscience planétaire ? Le concept de conscience prend ici une dimension politique, sociale et culturelle.

Bibliographie

Par ordre alphabétique :

Notes

  1. EDELMAN G., et TONONI G., Comment la matière devient conscience (cf. Biblio. ), p. 69.
  2. Sigmund Freud : Métapsychologie, Ed.  : Presses Universitaires de France, 2010, ISBN 2130579574
  3. Voir Ces drôles d'oiseaux, Documentaire de Volker Arzt et Immanuel Birmelin (Allemagne, 2006, 2x43mn), diffusé sur Arte le 5 septembre 2006 ([1])
  4. La conscience (Victor Hugo)
  5. Socrate devant Minos

Voir aussi

Lien externe


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