Cognition

La cognition est le terme scientifique pour désigner les mécanismes de la pensée. Historiquement, la cognition désignait la capacité de l'esprit humain à manipuler des concepts.



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Définitions :

  • (éducation, psychologie) processus par lequel un stimulus (un objet) est traité par un sujet. La totalité du processus, comprenant les aspects... (source : mindcator.free)

La cognition est le terme scientifique pour désigner les mécanismes de la pensée. Historiquement, la cognition désignait la capacité de l'esprit humain à manipuler des concepts. Mais plus il y a peu de temps, en sciences cognitives, le mot cognition est utilisé pour désigner non seulement les processus de traitement de l'information dits «de haut niveau» tels que le raisonnement, la mémoire, la prise de décision et les fonctions exécutives généralement mais également des processus plus élémentaires comme la perception, la motricité mais aussi les émotions alors même que habituellement, affectivité et intellect ont longtemps été vus comme des mécanismes opposés.

Cette définition est fréquemment étendue au-delà du seul cadre de la cognition humaine pour inclure l'ensemble des processus «intelligents» y compris chez les animaux non-humains ou implémentés au sein de systèmes artificiels, comme les ordinateurs. Les sciences cognitives rassemblent la totalité des domaines scientifiques consacrés à l'étude de la cognition surtout, les neurosciences, la psychologie, l'intelligence artificielle, les mathématiques appliquées à la modélisation des fonctions mentales, l'anthropologie, ou la philosophie de l'esprit. Cette recherche transdisciplinaire est fréquemment fédérée par des hypothèses relatives à la nature de la cognition, conçue comme simulation, comme manipulation formelle de symboles ou encore comme une propriété émergeant des systèmes complexes.

La définition exacte de la cognition et des relations entre activités mentales et cérébrales (le "mind-body problem") reste l'objet de nombreux débats dans les sciences contemporaines (psychologie, intelligence artificielle, philosophie, etc. ). Suite à la Révolution cognitiviste, la perspective dominante depuis le milieu du XXe siècle regroupe sous le terme de cognition les fonctions dont est pourvu l'esprit humain et par lesquelles nous construisons une représentation opératoire de la réalité à partir de nos perceptions, susceptible surtout de nourrir nos raisonnements et guider nos actions. D'autres courants de recherche critiquent cette perspective représentationnaliste et caractérise au contraire la cognition comme un phénomène principalement dynamique et émergent.

Cognition froide vs. cognition chaude

Fondée sur la vision propre à la philosophie classique de l'être humain cogitans puis inspirée par la métaphore du cerveau-ordinateur issue de l'intelligence artificielle, l'étude de la cognition humaine s'est en premier lieu intéressée aux grandes fonctions de l'esprit humain, comme le raisonnement, la mémoire, le langage, la conscience... laissant de côté l'affect, l'instinct ou l'éthique.

Cependant, quoique nées de ce cadre conceptuel, les sciences cognitives ont assez rapidement brisé ce découpage en montrant les multiples interactions qu'il pouvait y avoir entre, par exemple, l'affect et la mémoire, l'éthique et le raisonnement, etc. Le titre du célèbre livre d'Antonio Damasio, L'Erreur de Descartes illustre idéalement cette évolution : contre Descartes (et une vision du raisonnement comme proprement humaine et détachée des autres composantes de l'homme), le neurologue oppose une approche dans laquelle émotions et raisonnement interagissent. Pour exemple, la mémorisation et l'apprentissage sont plus efficaces s'ils s'accompagnent d'un stimuli émotionnel[1]. La distinction émotion/abstraction repose néanmoins sur une base neurologique. Ainsi, en neuropsychologie, les patients souffrant d'une lésion cérébrale dans le cortex préfrontal sont incapables de réagir correctement à une situation émotionnelle tout en étant idéalement capable de raisonner dans l'abstrait. L'influence des émotions sur les décisions intéresse l'économie expérimentale, qui a montré que les individus peuvent agir irrationnellement à l'endroit où les théories économiques classiques postulent la rationalité des agents. Le terme cognition inclut par conséquent actuellement un ensemble particulièrement vaste de processus mentaux.

D'autre part, les progrès effectués dans l'étude du comportement animal par l'éthologie cognitive ont aussi contesté cette conception d'une cognition humaine en montrant que les animaux étaient aussi capables de raisonnement, de mémoire... À l'inverse, cette discipline a permis de mieux cerner les facultés cognitives propres à l'homme. Actuellement, ces travaux s'inscrivent dans une perspective évolutionniste qui cherche à mieux comprendre comment sont apparues et ont évolué les différentes facultés cognitives.

Cognition artificielle

Article détaillé : Intelligence artificielle.

Les progrès effectués dans l'étude de la cognition humaine et animale ont rapidement fait l'objet de transpositions partielles dans certains systèmes d'information et dans des applications de gestion des connaissances.

La métaphore fréquemment utilisée est celle du traitement de l'information. Avec une entrée (input), une évaluation (traitement, avec différentes étapes), une réponse ou sortie (output).

Le «traitement de l'information» est lié à au moins trois variables :

Cognition localisée et incarnée

Référence : Andy Clark, 1997, Being There - Putting Brain, Body, and World Together Again, The MIT Press.

Pour développer cette notion, on peut entre autres se référer aux travaux du neurobiologiste Francisco Varela et sa théorie de l'énaction [1]. Lire à ce sujet : L'inscription corporelle de l'Esprit, Sciences cognitives et expérience humaine, Seuil 1993, coll. La couleur des idées.

Des sciences cognitives à la science de la cognition

L'une des conséquences de ces interactions pluridisciplinaire au sein de ce qu'on nomme la cognition est de changer de façon importante la façon dont s'organisent les thématiques de recherche en sciences cognitives. Celles-ci ne se structurent par conséquent non plus uniquement comparé aux divers objets d'étude respectant les traditions des disciplines constitutives de ce domaine de recherche (les neurones et le cerveau pour les neurosciences, les processus mentaux pour la psychologie, le comportement animal pour l'éthologie, l'algorithmique et la modélisation pour l'informatique, etc. ) mais également fréquemment autour des fonctions cognitives qu'on cherche à isoler les unes des autres. Des chercheurs de plusieurs disciplines s'intéresseront collectivement, par exemple, à la mémoire ou au langage. Cette mutation se manifeste dans l'émergence du terme : science de la cognition qui traduit, ou revendique, le fait que ce domaine pluridisciplinaire est en passe de se former comme une science, unifiée ainsi qu'à part entière.

Article détaillé : sciences cognitives.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

  1. L'émotion au service de la logique journal du CNRS



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Psychologie
Histoire · Écoles · Psychologues · Émotion · Cognition

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