Charles Maurras

Charles-Marie-Photius Maurras, né le 20 avril 1868 à Martigues et mort le 16 novembre 1952 à Saint-Symphorien-lès-Tours, , est un journaliste, essayiste, homme politique...



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Maurrassien - Nationaliste français - Affaire Dreyfus - Polémiste - Naissance en 1868 - Naissance à Martigues - Décès en 1952 - Personnalité de la Troisième République - Personnalité de l'extrême droite française - Action française - Orléanisme - Philosophe français - Antisémitisme en France - Anti-maçonnerie - Antiprotestantisme - Membre de l'ordre de la francisque - Voyageur - Écrivain français du XXe siècle - Éditorialiste français - Membre de l'Académie française - Positivisme - Courant philosophique

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Charles Maurras
Maurras.jpg
Activité (s) Écrivain
Journaliste
Homme politique
Poète
Naissance 20 avril 1868
Martigues (Bouches-du-Rhône)
Décès 16 novembre 1952
Saint-Symphorien-lès-Tours (Indre-et-Loire)
Langue d'écriture française et provençale
Mouvement (s) Néoclassicisme
Royalisme
Positivisme
Genre (s) Essai
Poésie
Pamphlet
Œuvres principales
  • Enquête sur la monarchie (1900)
  • Anthinéa (1901)
  • Mes idées politiques (1937)

Charles-Marie-Photius Maurras, né le 20 avril 1868 à Martigues (Bouches-du-Rhône) et mort le 16 novembre 1952 à Saint-Symphorien-lès-Tours[1], [2] (Indre-et-Loire), est un journaliste, essayiste, homme politique et poète français, théoricien du nationalisme intégral, antisémite déclaré et soutien du régime de Vichy.

Biographie

Article connexe : L'Action française.

Maurras naît dans une famille de la bourgeoisie provençale. Il fait ses études au collège catholique, à Aix-en-Provence, rue Lacépède, mais perd la foi rapidement. Après avoir passé son baccalauréat en 1885, il part pour Paris et devient journaliste littéraire. Il se lie d'amitié avec Anatole France, qui renforce son agnosticisme et subit l'influence du positivisme d'Auguste Comte.

Maurras évolue à partir de 1895-1896. Il fait la connaissance du nationaliste Maurice Barrès, participe à La Cocarde, et rentre changé de son voyage en Grèce, où il couvre les premiers Jeux olympiques modernes pour La Gazette de France. Il se range dans le camp des antidreyfusards, déclarant que devant le dilemme d'innocence ou de culpabilité, il fallait mettre en avant l'intérêt supérieur de l'Etat. Il lance alors l'idée d'élever Dreyfus au maréchalat alors qu'on passerait par les armes les agitateurs de tout genre se réclamant de lui[3]. Il se convertit à l'idée monarchique. Joseph de Maistre et Louis de Bonald inspirent ses idées politiques (voir l'ouvrage de Tony Kunter, Charles Maurras, la Contre-Révolution pour héritage), Le Play et La Tour du Pin, ses idées économiques et sociales.

À la mort de son frère, il adopte son neveu et ses nièces. Il sera aussi le parrain de François Daudet, un des fils de Léon Daudet.

Il est le dirigeant et le principal fondateur du quotidien royaliste l'Action française (en premier lieu intitulé Revue d'Action française, fondée par Maurice Pujo et Henri Vaugeois en 1899). Il déploya, avec ses principaux collaborateurs, une grande virulence, allant – durant les années 1920 – jusqu'à la menace de mort, surtout contre Abraham Schrameck, ministre de l'Intérieur, en 1925 («Ce serait sans haine et sans crainte que je donnerais l'ordre de répandre votre sang de chien si vous abusiez du pouvoir public pour répandre du sang français répandu sous les balles et les couteaux des bandits de Moscou que vous aimez[4]»), ou contre Léon Blum, président du Conseil («C'est comme Juif qu'il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra légèrement fort de café : je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il est vrai, il ne faudra pas le manquer[5]).

Comme dirigeant du quotidien L'Action française, en publiant, le 14 juillet 1936[6], un article accusant Roger Salengro d'avoir déserté au cours de la Première Guerre mondiale[6], il joua un rôle majeur dans la campagne de presse violente et mensongère menée, avec le quotidien d'extrême droite Gringoire[6], contre le ministre de l'Intérieur du Front populaire, qui aboutit à son suicide[6] le 18 novembre 1936.

L'antisémitisme de Maurras, occupe cependant une place modeste dans son œuvre ; Léon Poliakov évoque d'ailleurs les «bons Juifs» qu'avait distingués Maurras par leur engagement dans la Grande Guerre[7], comme Pierre David (1886-1918). Son talent littéraire donnait à ses ouvrages théoriques une grande influence dans les milieux cultivés et conservateurs de France, et ses qualités de polémiste lui assuraient une réelle audience dans d'autres, comme l'Académie française.

En 1905 il fonde la Ligue d'Action française pour lever des fonds en faveur de L'Action française, devenue l'organe de presse du mouvement.

Le marquis de Montealegre de Aulestia, grand penseur réactionnaire péruvien, le rencontra en 1913, admiratif de sa doctrine monarchique. Maurras aussi eut un important ascendant idéologique sur Salazar et les intellectuels du régime salazariste. Il soutint le général Franco et , jusqu'au printemps 1939, Mussolini, soulignant la parenté entre bon nombre de ses idées et celles du fascisme. Il appréciait la symbiose entre ses épigones italiens et le Parti national fasciste[8].

En mars 1936, il écrira dans l'Action française à propos du nazisme : «l'entreprise raciste est sans doute une folie pure et sans issue». Maurras demandera une traduction non expurgée de Mein Kampf, dont certains passages laissant prévoir les ambitions hitlériennes avaient été censurés dans la version française.

Il fut élu à l'Académie française le 9 juin 1938, au fauteuil 16, succédant à Henri-Robert. Sa réception officielle eut lieu le 8 juin 1939.

À l'été 1940, malgré les conseils de Pierre Gaxotte, Maurras fit reparaître L'Action française à Lyon, avec en tête le slogan «La France seule», voulant signifier son rejet de la collaboration et de la dissidence. Il soutient le régime de Vichy. En septembre 1940, quand le maréchal Pétain lui demande sa conception de la Révolution nationale, il répond «un bon corps d'officiers et un bon clergé»[9], une position qu'il appelait : «défendre l'héritage en l'absence d'héritier»[10]. On lui reprocha sa formule ambiguë sur une «divine surprise»[11] pour parler des événements de 1940, mais il semble qu'il parlait alors non de l'accession au pouvoir du Maréchal Pétain mais du fait que malgré la défaite l'État ne se soit pas totalement effondré[12]. Inspirateur de la politique du régime de Vichy, il se fit l'apologiste du gouvernement du maréchal Pétain[13], [14]. Il continua à «dénoncer les Juifs» en se félicitant par exemple de l'abolition du décret Crémieux[15].

Pendant l'occupation, les membres et les proches de l'Action française se divisèrent en trois groupes opposés : celui des maurrassiens orthodoxes soutenant le gouvernement de Vichy conduit par le maréchal Pétain, celui des collaborationnistes germanophiles tels Robert Brasillach ou Joseph Darnand et celui de ceux qui entrèrent en résistance contre les nazis tels Honoré d'Estienne d'Orves, Gilbert Renault, Pierre Bénouville, Daniel Cordier ou Jacques Renouvin[4].

Le 28 janvier 1945[16], la cour de justice de Lyon déclare Charles Maurras coupable de haute trahison et d'intelligence avec l'ennemi et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité ainsi qu'à la dégradation nationale. De cette dernière condamnation (article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944), découle son exclusion[17] automatique de l'Académie française[16], [18] (l'ordonnance prévoit l'exclusion de l'Institut). Conformément à la loi[16] l'Académie déclare vacant le siège de Maurras lors de la séance du 1er février 1945[16], [18] mais, selon la décision du secrétaire perpétuel Georges Duhamel, ne procède pas au vote de radiation[16]. L'Académie décide de ne procéder à l'élection du remplaçant qu'après le décès du titulaire[16], [18]. Ce remplacement eut lieu le 29 janvier 1953, avec l'élection d'Antoine de Lévis-Mirepoix au fauteuil 16.

Maurras commenta sa condamnation par une exclamation célèbre : «C'est la revanche de Dreyfus !»[4]. Le 21 mars 1952[19], bénéficiant d'une grâce médicale accordée par le président de la République Vincent Auriol[19], grâce réclamée maintes fois par l'écrivain Henry Bordeaux, auprès du président, par divers courriers, Charles Maurras est transféré à la clinique Saint-Grégoire[2] de Saint-Symphorien-lès-Tours où il meurt[1]. Quoiqu'affaibli, il collabora sous pseudonyme à Aspects de la France, journal fondé par des maurrassiens en 1947, suite à l'interdiction de l'Action française.

Ses dernières années, à la prison de Clairvaux, furent l'occasion d'une introspection et d'un retour au catholicisme.

Idées politiques

Article détaillé : Maurrassisme.
Meuble héraldique Fleur de lys.svg Action française Meuble héraldique Fleur de lys.svg
Membres fondateurs

Jacques BainvilleLéon DaudetLouis DimierCharles MaurrasMarius PlateauMaurice PujoGeorges ValoisHenri Vaugeois

Presse

Revue d'Action françaiseL'Action française

Organisation

Ligue d'Action françaiseCamelots du RoiCercle Proudhon

• De 1945 à nos jours •
Principaux représentants

Pierre PujoPierre BoutangBertrand Renouvin

Presse

Aspects de la FranceLa Nation françaiseNouvelle Action française
L'Action française 2000

Organisation et mouvements

Restauration nationaleNouvelle Action françaiseCentre royaliste d'Action française

Un intense nationalisme était central dans les idées politiques de Maurras (il fonde sa propre doctrine qu'il appelle nationalisme intégral), tout comme la foi porté à une société d'ordre basée sur un chef d'État autoritaire. Ces idées sont les bases de son soutien tant au monarchisme français qu'à l'Église catholique et au Vatican. Cependant, il n'avait aucune loyauté personnelle envers la maison de Bourbon-Orléans, et était un agnostique convaincu, jusqu'à une reconversion au catholicisme à la fin de sa vie. Ses travaux ont spécifiquement marqué la droite française, incluant l'extrême droite, succès dû au fait qu'il parvînt à théoriser la totalité des idées politiques défendues par les familles politiques de droite en une seule et unique doctrine offensive et virulente, qui contrastait nettement avec les légitimistes, néenmoins en principe plus à droite que Maurras, et fut certainement une des causes de leur écroulement pendant les années Maurras. Il parvint à rassembler le paradoxe d'une pensée réactionnaire qui changerait activement l'Histoire, une forme de contre-révolution opposée (car plus radicale) au simple conservatisme. Selon l'historien Alain-Gérard Slama, l'efficacité de Maurras tient précisément dans ce rassemblement des divers courants de droite de la France de cette époque (légitimistes, orléanistes, bonapartistes) et dans le fait de leur donner une théorie de l'action politique tout autant qu'une idéologie positive, l'intégralisme, tandis que les familles de droite étaient jusqu'alors caractérisées par leur unique opposition à la gauche. Son «nationalisme intégral» rejetait tout principe démocratique qu'il jugeait contraire à l'«inégalité naturelle», et critiquait toute évolution depuis la Révolution française de 1789, et prônait le retour à une monarchie héréditaire.

Comme énormément de gens en Europe à cette époque, il était hanté par l'idée de «décadence», partiellement inspirée par ses lectures de Taine et Renan, et admirait le classicisme (ce qui d'ailleurs se ressent nettement dans ses recueils de poèmes, surtout La Musique intérieure et La Balance intérieure). Il sentait que la France avait perdu sa grandeur au cours de la Révolution de 1789, une grandeur héritée de ses origines de province de l'Empire Romain et forgée par, selon son expression, «quarante rois qui, en mille ans, firent la France». La Révolution française, écrivait-il dans L'Observateur, était négative et destructive.

Il remonta plus loin pour expliquer ce déclin, jusqu'aux Lumières ainsi qu'à la Réformation; il décrivait la source du mal comme étant "des idées suisses", une référence à la nation adoptive de Calvin et la patrie de Jean-Jacques Rousseau. Maurras attribuait aussi le déclin de la France à l'«Anti-France», qu'il définissait comme «les quatre États confédérés des Protestants, Juifs, Franc-maçons, et métèques». En effet, pour lui ces trois premiers, Protestants, Juifs et Franc-maçons étaient tous des "étrangers internes".

L'antisémitisme et l'anti-protestantisme sont deux thèmes communs de ses écrits. Il croyait que la Réformation, les Lumières, et l'éventuel résultat de la Révolution française avaient tous contribué à une somme d'individualismes se préoccupant avant tout de leur sort personnel avant de se préoccuper de celui de la nation, avec comme conséquence des effets négatifs sur cette dernière, et que la démocratie et le libéralisme ne faisaient qu'empirer les choses.

Même si Maurras prônait un retour à la monarchie, par bien des aspects Maurras ne correspondait absolument pas à la tradition monarchiste française. Son soutien à la monarchie et au catholicisme étaient explicitement pragmatiques, car il considérait qu'une religion d'État était l'unique façon de maintenir l'ordre public. En contraste avec Maurice Barrès, théoricien d'une sorte de nationalisme-romantique basé sur l'Ego, Maurras prétendait baser ses vues sur la Raison plus que sur les sentiments, sur la loyauté et sur la foi.

Paradoxalement, il admirait le philosophe positiviste Auguste Comte, lorsque bien des leaders de la Troisième République le détestaient, dans laquelle il trouvait une contre-balance à l'idéalisme allemand. Tandis que les Légitimistes rechignaient à s'engager vraiment dans l'action politique, se retranchant dans un conservatisme catholiciste intransigeant et une indifférence à l'égard du monde moderne reconnu comme mauvais, Maurras était préparé à s'engager entièrement dans l'action politique, par des manières tout autant orthodoxes que non orthodoxes (les Camelots du Roi de l'Action française étaient souvent impliqués dans des bagarres de rue contre des opposants de gauche, tout comme les membres du Sillon de Marc Sangnier). Sa devise était «politique en premier lieu». D'autres influences incluant Frédéric Le Play lui permirent de réconcilier rationalisme cartésien et empirisme.

Les positions religieuses de Maurras étaient en fait peu catholiques… Il soutenait l'Église catholique comme composante politique car celle-ci était intimement liée à l'Histoire de France, et parce que sa structure hiérarchique et son élite cléricale reflétaient son image de société parfaite. Il considérait que l'Église se devait d'être le mortier chargé d'unir la France, et la chaîne chargée de lier l'ensemble des Français. Cependant, il ne croyait pas vraiment, jusqu'à sa conversion, au dogme religieux, écrit, selon son expression, «par quatre obscurs juifs», mais admirait l'Église catholique pour être parvenue à concilier bien des «dangereux apprentissages» de la Bible. L'interprétation de Maurras à propos du dogme, tout comme ses enseignements intégralistes personnels, étaient critiqués résolument par bien des membres du Clergé.

Mis à part ce point, Maurras fut suivi par bien des monarchistes et par énormément de catholiques, incluant les Assomptionnistes et le prétendant orléaniste au trône de France, le comte de Paris. Cependant son agnosticisme suscitait l'inquiétude de la part de la hiérarchie catholique et en 1926, le pape Pie XI classa certains écrits de Maurras dans la catégorie des "Livres Interdits" et condamna l'Action française dans son ensemble. Cette condamnation du pape fut un grand choc pour bon nombre de ses partisans, qui comprenaient un nombre énorme de membres du clergé français, et causa un grand préjudice à l'Action française. Elle fut levée cependant en 1939, un an après que Maurras fut élu à l'Académie française.

Maurras était bien entendu un opposant majeur de ce qu'Allan Bloom appelait le «conservatisme du Trône et de l'Autel», et un descendant intellectuel de Joseph de Maistre, un des premiers penseurs de la contre-révolution.

Il était aussi un militant antimaçonnique, considérant que si la franc-maçonnerie était jadis un esprit, d'ailleurs absurde, une pensée, d'ailleurs erronée, une propagande, d'ailleurs funeste, pour un corps d'idées désintéressées ; n'est actuellement plus animé ni soutenu que par la communauté des ambitions grégaires et des appétits individuels[20]. [style à vérifier]

L'héritage de Charles Maurras

Maurras est la principale influence intellectuelle du national-catholicisme et du nationalisme intégral. Lui et l'Action française ont influencé, au Mexique, Jesús Guiza y Acevedo, surnommé «le petit Maurras», tout comme l'historien Carlos Pereyra   (es) , ou l'écrivain vénézuélien Laureano Vallenilla Lanz   (es) , qui écrivit intitulé'Cesarismo democratico' (Césarisme démocratique). Parmi les autres personnes célèbres influencées par Charles Maurras, on peut aussi citer le brésilien Plinio Corrêa de Oliveira et le Marquis de Montealegre de Aulestia pour le Pérou. La pensée de Maurras a aussi influencé le catholicisme essentieliste de la dictature brésilienne des années 1964 à 1985, tout comme le mouvement Cursillos de la Cristiandad, identique au groupe Cité catholique, fondé en 1950 par l'évêque de Ciudad Real, Mgr Hervé. Le militaire argentin Juan Carlos Ongania, tout comme Alejandro Agustín Lanusse, avaient participé aux Cursillos de la Cristiandad, mais aussi les Dominicains Antonio Imbert Barrera   (es) et Elias Wessin y Wessin   (es) , opposants militaires à la restauration de la Constitution de 1963. De plus, le maurrassisme influença bien des écrits de l'OAS, qui théorisa «la guerre contre-révolutionnaire».

On peut aussi clairement citer l'exemple le plus connu : le Portugal gouverné par António de Oliveira Salazar de 1932 à 1968 (puis prolongée par Marcelo Cætano qui lui succéda jusqu'à la Révolution des Œillets en 1974) et dont la doctrine idéologique et politique d'Estado Novo fut conçue puis appliquée directement à partir des idées maurassiennes en tenant compte qu'elles furent dans ce cas adaptées à la réalité portugaise de l'époque.

Le démocrate chrétien Jacques Maritain était aussi proche de Maurras avant la condamnation du pape, et critiqua la démocratie dans l'un de ses premiers écrits, Une opinion sur Charles Maurras ou Le Devoir des Catholiques.

Maurras fut à l'origine de nombreuses aventures intellectuelles et littéraires. En 1908, année de la fondation du quotidien L'Action française, les jeunes intellectuels maurrassiens se regroupaient autour de la Revue critique des idées et des ouvrages, qui fut jusqu'en 1914 la grande rivale de la NRF d'André Gide. La revue défendait l'idée d'un «classicisme moderne», s'ouvrait aux théories nouvelles (Henri Bergson, Georges Sorel... ) et formait une nouvelle génération de critiques et d'historiens. Pendant l'entre deux guerres, l'expérience de la Revue Critique se poursuivit dans la plupart de revues : Revue universelle, Latinité, Réaction pour l'ordre, La Revue du siècle...

Citations et jugements

Œuvres

  • 1889 : Théodore Aubanel
  • 1891 : Jean Moréas
  • 1894 : Le Chemin du Paradis, mythes et fabliaux Lire en ligne sur archive. org
  • 1896-1899 : Le Voyage d'Athènes (Lettres des Jeux olympiques, GF-Flammarion, prés. Axel Tisserand, 2004 (ISBN 208071208X) )
  • 1898 : L'Idée de décentralisation
  • 1899 : Dictateur et Roi
  • 1899 : Trois idées politiques : Chateaubriand, Michelet, Sainte-Beuve Lire en ligne sur archive. org
  • 1900 : Enquête sur la monarchie Lire en ligne sur archive. org
  • 1901 : Anthinéa : d'Athènes à Florence Lire en ligne sur archive. org
  • 1902 : Les Amants de Venise, George Sand et Musset (éd. Flammarion, 1992)
  • 1905 : L'Avenir de l'intelligence Lire en ligne sur archive. org
  • 1906 : Le Dilemme de Marc Sangnier
  • 1910 : Kiel et Tanger
  • 1912 : La Politique religieuse (repris dans La démocratie religieuse, Nouvelles Éditions Latines, prés. Jean Madiran, 2008, contient aussi Le Dilemme de Marc Sangnier et L'Action française et la religion catholique (ISBN 2723300315) )
  • 1914 : L'Action française et la religion catholique
  • 1915 : L'Étang de Berre Lire en ligne sur archive. org
  • 1916 : Lorsque les Français ne s'aimaient pas Lire en ligne sur archive. org
  • 1916-1918 : Les Conditions de la victoire, 4 volumes Lire en ligne sur archive. org : Vol. 1, Vol. 2, Vol. 3
  • 1917 : Le Pape, la guerre et la paix Lire en ligne sur archive. org
  • 1920 : Le Conseil de Dante Lire en ligne sur archive. org
  • 1921 : Tombeaux
  • 1922 : Inscriptions
  • 1923 : Les Nuits d'épreuve (tiré à 1200 exemplaires, en particulier rare)
  • 1923 : Poètes
  • 1924 : L'Allée des philosophes
  • 1925 : La Musique intérieure
  • 1925 : Barbarie et poésie
  • 1926 : La Bonne mort (tiré à 715 exemplaires)
  • 1927 : Quand Hugo eut les cent ans
  • 1928 : Le Prince des nuées
  • 1928 : Un débat sur le romantisme
  • 1928 : Vers un art intellectuel
  • 1928 : L'Anglais qui a connu la France
  • 1929 : Corps glorieux ou Vertu de la perfection
  • 1929 : Promenade italienne
  • 1929 : Napoléon pour ou contre la France
  • 1930 : De Démos à César
  • 1930 : Corse et Provence
  • 1930 : Quatre nuits de Provence
  • 1931 : Triptyque de Paul Bourget
  • 1931 : Le Quadrilatère
  • 1931 : Au signe de Flore
  • 1932 : Heures immortelles
  • 1932-1933 : Dictionnaire politique et critique, 5 volumes
  • 1935 : Prologue d'un essai sur la critique
  • 1937 : Quatre poèmes d'Eurydice
  • 1937 : L'Amitié de Platon
  • 1937 : Jacques Bainville et Paul Bourget
  • 1937 : Les vergers sur la mer
  • 1937 : Jeanne d'Arc, Louis XIV, Napoléon
  • 1937 : Devant l'Allemagne éternelle
  • 1937 : Mes idées politiques
  • 1937 : La Dentelle du Rempart
  • 1940 : Pages africaines
  • 1941 : Sans la muraille des cyprès
  • 1941 : Mistral
  • 1941 : La Seule France
  • 1942 : De la colère à la justice
  • 1943 : Pour un réveil français
  • 1944 : Poésie et vérité
  • 1944 : Paysages mistraliens
  • 1944 : Le Pain et le Vin
  • 1945 : Au-devant de la nuit
  • 1945 : L'Allemagne et nous
  • 1947 : Les Deux Justices ou Notre J'accuse
  • 1948 : L'ordre et le désordre (L'Herne, Carnets, 2007, précédé de L'Avenir du nationalisme français (ISBN 2851976656) )
  • 1948 : Maurice Barrès
  • 1948 : Une promotion de Judas
  • 1948 : Réponse à André Gide
  • 1949 : Au Grand Juge de France
  • 1949 : Le Cintre de Riom
  • 1950 : Mon jardin qui s'est souvenu
  • 1951 : Tragi-comédie de ma surdité
  • 1951 : Vérité, justice, patrie (avec Maurice Pujo)
  • 1952 : À mes vieux oliviers
  • 1952 : La Balance intérieure
  • 1952 : Le Beau Jeu des reviviscences
  • 1952 : Le Bienheureux Pie X, sauveur de la France
  • 1953 : Pascal puni (posthume)
  • 1958 : Lettres de prison (1944-1952) (posthume)
  • 1966 : Lettres passe-murailles, correspondance échangée avec Xavier Vallat (1950-1952) (posthume)
  • 2007 : Dieu et le Roi : Correspondance entre Charles Maurras et l'abbé Penon (1883-1928), présentée par Axel Tisserand, Privat, coll. «Histoire», Paris, novembre 2007, 750 p. (ISBN 978-2-7089-6881-3)

Il faut aussi noter que Charles Maurras, fin occitaniste, Majoral du Félibrige, a publié une grande partie de son œuvre en provençal utilisant la graphie mistralienne.

Bibliographie

(édition définitive, corrigée et complétée du précédent ouvrage des mêmes auteurs : Biblio-iconographie générale de Charles Maurras, Roanne, les Amis du Chemin de Paradis, 1953, 2 vol. ).

Liens externes

Notes

  1. Site de l'Académie française, Charles Maurras (1868-1952)  : «[... ] En 1952, sa santé déclinante le fit admettre à la clinique de Saint-Symphorien-lès-Tours, où il devait s'éteindre»
  2. Agnès Callu, Patricia Gillet et textes de Charles Maurras, Lettres à Charles Maurras – Amitiés politiques, lettres autographes, 1898-1952, éd. Presses Univ. Septentrion, 2008, 256 p. , (ISBN 2757400444 et ISBN 9782757400449) [lire en ligne], p.  170 : «clinique Saint-Grégoire»
  3. Enquête sur l'histoire, N°6, printemps 1993, Le maître d'Action Française, par Eric Vatré, p. 37
  4. L'Action française, 9 juin 1925. Cité par Jacques Prévotat, L'Action française, Paris, PUF, «Que sais-je?», 2004, p.  98-99
  5. L'Action française du 15 mai 1936
  6. Thibaut Kæser, «La rumeur assassine», Le Courrier, 12 décembre 2006, sur le site lecourrier. ch, consulté le 17 avril 2009
  7. Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme, Tome IV : L'Europe suicidaire (1870-1939), Calmann-Lévy, 1977, p.  438-442
  8. L'Action française, 18 juillet 1923
  9. Jean Madiran, Maurras toujours là, Consep, 2004, p.  12
  10. op. cit.
  11. Le Petit Marseillais, 9 février 1941
  12. Weyembergh (Maurice), Charles Maurras et la Revolution française, Librairie Vrin, 1992, ISBN 2-7116-4275-5, p.  116-117.
  13. Notice biographique de l'Académie française
  14. Voir aussi cette remarque de Jacques Prévotat, L'Action française, Paris, PUF, «Que sais-je?», 2004, p.  98-99. «Le directeur du journal [l'AF = Maurras] s'enferme dans un schématisme abstrait, détaché du réel concret, mais dont l'orientation, toujours favorable au régime de Vichy et hostile à la cause alliée, tourne à une complicité de fait avec l'occupant. Les contemporains ne sont pas dupes. De Londres, où il rédige dans La France libre, Raymond Aron porte, six mois à peine après l'installation du nouveau régime, cette appréciation sur le chef de l'Action française : «M. Maurras, promu doctrinaire officiel du nouveau régime, n'en écrit pas plus actuellement sur la IIIe République qu'il n'en écrivait depuis trente ans. L'unique différence est qu'il est désormais gouvernemental et conformiste, qu'il trouve une sorte de jouissance morose dans les malheurs qui accablent notre patrie, parce qu'ils ont liquidé le régime détesté et permis cette «merveille d'État national» que le maréchal Pétain est en train de construire (15 décembre 1940)»
  15. Bruno Goyet, Charles Maurras, Presses de Science Po, 1999, p.  251
  16. Collectif - Fondation Charles de Gaulle, De Gaulle et la Libération, Éditions Complexes, Paris, 2004, 221 p. (ISBN 2804800164 et ISBN 9782804800161) , présentation en ligne, [lire en ligne], chapitre : «De Gaulle et la République des lettres», par Nicole Racine : p.  184-186 : «[... ] L'ordonnance du 26 décembre 1944 entraînait automatiquement la destitution et l'exclusion de toutes fonctions, offices publics et corps constitués de quiconque était déclaré coupable d'indignité nationale. Comme la loi l'y obligeait, l'Académie déclara le 1er février, la vacance du fauteuil de Charles Maurras [... ], mais à l'initiative de Georges Duhamel ne vota pas sur la radiation. [... ]»
    Ont participé à cet ouvrage : Claire Andrieu, Serge Berstein, Michèle et Jean-Paul Cointet, Laurent Douzou, René Hostache, Chantal Morelle, Nicole Racine, Odile Rudelle, Maurice Vaïsse, Dominique Veillon, Olivier Wieviorka. Textes tirés des actes du colloque des 6, 7 et 8 octobre 1994 organisé par la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation des Sciences politiques, l'Association française des constitutionnalistes et la participation de l'université de Cæn ; publié en version intégrale : Le rétablissement de la légalité républicaine, 1944, Éditions Complexes, 1996.
  17. Le Larousse 2008, (ISBN 978-2-03-582503-2) , MAURRAS (Charles), p.  1510, emploie le mot «radié» : [Acad. fr., radié en 1945] ; ce terme est employé par ce dictionnaire de manière constante, il figure par exemple sur l'édition de 1952, p.  1534.
  18. Site de l'Académie française, Charles Maurras (1868-1952)  : «[... ] Sa condamnation entraînait automatiquement sa radiation de l'Académie (article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944)  ; il fut en fait décidé, lors de la séance du 1er février 1945, qu'on déclarerait vacant le fauteuil de Maurras, sans pour tout autant voter la radiation. Ainsi, Charles Maurras, comme le maréchal Pétain, mais à la différence d'Abel Hermant et Abel Bonnard, ne fut remplacé sous la Coupole qu'après sa mort.»
  19. Guillaume Gros, Philippe Ariès : un traditionaliste non-conformiste : de l'Action française à l'École des hautes études en sciences sociales, 1914-1984, éd. Presses Univ. Septentrion, 2008, 346 p. (ISBN 275740041X et ISBN 9782757400418) présentation en ligne [lire en ligne], p.  105-106
  20. Charles Maurras, Dictionnaire politique, tome III, 1932, p.  11
  21. Roger Nimier, Le Hussard bleu, Gallimard, Folio, 1950, p.  184.


Précédé par
Henri-Robert
Fauteuil 16 de l'Académie française
1938-1945
Suivi par
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