Aristocréon

Aristocréon est un philosophe stoïcien grec, neveu et disciple de Chrysippe, vivant vers la fin du IIIe -début du IIe siècle av.



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  • Cinquième section : Introduction au Menteur, à Aris- tocréon, I ; Introduction aux faux raisonnements, I ; du Menteur, à Aristocréon, VI.... (source : fr.wikisource)
  • Résultats de la recherche pour'Aristocréon eurochallenges. com/'. Articles. COM. COM, nom logique des ports de communication série sous les dispositifs MS-DOS, ... (source : fr.encarta.msn)
Chrysippe, marbre d'époque romaine impériale

Aristocréon (en grec ancien Ἀριστοκρέων / Aristokréôn) est un philosophe stoïcien grec, neveu et disciple de Chrysippe, vivant vers la fin du IIIe-début du IIe siècle av. J. -C. ). Apprécié par son oncle, qui se chargera de son éducation, et lui dédiera une dizaine d'ouvrage, Aristocréon deviendra, après la mort de ce dernier, un gardien de sa mémoire. D'autre part la connaissance que la critique moderne a d'Aristocréon est complétée par la redécouverte de deux décrets athéniens lui rendant les honneurs. Ainsi s'esquisse la figure d'un homme aussi dévoué à la cité d'Athènes qu'à la mémoire de son oncle.

Éducation

L'information la plus ancienne que nous ayons de la vie d'Aristocréon nous est donnée par Diogène Laërce : «ayant fait venir les fils de sa sœur, Aristocréon et Philocrate, Chrysippe les forma»[1]. Si tant est que le récit donné par Diogène Laërce est bien chronologique, on pourrait estimer que cette période de formation intervient avant la mort de Cléanthe, soit avant 233-232 av. J. -C. Le cas échéant, Aristocréon serait né légèrement avant 250 av. J. -C. [2]

Le disciple

Aristocréon est certainement un disciple assez aimé de Chrysippe. Il apparaît comme son premier dédicataire : dans la liste des œuvres de Chrysippe donnée par Diogène Laërce, trente-six livres, soit dix ouvrages lui sont en effet dédiés, contre huit, uniquement, pour Métrodore, et aucun pour Philocrate[3]. La majorité de ces livres appartenant au lieu logique, on peut conjecturer qu'Aristocréon était bon logicien. On peut aussi supposer que comme logicien, Aristocréon était spécifiquement préoccupé par le paradoxe du menteur : quatre des dix ouvrages dédiés ayant trait à cet argument. Ce paradoxe attribué à Euboulidès de Milet[4] fut résumé comme suit par Alexandre d'Aphrodise : «Celui qui dit je dis le faux, dit en même temps le faux et le vrai. Il est par conséquent faux de dire qu'il n'est pas envisageable en même temps de dire le vrai et le faux»[5]. L'une des applications de ce paradoxe étant le syllogisme bien connu d'Epiménide : «Tous les crétois sont des menteurs».


Le gardien de la mémoire de Chrysippe

Après la mort de Chrysippe, Aristocréon érige une statue de bronze en son honneur, et y fait inscrire le distique suivant :

τὸν νέννον Χρύσιππον Ἀριστοκρέων ἀνέθηκε
τῶν Ἀκαδεμιακῶν στραγγαλίδων κοπίδα

«Aristocréon a consacré cette statue de son oncle Chrysippe
Celui qui a tranché les nœuds captieux des académiciens[6]»

Il est probable, qu'en honneur à son oncle, Aristocréon ait rédigé un Tombeau de Chrysippe (Χρυσίππον ταφαί), si on en croit un papyrus d'Herculanum, extrait certainement d'une œuvre de Philodème de Gadara. Selon ce papyrus, ce tombeau mentionnait un certain Hyllos de Soles, disciple de Sphairos, puis de Chrysippe[7].

Le citoyen

Inscription honorifique athénienne du IIIe ou du IIe siècle av. J. -C. dédiée à Aristoxénos

Deux décrets honorifiques de la cité d'Athènes portent mention d'Aristocréon[N 3].

Le premier, daté de l'archontat de Chariclès (soit 196-195), est particulièrement fragmentaire. Il honore Aristocréon, eu égard à ses nombreux mérites : sa volonté de servir les Athéniens, ses actions en faveurs d'Athéniens situés à Antioche, son respect des institutions de la ville.

Le second, plus complet, n'est pas daté. Cependant, un renvoi au premier décret[8] indique qu'il lui est nécessairement postérieur. L'intérêt de ce décret est , en premier lieu, de donner la titulature complète d'Aristocréon : fils de Nausicratès, de S (oles) ou de S (éleucie) . L'état du décret ne permet cependant pas de trancher entre les origines envisageables : Soles selon Wilhelm[9], Séleucie de Calycadnos selon Ingolt[10] et Robert[11], Séleucie de Piérie selon Köhler. Le décret souligne les bienfaits d'Aristocréon : il a prêté de l'argent à la cité[12] (surtout en vue de la rénovation du Pirée[13]) et a su mener à bien une ambassade avec Soles (ou Séleucie) [14]. En conséquence, la ville d'Athènes a-t-elle décernée à Aristocréon les honneurs suivants : un éloge[15], une couronne de laurier[16], une stèle de marbre installée sur l'acropole où serait gravé le décret[17], un statut de proxène[18], mais aussi le droit d'acquérir une habitation d'une valeur maximale d'un demi talent, et un lot de terre d'une valeur maximale de deux talents[N 4][19].

De ces deux décrets, on peut extrapoler les deux conjectures suivantes : Aristocréon ne manquait pas de prestige (en particulier pour mener des ambassades) et devait être assez riche, pour se montrer si généreux[20]

Bibliographie

Sources antiques
Études modernes

Autres sources, non directement concernées, mais utilisées dans l'article :

Notes

  1. L'ensemble des titres français sont des reprises des titres traduits dans l'article Chrysippe du Dictionnaire des Philosophes antiques
  2. Diogène Laërce classe en effet les œuvres de Chrysippe par lieu, ou domaine d'étude concerné
  3. A noter qu'on renverra directement aux lignes de ces deux décrets, qu'on peut trouver, entre autres, dans Wilhelm ou Robert.
  4. Les métèques ne pouvaient généralement acheter de terre ou de maison en Attique. Le dictionnaire de l'antiquité de l'académie d'Oxford indique ainsi : «Les métèques jouissaient de l'ensemble des droits civiques (mais non des droits politiques) à l'exception du droit de posséder la terre et de se marier avec des citoyen (ne) s».

Références

  1. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] (VII, 185).
  2. Dictionnaire des philosophes antiques, Richard Goulet (dir. ), t.  I, p.  386, article «Aristocréon».
  3. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] (VII, 189-202).
  4. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 108).
  5. Cité dans le Dictionnaire des philosophes antiques, t.  II, p.  348, article «Chrysippe».
  6. Plutarque, Sur les contradictions stoïciennes (1033 B).
  7. Index Stoicorum Herculanensis, col. XLVI, 1-5 = A. Traversa page 62-63.
  8. Second décret, ligne 12.
  9. A. Wilhelm, Hermes no 24 (1889), p. 328-336.
  10. (en) H. Ingholt, Aratos and Chrysippos on a Lead Medallion from Beirut Collection.
  11. Bulletin des épigrammes no 184 (1969).
  12. Second décret, ligne 2.
  13. Second décret, ligne 6.
  14. Second décret, lignes 7 et 12.
  15. Second décret, lignes 21-22.
  16. Second décret, lignes 22-23.
  17. Second décret, lignes 32-37.
  18. Second décret, lignes 25-26
  19. Second décret, lignes 28-31.
  20. Pour ces deux conjectures, voir le Dictionnaire des philosophes antiques, t.  I, page 389.

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