Analytique

En philosophie, un énoncé ou une proposition analytique est telle que sa vérité peut être déterminée uniquement en analysant sa signification.



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En philosophie, un énoncé ou une proposition analytique est telle que sa vérité peut être déterminée uniquement en analysant sa signification. Une proposition analytique serait par conséquent vraie en vertu de sa signification seule, ou bien en vertu de sa définition.

Le fait de savoir s'il existe ou non des propositions analytiques et comment les définir sont par conséquent importants autant pour la philosophie du langage (en raison du problème de la signification) mais également pour toute la philosophie de la connaissance car elle formerait le modèle d'une connaissance a priori (indépendante de l'expérience) et aussi d'une connaissance nécessaire (car sa négation serait impossible).

Dans la Critique de la raison pure, Kant avait distingué toute connaissance en des jugements analytiques et synthétiques mais avait ajouté que certains jugements synthétiques étaient a priori. L'empirisme logique de Carnap admettait la distinction entre jugement analytique et jugement synthétique, mais refusait catégoriquement l'existence des jugements synthétiques a priori, n'admettant que des jugements synthétiques empiriques, et par conséquent vérifiables par l'expérience. Dans les Deux dogmes de l'empirisme, Quine a ajouté une critique épistémologique et logique plus radicale de ce "dogme" en refusant qu'il soit envisageable de distinguer de manière nette les deux. Les conséquences de l'abandon d'une telle dichotomie sont en fait énormément plus profondes qu'il ne pourrait sembler dans un premier temps.

Histoire

Rationalisme et empirisme

Si les termes et l'opposition «analytique - synthétique» furent clairement définis par Emmanuel Kant cette distinction logique et épistémologique a eu des prédédents assez proches.

Pour Gottfried Leibniz, toute proposition vraie serait «analytique» car le prédicat est toujours «inclus dans son sujet» (prædicatum inest subjecto). Mais il faut distinguer des vérités de raison qui peuvent faire l'objet d'une analyse avec un nombre fini d'étapes et les vérités de fait qui doivent être analysées en un nombre illimité d'accidents. Les premières sont analytiques mais nécessaires a priori, les secondes sont analytiques mais contingentes logiquement (bien que nécessaires ex hypothesi en vertu du principe de raison suffisante), connaissables uniquement a posteriori sauf pour un entendement illimité.

Pour David Hume, les propositions mathématiques sont toutes aussi analytiques et «frivoles» que les tautologies de la logique, qui sont connaissables a priori (ce qui fait que l'empirisme est aussi un logicisme). L'ensemble des autres vérités sont des «questions de fait» et n'ont comme origine que l'habitude des impressions et les associations naturelles de l'esprit humain. Ainsi le principe de causalité et le fait qu'un mobile pousse un autre mobile n'est pas un principe a priori mais une association empirique.

Faute de la recouper pleinement, les distinctions vérité de raison/vérité de faits (Leibniz) et relation d'idée/relation de faits (Hume) préfigurent par conséquent bien la division kantienne analytique/synthétique.

Jugements analytiques chez Kant

La première définition d'Emmanuel Kant fait référence à l'inclusion de concepts, à ce que conçoit le sujet. «Les jugements analytiques (affirmatifs) sont ceux dans lesquels l'union du prédicat avec le sujet est conçue par identité» (Critique de la raison pure, A7/B10).

Cette définition a le défaut de ne dépendre que de la forme Sujet-Prédicat de la logique respectant les traditions. En ce cas, «A est A» est analytique mais Kant n'a pas d'analyse de propositions conditionnelles comme «Si A, alors A», sans parler de relations comme «Si A est supérieur à B, B est inférieur à A» ou «Si A > B et B > C, A > C».

Gottlob Frege accusera de plus dans son ouvrage Grundlagen der Arithmetik (1884) ce type de définition par l'inclusion de ne pas être logique mais psychologique (§3, §88). Le fait qu'un sujet associe un sujet et un prédicat n'est ni indispensable ni suffisant pour qu'il y ait connexion.

Kant avait aussi une autre définition issue de Leibniz, selon laquelle une proposition est analytique si et uniquement si sa négation implique contradiction, ou est impossible.

Pour Kant, les vérités mathématiques, quelles que soient les définitions, ne peuvent être purement analytiques. Elles reposent sur des intuitions pures (l'espace et le temps pour obtenir la géométrie et le nombre) et procèdent par «construction». Elles sont par conséquent synthétiques a priori (tout comme les principes fondamentaux de la physique comme la causalité).

Propositions analytiques selon le logicisme

Dans la définition de Frege au contraire, que reprendra ensuite Rudolf Carnap, une proposition est analytique si et uniquement si elle peut être prouvée en ne se servant que de principes logiques et de définitions.

Selon le logicisme de Frege et Bertrand Russell, l'ensemble des mathématiques (ou au moins l'arithmétique pour Frege) peuvent être réduites à des énoncés analytiques et par conséquent à la logique.

Ainsi

«Il n'existe pas d'homme non-marié qui soit marié.»

est analytique.

Si d'autre part, on a déjà la définition d'un terme comme «célibataire» comme «un homme non-marié», alors par substitution on pourra dire que

«Il n'existe pas de célibataire marié.»

est aussi analytique, en vertu de la signification de «célibataire» et de l'analyticité de «un célibataire est un homme non-marié» (mais en ce cas, la définition présuppose à nouveau l'analyticité qu'on tente de diminuer et de définir).

Les théorèmes des mathématiques sont analytiques en ce sens qu'ils se dérivent logiquement d'axiomes dans un système formel, en supposant des axiomes et des règles d'inférence. Ce serait alors une connaissance a priori quoique dépendant du choix d'axiomes.

Rudolf Carnap reprit la notion logiciste mais en admettant la pluralité des logiques envisageables. Chez lui, la logique dépend par conséquent d'une convention mais il conserve la séparation entre un cadre formel, analytique, et des contenus d'observations factuelles.

Le monisme méthodologique

Willard Van Orman Quine critique dès «Truth by Convention» (1936) l'idée que la convention purement logique nous permettrait de sortir du cercle entre définition et analyticité. Pour lui, il est toujours envisageable logiquement de diminuer par un nombre artificiellement complexe de définitions et abréviations n'importe quel fait et proposition synthétique à une proposition analytique sans qu'on puisse rien en déduire d'intéressant.

Il n'est pas envisageable de diminuer la logique à une suite finie de conventions parce qu'on présuppose toujours les lois logiques dans l'application de ces conventions à une illimitété de vérités.

Quine propose d'abandonner le clivage méthodologique kantien de l'analytique et du synthétique qu'a conservé l'empirisme logique de Carnap. Il refuse surtout l'idée d'une connaissance a priori qui serait totalement soustraite à toute révision de l'expérience. Il propose de remplacer ce dualisme par un monisme méthodologique et un holisme épistémologique.

Même le caractère a priori de la logique ne fait que traduire le fait qu'elle est simplement plus diffuse à travers toutes nos théories mais elle n'est pas en soi moins fondée sur l'expérience ou plus pure que toute autre connaissance.

Même les concepts vagues de «signification» et de «proposition» doivent être remplacés par des concepts extensionnels d'ensembles de stimulus et les accords des locuteurs. En ce sens, le concept d'analyticité chez Quine est soit vide soit psychologique : il sert à désigner ce que le locuteur est disposé à admettre avec un autre terme.

État présent de la question

Selon les naturalistes inspirés par Quine, la critique de la démarcation conduit à abandonner de nombreuses thèses philosophiques et le concept même de «signification» et peut-être même la méthode de l'analyse des concepts ou alors l'idée même d'une philosophie analytique au profit de l'observation des sciences.

Certains philosophes restent attachés à l'idée qu'il existe des énoncés analytiques.

Le logicien Saul Kripke a reproché (dans Naming and Necessity, 1980) à la tradition de Kant à Quine d'avoir assimilé a priori et nécessaire.

Selon lui, une stipulation (comme «le mètre-étalon mesure un mètre») est a priori mais contingente. Une loi de la nature (comme «l'eau est du H2O») est a posteriori mais indispensable. Il propose de restreindre l'usage d'analytique à ce qui serait à la fois a priori et indispensable.

Le linguiste Noam Chomsky considère qu'il existe des inférences analytiques de certains termes qui ne peuvent se diminuer aux conditions données par Quine.

La question se pose si la réflexion analytique léguée par les grecs est inscrite dans la nature humaine ou s'il s'agit d'un produit culturel. Les occidentaux et les orientaux sont capables d'un mode de pensée analytique et holistique

Références

Voir aussi

Liens externes

Rey, Georges, «The Analytic/Synthetic Distinction», The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Fall 2003 Edition), Edward N. Zalta (ed.

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