Alphonse Esquiros

Henri-François-Alphonse Esquiros, né le 23 mai 1812 dans le 8 e arrondissement de Paris et mort le 12 mai 1876 à Versailles, est un auteur romantique et un homme politique français.



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Alphonse Esquiros
Alphonse Esquiros.jpg
Portrait d'Alphonse Esquiros dans les années 1860, non attribué.
Parlementaire français
Naissance 23 mai 1812
Paris
Décès 12 mai 1876
Versailles
Mandat Député (1850-1851, 1869-1870 et 1871-1876)
Sénateur (1876)
Début du mandat
Fin du mandat {{{fin du mandat}}}
Circonscription Saône-et-Loire, Bouches-du-Rhône
Groupe parlementaire Montagne (1850-1851)
extrême-gauche (1869-1870 et 1871-1876)
IIe République, Flag of France.svg Empire français et IIIe République

Henri-François-Alphonse Esquiros, né le 23 mai 1812 dans le 8e arrondissement de Paris[1] et mort le 12 mai 1876 à Versailles, est un auteur romantique et un homme politique français. Plusieurs fois député, il fut élu sénateur le 30 janvier 1876 et mourut lors de son mandat.

Biographie

Issu d'une famille de la bonne bourgeoisie parisienne, Alphonse Esquiros est le fils d'Alexandre-François Esquiros (1779-1847), viticulteur à Épernay et fabricant de coton en 1814, puis employé, et de Françoise-Henriette Malin (1782-1860). Quatrième d'une famille de sept enfants, il a trois frères — Charles (né en 1808, mort jeune), Eugène-Antoine (né en 1814, mort jeune) et Henri (né en 1820, mort jeune) — et trois sœurs — Aglaé (née en 1805, morte jeune), Elisabeth (née en 1806, morte jeune) et Marie (1823-1859). Après des études à l'école de l'abbé Hubault et au petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet de Paris, il entre au lycée à Paris puis à la Sorbonne, où il suit les cours mais ne passe pas la licence. Élevé dans la foi catholique, il s'écarte de la religion catholique sous l'influence de son ami Lamennais et devient un libre-penseur et un anticlérical militant[1].

Il commence dans les lettres en 1834 par un volume de poésies, les Hirondelles, dont Victor Hugo fait l'éloge, et deux romans, Le Magicien en 1834 et Charlotte Corday en 1840, qui connaissent un grand succès. D'opinion démocrate et socialiste, il rédige ensuite L'Évangile du peuple (1840), un tableau de la vie et du caractère de Jésus, vu comme un réformateur social. Ce livre est reconnu comme une offense à l'égard de la religion et de la décence, et , le 30 janvier 1841, Esquiros est condamné à une amende de 500 francs et emprisonné huit mois à Sainte-Pélagie. Pendant sa détention, il rédige un deuxième recueil de vers, Les Chants d'un prisonnier (1841).

Puis il publie trois petis ouvrages d'inspiration socialiste, les Vierges martyres, les Vierges folles (contre la prostitution[2]) et les Vierges sages (1847), où il s'affirme comme un républicain de sentiment et un partisan enthousiaste de la Convention nationale, de la Montagne et des Jacobins.

Le 7 août 1847, il épouse à Paris, dans la paroisse Saint-Sulpice, une femme de lettres, Adèle Battanchon, avec qui il rédige une Histoire des amants célèbres et Regrets, souvenir d'enfance, avant de s'en séparer en 1850[1].

En 1848, il accueille avec joie la proclamation de la République et publie un journal, Le Peuple, bientôt rebaptisé l'Accusateur public, organe du Club du Peuple, qu'il préside, et dont quatre numéros paraissent du 11 au 25 juin[3].

Lors d'un premier exil à Londres après les journées de Juin, il se met en couple avec une Anglaise, Anne Bunting[1], [4], avec laquelle il a un fils, William[2], [5], né à Londres en 1849[6] et mort de la typhoïde à Marseille le 7 novembre 1870[1].

Il est élu le 10 mars 1850 lors d'une élection partielle député démocrate-socialiste (démoc-soc) de Saône-et-Loire à l'Assemblée nationale, le 2e sur 6 par 61 351 voix sur 105 573 votants et 157 148 inscrits, et prend place sur les bancs de la Montagne. L'élection est invalidée, mais il est réélu le 28 avril de la même année par 73 060 voix sur 120 162 votants et 154 015 inscrits. Votant parmi les membres les plus avancés de la minorité républicaine, il doit s'exiler lors du coup d'État du 2 décembre 1851.

Expulsé de France, il se retire à Nivelles, en Belgique, puis en Hollande (1856-1859), avant de passer en Angleterre (1859-1869), où il devient professeur d'histoire et de littérature à l'école militaire de Woolwich[1] et publie ses observations et ses études dans la Revue des Deux Mondes, publiées en volume sous le titre : l'Angleterre et la vie anglaise en 1859-1869 (5 vols. ). Plein de mépris pour l'institution maçonnique en 1851, il se fait néenmoins initié lors de son séjour en Angleterre, en même que Gustave Naquet. Apprenti à La Réforme de Marseille le 3 avril 1869, il devient compagnon le 10 octobre suivant puis maître le 18 octobre[1].

De Retour en France en 1869, il se présente comme candidat de l'opposition radicale dans la 4e circonsription des Bouches-du-Rhône, où il est élu, le 7 juin, député au Corps législatif par 11 243 voix sur 21 334 votants et 31 460 inscrits, contre 9 787 pour M. de Rougemont, le candidat officiel. Siégeant à l'extrême-gauche, il s'oppose en toute occasion au gouvernement et vote contre la déclaration de guerre à la Prusse. En mai 1870, il fait partie des dirigeants de la campagne contre le plébiscite à Paris ainsi qu'à Marseille[1].

Le lendemain de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, il est appelé administrateur supérieur des Bouches-du-Rhône[7], où il gagne la confiance de la population en prenant des mesures énergiques en faveur de la défense nationale et en créant un comptoir d'escompte. Cependant, plusieurs de ses arrêtés, surtout la suspension de la Gazette du Midi, journal légitimiste, et la dissolution de la congrégation des jésuites de Marseille, déplaisent au gouvernement, et il est désavoué par Gambetta. Qui plus est , la garde civique qu'il a constituée est licenciée. Aussi donne-t-il sa démission le 23 septembre 1870, avant de la retirer[1].

Après avoir définitivement abandonné ses fonctions le 2 novembre[1], il est à nouveau élu à l'Assemblée nationale le 8 février 1871, le 9e sur 11, par 46 986 voix sur 75 803 votants et 140 189 inscrits. Puis il se fait élire au Sénat le 30 janvier 1876 par 86 voix sur 171 votants. Membre de l'extrême-gauche, il signe et vote la proposition d'amnistie plénière déposée par Victor Hugo. Peu après, il tombe malade et meurt à Versailles le 12 mai 1876.

Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre de Marseille après des obsèques civiles, qui sont suivies par plus de 10 000 personnes. Sa tombe devient un centre de manifestation de la libre-pensée[1].

Parmi ses nombreux ouvrages sur la question sociale, on peut noter une Histoire des Montagnards (2 vols., 1847), Paris, ou Les sciences, les institutions, et les mœurs au XIXe siècle (2 vols., 1847) et une Histoire des martyrs de la liberté (1851).

Alphonse Esquiros a collaboré à plusieurs revues, surtout L'Artiste, La Revue de Paris et La Revue des Deux Mondes. De même, il a dirigé L'Accusateur public en 1848 et participé, avec Eugène Pelletan, Théophile Thoré et Paul Mantz, à La République des arts. Peinture, statuaire, architecture, archéologie en 1848, avec François-Vincent Raspail, à La République de Marat en 1871.

Œuvres

Poésie
Romans
Essais
Correspondance

Source partielle

Notes et références

  1. Vincent Wright, Éric Anceau, Jean-Pierre Machelon, Sudhir Hazareesingh, Les Préfets de Gambetta, Presses Paris Sorbonne, 2007, 482 pages, p. 195-198 (ISBN 2840505045) .
  2. Sylvie Aprile, «"Translations" politiques et culturelles : les proscrits français et l'Angleterre», Genèses, n° 38 dossier «Figures de l'exil», 2000/1
  3. Curiosités révolutionnaires, les journaux rouges : histoire critique de l'ensemble des journaux ultra-républicains publiés à Paris depuis le 24 février jusqu'au 1er octobre 1848, Paris, Giraud & Cie, 1848, p. 29.
  4. Jacobus Petrus van der Linden, Alphonse Esquiros de la bohème romantique à la république sociale, p. 55.
  5. En 1870, avec Léo Taxil, William Esquiros fonde une «jeune légion urbaine» de trois cents jeunes gens. Voir Sudhir Hazareesingh, «Republicanism, War and Democracy : The Ligue du Midi in France's War Against Prussia», French History, vol. 17, n° 1, mars 2003, p. 48-78.
  6. Naomi J. Andrews, Socialism's Muse : Gender in the Intellectual Landscape of French Romantic Socialism, Lexington Books, 2006, 179 pages, p. 141 (ISBN 0739108441) .
  7. À ce poste, il fonde la Ligue du Midi, une organisation patriotique républicaine, à Marseille en septembre 1870. Voir Sudhir Hazareesingh, «Republicanism, War and Democracy : The Ligue du Midi in France's War Against Prussia», French History, vol. 17, n° 1, mars 2003, p. 48-78.

Bibliographie

Liens externes


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