Achille Mbembe

Achille Mbembe est né au Cameroun en 1957. Il obtient son doctorat en histoire à l'université de la Sorbonne à Paris, en France, en 1989.



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Politologue - Théoriciens du post-colonialisme - Critical theory - Courant philosophique - Naissance en 1957

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Achille Mbembe est né au Cameroun en 1957. Il obtient son doctorat en histoire à l'université de la Sorbonne à Paris, en France, en 1989. D'autre part il est titulaire d'un DEA en science politique de l'Institut d'études politiques, toujours à Paris. Reconnu comme l'un des plus grands théoriciens actuels du post-colonialisme, Il est intervenu dans de nombreuses universités et institutions américaines dont l'université Columbia de New York, la Brookings Institution de Washington, l'université de Pennsylvanie, l'université de Californie, Berkeley, l'université Yale ainsi qu'au Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) à Dakar au Sénégal. Il est aujourd'hui membre de l'équipe du Wits Institute for Social & Economic Research (WISER) de l'Université du Witwatersrand de Johannesburg en Afrique du Sud. Ses principaux centres d'intérêts sont l'histoire de l'Afrique, la politique africaine et les sciences sociales.

Trajectoire d'une pensée dissidente

Achille Mbembe est né au centre du Cameroun en juillet 1957. Il appartient à l'ethnie bassa, l'une des plus importantes du Cameroun. Il a passé une bonne partie de son enfance à Malandè, petit village localisé non loin d'Otélé, important carrefour sur la ligne du chemin de fer Douala-Yaoundé. Mbembe a été éduqué à l'internat par les pères dominicains. Il s'engagera dans la Jeunesse estudiantine chrétienne (JEC) où, particulièrement rapidement, il aura la responsabilité du journal du mouvement, Au Large.

Sa région d'origine fut un bastion du mouvement nationaliste camerounais. Il se souvient spécifiquement du récit de la mort de Ruben Um Nyobè, le fondateur de l'UPC, sauvé de l'oubli officiel par la mémoire populaire.

Il est impliqué dans des grèves au collège, puis à l'université de Yaoundé qu'il fréquente à partir de 1978. Son mémoire de maitrise d'histoire porte sur les violences qui accompagnèrent le processus de décolonisation du Cameroun. Il ne fera jamais l'objet d'une défense publique, les autorités académiques de l'époque s'étant désistées.

Grâce à son engagement dans la JEC, il entreprend la découverte du Nord-Cameroun et , généralement, la connaissance de son pays et surtout de la vie des ses paysans. Avec ses camarades, il participe à des cours d'alphabétisation, organisés l'été pour les paysans, dans le village de Mokong, non loin de Maroua, l'un des principaux centres commerciaux de la région.

Dans un texte d'allure autobiographique consacré aux intellectuels africains paru dans la revue Politique africaine , il reviendra à plusieurs reprises sur l'idée que rien ne fut facile, rien ne fut promis, rien ne fut donné. Chaque étape dans son accomplissement d'homme et d'intellectuel représente une bataille. La question du travail pour financer les études est par conséquent consubstantielle à son existence ainsi qu'à sa vie d'intellectuel.

Formation d'un brillant esprit subversif au Cameroun

Le journal de la JEC forma, pour le jeune Mbembe et ceux de sa génération, une excellente tribune pour analyser différents aspects de l'autoritarisme de l'époque, sous les dictatures d'Ahmadou Ahidjo (1958-1982) et de Paul Biya (de 1982 à nos jours). A travers un examen du divorce entre le dispositif éducatif et la société, ils s'emploieront à exprimer leur rejet des aspects les plus absurdes de la postcolonie. Des cours d'alphabétisation des paysans organisés l'été par la JEC, Mbembe fera l'expérience d'une politisation accrue, s'affranchissant aussi des dogmatismes idéologiques.

Son expérience au sein de la JEC lui permit aussi de voyager en Afrique. Ainsi, suite à son voyage en Tanzanie en 1980, il entrera en contact avec la pensée du «Mwalimu» Julius Nyerere. En effet, dans les années 1970-1980, Dar Es Salam est un centre de bouillonnement intellectuel et de lutte pour la libération du continent. Le Comité de l'Organisation de l'Unité Africaine y est basé. Julius Nyerere pourvoit argent et soutien logistique à l'ensemble des mouvements de libération sur le continent. D'autre part l'Université de Dar es Salaam est un grand lieu de la production intellectuelle du marxisme africain.

Achille Mbembe cherchera à penser avec et contre Frantz Fanon, le célèbre écrivain anti-colonialiste, dans une perspective qu'on pourrait appeler une «éthique de l'interrogation». Fanon écrivait précisément «Mon corps fait de moi un être qui interroge» «». Une des multiples problématiques qui traverse l'œuvre de Mbembe est celle de «se tenir débout par soi-même, après l'expérience de la colonisation» «». Il se concentre sur la post-colonie qui fait suite à la colonisation. Mbembe n'interroge pas uniquement le leadership africain, mais développe une réflexion historique et philosophique sur la question de l'autogouvernement, et à pour but de penser la possibilité de l'autoréalisation du sujet africain dans un monde de plus en plus complexe, globalisé et extrêmement technique. L'Afrique longtemps reconnue comme en dehors du monde, retrouve dans son analyse un statut semblable aux autres continents, ni supérieur, ni inférieur. L'Afrique est pensée dans son altérité au monde.

Héritier de la rigueur des grands penseurs camerounais, tel Fabien Eboussi Boulaga et Jean Marc Ela, qui passe pour être son principal inspirateur, Mbembe perpétue une pensée engagée dans l'action.

Le temps de la maturité à Paris et du désenchantement

Arrivé à Paris en 1982, Mbembe poursuit des études d'histoire à l'université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne), tout en multipliant les écrits dans la presse de gauche (dont Le Monde diplomatique). Il débute une thèse de doctorat d'État, sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne de l'Afrique, qui est la continuation de ses travaux sur le mouvement nationaliste camerounais. Il s'inscrit aussi à Sciences-Po où il travaille sous la direction de Jean Leca. Ayant grandi et vécu au Cameroun, Jean François Bayart devient son «mentor» parisien. Il lui ouvre les pages de sa revue Politique africaine et de son école de pensée (le politique par le bas en Afrique). Mbembe reconnaît lui-même qu'en plus de Jean-Marc Ela, Jean Leca et Jean François Bayart exercèrent une influence énorme dans l'invention de son soi intellectuel.

Sa formation terminée, Mbembe obtient un poste de professeur assistant à l'université Columbia. Pendant sa période de formation à Paris, Mbembe réalisera la douloureuse désillusion de l'entrée du continent dans ce qu'il appellera alors le temps du malheur. Il fera par conséquent partie de cette génération tourmentée entre la volonté de retourner sur le Continent pour contribuer aux changements nécessaires et une impossibilité pratique de se réaliser de manière satisfaisante en Occident.

Aux États-Unis et au CODESRIA

Achille Mbembe part aux États-Unis en 1986, bénéficiant d'une bourse de la fondation Ford, pour rédiger son ouvrage Afriques indociles. Richard Joseph, actuellement professeur d'études africaines à la Northwestern University à Chicago, facilita à l'époque son séjour. De son expérience américaine, il reconnaîtra ce qu'il appellera plus tard une éthique de l'accueil pour le chercheur qu'il est . Il fut aussi surpris de la très grande présence d'autres universitaires issus de ce qu'on nomme actuellement les «minorités visibles». Il enseigne aussi dans plusieurs universités, dont celle de Californie (Irvine) au sein de laquelle il intervient toujours aujourd'hui. À Berkeley, à Los Angeles, Yale, Boston, Duke, Chicago, Philadelphie, il a parlé du continent, de sa multiplicité, de ses contradictions et de sa pluralité à des étudiants venus du monde entier. Il a été professeur invité dans plusieurs pays dans le monde.

Quand après une année aux États-Unis il revient soutenir sa thèse à Paris, il a déjà acquis une aura internationale incontestable. Après trois ans d'enseignement à l'université Columbia, il passe une année à la Brookings Institution à Washington avant de rejoindre l'université de Pennsylvanie en 1992. En 1996, il obtient la bourse de la MacArthur Foundation.

Après son expérience américaine, il obtient le poste de Secrétariat Exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) à Dakar (juillet 1996-janvier 2000). Excédé par les luttes idéologiques qui affaiblissaient sa capacité d'action, il démissionne en janvier 2000.

Mbembe s'établit ensuite au Cap en Afrique du Sud où il finit d'écrire De la postcolonie. Puis, après un congé sabbatique à Berkeley, l'université du Witwatersrand à Johannesburg demanda son concours en vue de l'établissement d'un nouvel Institut de recherche, le Witwatersrand Institute of Social and Economic Research, où il exerce depuis 2001 les fonctions de directeur de recherche.

De l'épistémologie africaine

Très tôt, Mbembe prend conscience de l'obligation de penser ce qu'il nomme la longue nuit du monde africain postcolonial [citation nécessaire] et de produire collectivement un discours, un savoir et une épistémologie de l'Afrique et non simplement sur l'Afrique, construite par ses intellectuels.

Mbembe prend vite part au débat sur la place du chercheur dans le processus de production du savoir sur l'Afrique. Pendant son mandat au CODESRIA, un vif débat agite les africanistes au sujet de la production du savoir en Afrique. Certains défendent la position selon laquelle seuls les Africains peuvent produire un savoir objectif sur le continent, tandis que d'autres, dont Mbembe, soutiennent, à l'inverse, que tout être doué de raison peut produire un savoir sur n'importe quel sujet. Les premiers affirment qu'il serait impossible de saisir l'Afrique dans ses nuances et pour ce qu'elle est avec références occidentales, d'outils et de théories produites dans le contexte occidental.

À l'instar de Jean-François Bayart, qui affirmait qu'il faut se détacher des références occidentalo-centrées, pour percevoir l'Afrique à partir de ce qu'elle représente elle-même dans ses réalités propres, Mbembe invite à voir, percevoir et sentir le continent non pas en termes d'absence ou de manque, mais analyser ce que représente le continent actuellement. Il s'oppose ainsi à l'analyse de l'Afrique, surtout au sein des institutions internationales (ONU, PNUD, FMI, Banque mondiale, Union européenne, etc. ), dans une perspective de manque, de déficit, d'injonction à ce que devrait être l'Afrique. Ainsi, celle-ci est toujours perçue en référence à l'Occident, à un modèle à atteindre, et non pour ce qu'elle est réellement. En dépit de cette abondante prose des experts sur l'Afrique, Mbembe nous rappelle que l'unique chose que nous sachions de l'Afrique, c'est ce que devrait être le continent...

Probablement à cause de la sévérité de son regard sur l'Afrique, certain accusent Mbembe de faire le jeu d'un afro-pessimisme qu'il combat néenmoins. L'incompréhension entre Mbembe et «ses frères» intellectuels est courante. On lui reproche surtout sa théorie de la nécro-politique, inspirée de l'œuvre foucaldienne, dans laquelle il définit la souveraineté comme le pouvoir de vie ou de mort dont disposent les dirigeants africains sur leur peuple. Énormément ont compris cette pensée comme si le politique en Afrique se résumait simplement au pouvoir de donner la mort. Mbembe décrit ainsi la postcolonie comme un lieu où le commandement et le pouvoir sont aussi une «économie de la mort». Les gouvernants exercent leur autorité sur un mode de violence, d'obscénité et de grotesque. Les gouvernants s'arrogent ainsi le privilège sur la vie des gouvernés. C'est un temps où «être souverain c'est exercer son contrôle sur la mortalité et définir la vie comme le déploiement et la manifestation du pouvoir» [citation nécessaire]. Pour Mbembe on assiste en postcolonie à une violence improductive, contrairement au temps colonial ou la violence, selon lui, poursuivait un but : la rentabilité. Cette théorie est toujours perçue sur le continent comme une hérésie.

Comment s'appeller soi-même quand les outils de réflexion et d'analyse sont une invention exogène. Édouard Glissant nous rappelle que s'appeller soit même c'est exister. Or comment exister seulement par la médiation de l'autre ? En d'autres termes, si Mbembe n'avait pas utilisé la théorie du biopouvoir pour décrire ce phénomène sur le continent, la réaction serait-elle la même ?

Dieu, la postcolonie et l'épiscopat africain.

«En premier lieu, elle [la postcolonie] met à nu autant la violence inhérente à une idée spécifique de la raison que le fossé qui, dans les conditions coloniales, sépare la pensée éthique européenne de ses décisions pratiques, politiques et symboliques. Comment, en effet, réconcilier la foi proclamée en l'homme et la légèreté avec laquelle on sacrifie la vie, le travail des colonisés et leur monde de significations ? C'est , à titre d'exemple, la question que pose Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. D'autre part, la pensée postcoloniale insiste sur l'humanité à venir, celle qui doit naître une fois que les figures coloniales de l'inhumain et de la différence raciale auront été abolies» [citation nécessaire]. Tout en fustigeant la violence coloniale, il démontre que la les indépendances n'ont pu se départir de l'héritage empoisonné de l'État colonial.

Les critiques adressées par Mbembe à l'égard du clergé africain, accusé d'avoir simplement pris la place des missionnaires blancs en préservant le dispositif politico-social de l'Église catholique, surtout dans la gestion foncière, et de soutenir les régimes autoritaires ou dictatoriaux. Quoique Mbembe partage une position fortement anti-cléricaliste, il reste attentif au discours théologique, surtout depuis sa découverte de la théologie de la libération de Gustavo Guttiérez, lecture qui a éveillé en lui une pratique subversive de la grammaire du sacré. Il s'interroge en outre sur les raisons expliquant le faible enracinement de la théologie de la libération en Afrique [citation nécessaire].

De la postcolonie, ouvrage majeur d'un théoricien en devenir

Théoricien de la postcolonie, Mbembe rend l'étude de celle-ci célèbre dans le monde francophone avec son ouvrage éponyme, De la postcolonie. Essai sur l'imaginaire politique dans l'Afrique contemporaine (2000). Dans un entretien publié par Esprit, il précise cependant que la post colonie n'est pas une théorie mais une critique qui se construit dans un mouvement dynamique de sédimentation toujours en devenir.

Achille Mbembe définit la postcolonie comme une notion qui renvoie «à l'identité propre d'une trajectoire historique donnée : elle est des sociétés récemment sorties de l'expérience que fut la colonisation, celle-ci devant être reconnue comme une relation de violence par excellence.» [citation nécessaire] Cette notion a pris ancrage dans les départements de Subaltern studies , fréquemment dirigés par des universitaires issus d'anciennes colonies. L'expression «postcolonie» est actuellement devenue une référence dans les études subalternes qui désignaient originellement des champs de compétences autres que le monde occidental et ses problématiques.

Mbembe inscrit sa thématique dans une problématique qui tente d'offrir une certaine originalité dans l'examen du problème africain. Dans la seconde édition de 2004, il ajoute un avant-propos où il définit l'Afrique comme un lieu où le temps s'agite, le tumulte prive de la sérénité. Il critique ensuite trois genres de discours produits sur le continent : l'Afro-pessimisme, l'africanisme et l'afro-radicalisme. Le premier est accusé d'être un avatar de l'imaginaire raciste :

«C'est un discours gouverné par la haine des noirs et le mépris du continent»; «nous autres qui vivons sur place perdrions notre temps à vouloir le réfuter tant il brille par sa sottise» [citation nécessaire]

L'afro-radicalisme, quant à lui, naîtrait selon Mbembe d'une entaille originelle, de la rencontre entre l'Occident et l'Afrique, vécue comme un viol, ce qui empêcherait de penser et de formuler un discours épuré de la haine de l'autre, toujours perçu comme coupable des maux du continent. Mbembe met ainsi en garde la jeunesse africaine qui, malgré le fait qu'elle soit née après les indépendances, continuerait à penser que bon nombre des problèmes du continent sont du fait de l'autre, du Blanc.

La violence du colon sur le colonisé s'inscrivait dans un assujettissement total bien que repoussé par l'indiscipline de l'assujetti cherchant son émancipation. Pour Mbembe cette colonisation précédée quelque temps avant par la traite négrière est loin d'être «une histoire de la pacification» moins toujours celle de la «civilisation» du barbare, au contraire de ce que présente l'histoire officielle. Au nom de la productivité le colonisé pouvait subir les crimes les plus odieux de la part du «civilisateur». La colonialité se déploie dans une idéologie déshumanisante qui dans bien des cas suscite la révolte du colonisé, suivie toujours par une répression sanglante.

La postcolonie est aussi un monde où la sacralisation et la désacralisation se côtoient, où «l'obscénité» n'est pas l'affaire que de la plèbe. Dans ce monde, le sens est banalisé, c'est ainsi que vient se greffer au sens officiel imposé par le gouvernant un second sens, dédoublé du premier par les gouvernés et tournant le solennel du pouvoir en dérision. Les gouvernants dans leur sacralisation exorbitante peuvent se mettre à solenniser et officialiser les faits les plus triviaux ainsi qu'à les imposer ainsi aux gouvernés.

En postcolonie la sphère économique a su mettre à nu les lacunes des États en faillite. Les inégalités criantes qui s'observent servent de justification aux rébellions et coups d'État qui, une fois au pouvoir, sont , dans bien des cas, loin d'opérer un véritable changement. L'accroissement de la productivité est exigé de cette Afrique qui doit aussi faire face à l'accroissement des inégalités.

Fervent lecteur de Frantz Fanon, Mbembe s'inscrit dans la logique de se tenir débout par soi-même : l'Afrique ne doit rien attendre de personne. Aucun pays au monde ne s'est développé avec l'aide au développement, ni toujours moins avec une gestion humanitaire d'un problème politique. Mbembe rejette toute posture victimaire. A ceux qui disent que l'Afrique reçoit plus qu'elle ne donne, il démontre, chiffres à l'appui, qu'en dépit du marasme ambiant sur le continent, le retour sur investissement des entrepreneurs occidentaux est plus que rentable.


Mbembe et la philosophie africaine

Selon C. Coquery-Vidrovitch, Mbembe sollicite la philosophie occidentale pour rendre intelligible le continent. Comment comprendre la mise à l'écart des philosophes africains comme Y. V. Mudimbe, P. Hountondji  ? Serait-il lui-même victime de l'«occidentalo-centrisme» des sciences sociales ou bien la philosophie africaine n'a-t-elle rien à dire face à la crise contemporaine du Continent ?


Âge du fratricide et paix armée : deux périodes post-guerre froide

Mbembe sert à désigner par le terme d'«âge du fratricide» [citation nécessaire] la période succédant, en Afrique, à la fin de la guerre froide, et qui coïncide avec une grande variété de conflits dits de «basse intensité ». Il parle alors de «pulsion de mort» et de «passion de détruire» [citation nécessaire], et qualifie cette période comme le moment où «la violence du frère à l'égard du frère devient la règle, c'est à dire le frère et l'ennemi ne font plus qu'un» [citation nécessaire]. Pour qualifier ces combats, il parle de guerre postcoloniale, artisanale mais néanmoins extrêmement dévastatrice, à l'instar du génocide au Rwanda.

Selon Mbembe, qui ré-investit le vocabulaire psychanalyste, les idéaux du panafricanisme et de solidarité n'auraient pas survécu, après le meurtre du Père colonisateur, aux ambitions de quelques responsables politiques qui ont manipulé avec agilité les questions identitaires, autour de l'autochtonie.

Mbembe introduit aussi la question du genre, notion issue des Gender studies anglo-saxonnes, pour faire intervenir dans l'analyse de ces conflits la problématique de la sœur et de la mère, et comprendre l'usage du viol comme arme de guerre.

Enfin, il nomme la période actuelle celle de la «paix armée». A la cartographie conflictuelle des décennies 1990-2000 succède une sortie de crise faite de retour en arrière, et de crises ponctuelles mais ne semblant pas mettre en cause la dynamique global de pacification.

La problématique de la réconciliation, du retour des déplacés intérieurs, des réfugiés, reste au cœur de toute politique de reconstruction après la guerre. Or peut–on réconcilier sans justice ? Peut-on pacifier sans indemniser les victimes de la guerre ? Partout sur le continent le modèle sud-africain du Tribunal «Justice et Réconciliation » semble faire école, sans compter sa singularité, qui pose le problème de son application à d'autres pays.

De la démocratie en Afrique

Mbembe distingue trois éléments obstruant la démocratisation en Afrique [1]. Initialement la faillite de l'État et l'informalisation des économies. Il ajoute le double impératif d'une ouverture politique et économique et la diffraction sociale. Enfin il rappelle que l'atrophie des intellectuels africains, restés muets et sourds sur l'obligation de réfléchir sur un modèle de démocratie sur le continent peut être un facteur explicatif de la difficulté de ce régime politique à s'enraciner sur le continent.

Mbembe dépasse ainsi le débat entre les dynamiques du dehors et du dedans dans les transformations en cours sur le continent. Sa mission consiste à éclairer, à donner à comprendre et si envisageable à formuler des théories pouvant favoriser l'identification des facteurs de résistances et des obstacles au projet de l'indépendance : se tenir debout par soi-même en Afrique.

L'enjeu n'est pas de copier un quelconque dispositif de gouvernement, mais plutôt de voir dans quelle mesure une gouvernance démocratique peut advenir sur le continent, à partir de réalité ancrée localement et qui font sens pour les communautés politiques africaines.

Un intellectuel public au cœur de son temps

Mbembe intervient régulièrement sur le blog d'Alain Mabanckou pour tenir des chroniques sur les enjeux majeurs du contient. L'ensemble des sujets y passent, du football aux homosexuels, en passant par la famille moderne africaine. Il donne des entretiens à la radio, à la presse écrite et dans de nombreux médias en dehors du cercle académique.

Son article sur les équipes africaines au mondial 2006 a été complété par des entretiens avec son ami Lilian Thuram sur d'autres sujets portant plutôt sur la citoyenneté en France. Avec Célestin Monga, ils ont interrogé l'Afrique contemporaine et les enjeux autour de la famille et de la responsabilité des élites…

Publications

Présentation plus détaillée sur le site du WISER-institute : http ://wiserweb. wits. ac. za/home%20-%20staff. htm#2

Collaboration à d'autres ouvrages

Articles divers

Présentations orales et communications dans des séminaires

Articles et communications dans des conférences (1999-2002)

Source

Références

  1. Achille Mbembe, «Vers une nouvelle géopolitique africaine», Le Monde diplomatique, republié in «Afriques en renaissance», Manière de voir, n° 51, mai-juin 2000

Bibliographie

Liens externes

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